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    International

    La saison des indicateurs économiques

    Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5486 Le 02/04/2019 | Partager
    Euler Hermes annonce un triple changement de cap
    Une bonne nouvelle pour les pays exportateurs
    Les réunions du FMI et de la BM prévues du 8 au 14 avril
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    L’économie mondiale devrait croître à un rythme de 2,9% en 2019 et 2,7% en 2020 (contre 3,1% en 2018). La Chine continue à mener le monde en termes de croissance. Au Moyen-Orient et en Afrique, elle sera portée par les matières premières. Pour la zone euro, les économistes tablent sur un taux de 1,2% cette année et 1,3% l’année prochaine

    En 2019-2020, l’économie mondiale devra connaître un triple changement de cap majeur, annonce Euler Hermes dans son étude «The Big Switch». Cette reconfiguration se veut une bonne nouvelle pour les économies exportatrices, dont les pays européens (où résident les principaux partenaires commerciaux du Maroc).

    L’Europe a particulièrement souffert face aux déclarations de guerre commerciale sino-américaine et aux menaces de hausse des taxes américaines sur les importations automobiles. Pour l’Allemagne notamment, qui est tombée en récession industrielle au second semestre 2018, le spécialiste mondial de l’assurance-crédit estime que le pire est désormais passé.

    ■ La Chine, 1er moteur de croissance: L’économie mondiale devrait croître de 2,9% en 2019 et 2,7% en 2020 (3,1% en 2018). La Chine devrait devenir le premier moteur de la croissance mondiale, au détriment des Etats-Unis. Euler Hermes prévoit une rapide décélération pour l’économie américaine, dont la croissance passerait de 2,9% en 2018 à 2,5% en 2019 et 1,7% en 2020. Dans le même temps, la croissance chinoise devrait rester relativement résiliente, aux alentours de 6,4%, grâce à un stimulus budgétaire et monétaire proactif. En conséquence, la Chine sera la principale contributrice à la croissance mondiale en 2019 et 2020, en lieu et place des Etats-Unis.  Les économistes gardent les yeux rivés sur les réunions de printemps 2019 du Groupe de la Banque mondiale (BM) et du Fonds monétaire international (FMI) qui se tiendront cette année du 8 au 14 avril à Washington. Selon les prévisions de l’OCDE, l’économie mondiale progressera au rythme de 3,3% en 2019 et de 3,4% en 2020. Ralentissement en Chine et en Europe, faiblesse des échanges… sont autant de facteurs de risques (cf. notre édition N° 5468 du 07/03/2019).

    ■ Les banques centrales changent de ton: La politique monétaire devrait changer d’orientation à l’échelle mondiale. Après une phase généralisée de resserrement monétaire, le déclin de l’inflation pousse les banques centrales à explorer à nouveau la piste expansionniste. La plupart d’entre elles, dont la FED (banque centrale des Etats-Unis) et la BCE (Banque centrale européenne) ont déjà significativement changé de ton dans leur communication, avec une orientation plus accommodante.

    ■ Tractations sino-américaines: Cette année, le commerce mondial pourrait également connaître un changement important, avec une réduction de l’incertitude relative aux tractations sino-américaines, qui a coûté -0,45 point à la croissance des échanges internationaux en 2018. En effet, une issue positive aux discussions entre la Chine et les Etats-Unis est attendue. Ce qui devrait jouer un rôle de stabilisateur pour la croissance de l’économie et du commerce mondial.

    ■ Les pays émergents, les grands gagnants: Ils semblent les mieux positionnés pour profiter de la combinaison des changements annoncés. Les pays émergents seront les grands gagnants économiques des années 2019 et 2020. Par exemple, la croissance brésilienne devrait accélérer à 2% en 2019 et 2,5% en 2020 (1,1% en 2018). Celle du Mexique devrait être plafonnée à 2%. En Argentine (-2,4% en 2018, -1,5% en 2019, + 2% en 2020), le FMI, les acteurs du marché et les électeurs vont surveiller de près le lent rééquilibrage de l'économie.

                                                                                   

    Moyen-Orient/Afrique: Les filets de sécurité…

    ■ Le Maroc, toujours bon élève: Le grand basculement au Moyen-Orient créera un filet de sécurité non seulement pour le commerce mondial, mais également pour les prix des produits de base, en particulier ceux de l’énergie. Les économistes d’Euler Hermes s’attendent à ce que les prix du Brent restent globalement stables à 68 dollars le baril en 2019. Le fait que la Fed ne soit pas agressive dans sa politique monétaire est également très important pour la région. Car les monnaies de ces pays sont indexées sur le dollar et leurs conséquences. Les politiques monétaires suivent les orientations de la Fed. Tous ces facteurs atténueront l’impact de la réduction de la production de pétrole convenue par l’OPEP sur la croissance. Elle devrait passer de 1,5% en 2018 à 1,2% en 2019 et augmenter légèrement à 2% en 2020. A noter que le Maroc (voir aussi notre édition N° 5431 du 15/01/2019) se maintient toujours dans la liste des pays à risque faible, selon une carte d’Euler Hermes établie au 1er trimestre 2019. Le Royaume demeure le seul pays classé à ce niveau en Afrique du Nord.

    ■ Les grands réformateurs: Il existe une divergence significative en Afrique entre les économies où la croissance n’a pas atteint et ne retrouvera pas les niveaux de 2014 et celles où la dynamique est restée la même. Le premier groupe comprend les principaux exportateurs de produits de base (hydrocarbures, métaux industriels), notamment le Nigéria et l’Afrique du Sud, qui sont confrontés à des problèmes intérieurs. Le grand changement atténuera les pressions sur ces économies. Dans le même temps, les principaux réformateurs bénéficieront de leurs réalisations (croissance de + 6,7% en 2019 en Afrique de l'Est), en particulier des pays à faible revenu ou à revenu moyen inférieur, tels que la Côte d'Ivoire et le Kenya (où l’analyse de l'environnement des entreprises s’est améliorée ce trimestre). Ces économies peuvent investir et augmenter leur stock de capital.

    Fatim-Zahra TOHRY

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