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    Société

    Des solutions pour réduire le décrochage scolaire

    Par Karim Agoumi | Edition N°:5487 Le 03/04/2019 | Partager
    Un phénomène qui touche aujourd’hui plus de 10% des collégiens
    Zakoura, Insaf, Kane Ya Makane… L’expérience d’associations impliquées
    Collège rural numérique, sensibilisation des souks… Les actions de demain!
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    Le fléau de l’abandon scolaire a largement diminué depuis dix ans sous nos latitudes. Ainsi, le taux des lycéens qui abandonnent les bancs de l’école ne dépasse pas 9,1% aujourd’hui alors qu’il était de 15% en 2009

    Plusieurs centaines de milliers d’élèves quittent chaque année les bancs des écoles marocaines pour des raisons qui le plus souvent les dépassent. Un phénomène – l’abandon scolaire –  qui mène tout droit à la pauvreté et auquel la société civile tout comme le gouvernement tentent d’apporter régulièrement des solutions concrètes. Invités par la fondation Attijariwafa Bank, plusieurs hauts responsables actifs dans ce domaine ont analysé ensemble les fondements du problème et exposé leurs armes ciblées actuelles mais également futures. L’abandon scolaire ne doit pas être pris à la légère. En effet, cette année, pas moins de 260.000 élèves ont renoncé à poursuivre leurs cours, d’après les dernières statistiques du ministère de l’éducation. «Un fléau qui concerne pas moins de 10,2% des collégiens et 9,1% des lycéens», nous apprend le secrétaire général du ministère de l’éducation nationale Youssef Belqasmi. Le phénomène est néanmoins moins important voire insignifiant au niveau du primaire, pour lequel le taux ne dépasse pas 1,1%. La raison?  Le collège est marqué par l’adolescence et la puberté. «Une période au sein de laquelle les jeunes élèves changent radicalement leurs comportements et peuvent devenir perturbés», confie le responsable de l’Education pour le Maghreb à l’Unesco Philippe Maalouf. 
    A l’origine du problème tout d’abord, l’éloignement de l’école qui représente 21,1% des causes d’après une récente étude publiée par le ministère. Pour favoriser l’accès à l’éducation, le gouvernement a d’ailleurs construit au jour d’aujourd’hui pas moins de 13.401 écoles satellites, des établissements situés le plus souvent dans des régions éloignées et rassemblant plusieurs niveaux d’études au sein de la même classe. L’Etat a aussi mis l’accent sur la présence d’internats. «Le nombre d’internats a presque doublé ces dix dernières années sous nos cieux, passant de 451 en 2009 à près de 882 en 2019», souligne Belqasmi. Enfin, le programme Tayssir, qui consiste en l’octroi de bourses mensuelles aux élèves les plus assidus en classe, a presque triplé le nombre de ses bénéficiaires depuis un an, passant de 706.000 à 2.087.000. Autre facteur tout aussi grave, le manque d’intérêt. «Les enfants sont nombreux aujourd’hui à ne pas donner de sens à leur présence à l’école et possèdent de faibles capacités de projection. Pourtant, en l’absence de compétences minimales en français et en arabe, il y a peu de chances de passer la porte de l’entreprise!», explique la présidente de  Kane Ya Makane Mounia Benchekroun. Pour changer la donne, le projet socio-éducatif «Tanouir» lancé en 2010 par son association et destiné aux élèves des écoles publiques rurales propose sur quatre ans des ateliers artistiques pluridisciplinaires ainsi que des formations spécifiques destinées aux enseignants sur des thématiques intéressantes dont notamment «Le jeu comme outil d’apprentissage». Objectif: faire aimer l’école à ces jeunes et contribuer à leur éveil. Le programme, qui a permis de toucher jusqu’à aujourd’hui près de 15.000 bénéficiaires, met aussi l’accent sur l’orientation et sur la connaissance de soi. 

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    Le débat était houleux lors de la rencontre récemment organisée par la fondation Attijariwafa Bank sur le thème poignant de l’abandon scolaire. Un fléau qui concerne actuellement plus de 10% des collégiens marocains et auxquels les associations invitées – parmi lesquelles Kane Ya Makane ou encore Insaf – ont livré leurs solutions actuelles mais aussi futures (Ph. Khalifa) 

    La question de l’abandon scolaire est aussi directement reliée au phénomène des «petites bonnes». Ainsi, selon le HCP, en 2017, près de 247.000 enfants travaillaient sous nos latitudes et 81% d’entre eux ont été déscolarisés par leurs parents pour offrir leurs services de manière pourtant tout à fait illégale. «Les employeurs des jeunes filles domestiques et leurs envoyants risquent la prison», prévient en effet la présidente et fondatrice d’Insaf Meriem Othmani. Depuis 2002, l’association a lancé avec succès un programme qui a permis d’offrir la somme de 250 DH par mois à plus de 500 jeunes filles âgées entre 6 et 16 ans en contrepartie de résultats scolaires. «Si l’enfant pris en charge est confronté à des difficultés scolaires, Insaf lui offre gratuitement des cours de soutien afin de le remettre à niveau», explique ainsi la responsable du groupe. 
    L’éducation informelle a également fait ses preuves en matière de lutte contre la déperdition scolaire. Un axe sur lequel la Fondation Zakoura a particulièrement mis l’accent depuis plusieurs années et qui a déjà fait ses preuves. «Notre programme d’éducation informelle propose aux jeunes un cursus à part étendu sur trois ans au lieu des six années académiques. 94% d’entre eux parviennent à valider avec succès le test d’entrée au collège, ce qui prouve que la démarche est particulièrement efficace», confie la DG de l’organisme Rita El Kadiri.
    La rencontre constituait aussi l’occasion de présenter les futurs projets de ces organismes. Ainsi, Insaf ambitionne de mettre en place d’ici quelques mois des opérations de sensibilisation dans les souks. Un outil de proximité efficace pour expliquer aux familles venues des quatre coins de la région les bénéfices de l’école. La Fondation Zakoura, quant à elle, cherche également à innover et prévoit ainsi d’ici octobre prochain le lancement du premier collège rural numérique. Basé sur un système de visioconférence, ses professeurs seront basés à Casablanca et dispenseront leurs cours virtuels à des élèves de la ville de Sidi Slimane.

    Une nette amélioration malgré tout

    Le phénomène de l’abandon scolaire a sensiblement diminué au Maroc au cours de ces dix dernières années. Ainsi, le taux des collégiens qui abandonnent les bancs de l’école ne dépasse pas 10,2% aujourd’hui alors qu’il avoisinait les 13% en 2009, indiquent les derniers chiffres du ministère de l’éducation nationale. «Nous sommes passés de 440.000 cas en 2009 à 260.000 aujourd’hui, toutes sections confondues», précise le secrétaire général Youssef Belqasmi. «Même si le voyant rouge est allumé, l’on constate ainsi une nette amélioration et nos efforts portent leurs fruits», ajoute le responsable.

     

     

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