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    Culture

    Impressionnistes, envers et contre tous

    Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5492 Le 10/04/2019 | Partager
    Un mouvement révolutionnaire qui bouleverse les codes classiques
    Des artistes soudés face aux critiques violentes
    Une reconnaissance tardive mais universelle
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    Femmes assises et voiture d’enfant. Etude pour «un dimanche après-midi à l’île de la Grande Jatte» de Georges Seurat (1859-1891). Couleurs vives, coups de pinceaux apparents, jeux de lumière, représentant des scènes de la vie courante, sont apparus, balayant les grandes batailles du passé ou les scènes bibliques, en usage à l’époque  
    Photo (C) RMN-Grand Palais (Musée d’Orsay)/Hervé Lewandowski

    Les «Intransigeants»,  «Le groupe de Batignolles», les «Indépendants», vers la moitié du 19e siècle, un groupe de jeunes artistes peintres va bouleverser les codes classiques et se rebeller contre un art d’atelier poussiéreux, vieilli, aux règles trop solidement établies, pour faire admettre et reconnaître une  quelconque audace réaliste et contemporaine.

    Des artistes évoluant dans une France dirigée par le régime autoritaire de Napoléon III, dont la politique culturelle entièrement axée sur la grandeur de l’Empire leur sera hostile.  Renoir, Sisley, Seurat, Monet, Manet, Cézanne… vont finalement constituer l’une des aventures picturales les plus fascinantes de l’histoire de l’art moderne et la plus connue du grand public: l’impressionisme.

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    Cathédrale de Rouen, le portail et la tour Saint Romain, plein soleil, harmonie bleue et or. Monet Claude (dit), Monet Claude-Oscar (1840-1926). Les jeunes prodiges vont explorer d’autres sujets et d’autres façons de peindre privilégiant leur propre vision, leurs impressions face au réel et non la description du réel
    Photo (C) Musée d’Orsay, Dist. RMN-Grand Palais/Patrice Schmidt

    Aujourd’hui encore, les ventes records, l’abondance de la littérature et les séries d’expositions à succès, témoignent de l’incroyable résonance des œuvres des peintres impressionnistes dans notre conscience artistique. Les jeunes artistes seront sensibles à deux inventions majeures: l’arrivée sur le marché du tube de peintures souple, qui va pousser les artistes à sortir de leurs ateliers pour peindre en plein air et saisir les instants de lumière. Le développement de la technique photographique, à la même époque, va enfin remettre en cause ce qui a été, jusqu’alors, l’une des principales fonctions de l’art: la représentation fidèle de la réalité.

    Les deux évènements ont poussé les jeunes prodiges à explorer d’autres sujets et d’autres façons de peindre privilégiant leur propre vision, leurs impressions face au réel et non la description du réel. La formule de Manet: «Je peins ce que je vois, et non ce qu’il plaît aux autres de voir» résume,  à elle seule, cette revendication de l’artiste à donner sa vision personnelle, celle de sa propre subjectivité.  Couleurs vives, coups de pinceaux apparents, jeux de lumière, représentant des scènes de la vie courante, sont apparus, balayant les grandes batailles du passé ou les scènes bibliques, en usage à l’époque. Mais l’audace ne paye pas toujours.

    A leur époque, les œuvres impressionnistes apparurent d’une modernité tellement scandaleuse qu’il fallut plus de trente ans à leurs contemporains pour, sinon les aimer, au moins les admettre. C’est d’ailleurs un article sarcastique du critique et humoriste Louis Leroy dans la revue  «Le Charivari», dans lequel il tourne en dérision le tableau de Monet intitulé «Impression, soleil levant», qui sera à l’origine du  nom du mouvement: «L’Impressionnisme».

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    La plage de Trouville/ Boudin Louis-Eugène (1824-1898). L’arrivée sur le marché du tube de peintures souple, qui va pousser les artistes à sortir de leurs ateliers pour peindre en plein air et saisir les instants de lumière
    Photo (C) RMN-Grand Palais (Musée d’Orsay)/Hervé Lewandowski

    Le terme relevant d’une injure qui leur était adressée par leurs détracteurs fera leur titre de gloire. Incompris, rejetés et honnis, les impressionnistes resteront très soudés, malgré les critiques parfois très violentes subies par leurs œuvres, ainsi que par les refus successifs du Salon de Paris, institution majeure de la peinture de l’époque, d’exposer leurs œuvres.

    A partir de 1865, Emile Zola, camarade de classe de Cézanne à Aix, allait prendre fait et cause pour Manet et la nouvelle peinture dans l’«Evènement», et devenir l’historien du mouvement naissant. Théodore Duret (Critique d’art 1838-1927), témoignera, de son côté,  dans son «Histoire des peintres impressionnistes»: «Il faut dire, à la louange de ces hommes, que le mépris, les opprobres, la pauvreté ne les ont à aucun moment amenés à dévier de leur voie. Ils se sont tenus à leur manière tant honnie, sans chercher un seul instant à la modifier en quoi que ce soit, pour se faire accepter du public. Ils ont attendu, pendant de longues années, tout le temps nécessaire, que le public vînt à eux et qu’un changement d’opinion se produisît, soutenus par la conviction qu’ils avaient de la justesse de leurs principes et de la valeur de leur art».

    Amine BOUSHABA

     

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