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    Les promesses de Maan, un ovni sur la scène politique

    Par Tilila EL GHOUARI | Edition N°:5482 Le 27/03/2019 | Partager
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    Safwane Mouwafaq, membre fondateur du mouvement politique Maan: «Nous espérons qu’en l’espace de trois ans, nous soyons reconnus en tant que mouvement politique porteur d’espoir, d’innovation, de probité et de changement. Ne nous jugez pas dès maintenant, attendez de voir nos actions et les fruits de nos projets» (Ph. F. El Nasser)

    Une nouvelle formation vient de faire irruption dans le paysage politique marocain. Maan, un mouvement porté par des visages peu connus de la scène nationale, réunit une trentaine de membres fondateurs, et des sympathisants issus de différents horizons (universitaires, entrepreneurs, militants associatifs, médecins, médias, ingénieurs et cadres). Leur but, être une force de proposition «constructive et rationnelle pour que la politique cesse d’être une fabrique de désespoir». Leur ambition, «ré-enchanter les citoyens, en leur promettant une politique participative». Un pari de taille.

    - L’Economiste: Pourquoi un mouvement politique maintenant?  
    -Safwane Mouwafaq:
    Aujourd’hui, nous vivons dans un marasme politique notable, et un flou par rapport à la différenciation des partis politiques. Maan est une rencontre de bonnes volontés, issues de la société civile et des jeunes déçus du système actuel. Nous représentons des idéologies différentes. Donc avant de nous lancer, nous avons commencé par tester notre capacité à travailler ensemble, en partageant un socle de valeurs communes, et une liberté d’expression. Nous croyons en la démocratie, en la liberté de conscience. Dans notre démarche, nous mettons le citoyen au centre de nos préoccupations et nous voulons faire de lui un vrai acteur, à travers un processus d’autonomisation (empowerment). Parmi les membres fondateurs de Maan, plusieurs justifient d’expériences réussies, notamment au niveau associatif. Mais sans moyens de les généraliser, sauf en intégrant l’action politique. Toutefois, aucun de nous ne se reconnaissait dans l’un des partis présents. C’est ainsi que nous est venue l’idée de créer notre  mouvement.
     
    - Certains vous perçoivent déjà comme un mouvement de jeunes «bobo-chics-élitistes», ayant peu de chances d'être audibles auprès des grandes masses électorales. Que répondez-vous à cela?
    - Certes, plusieurs parmi nous ont réussi sur le plan professionnel, c’est une réalité. Mais cela ne signifie pas que nous ne sommes pas engagés, ou que nous ne souhaitons pas servir notre pays et nos concitoyens. D’ailleurs, beaucoup d’entre nous sont issus de l’école publique, ou travaillent dans le social et le secteur public. Les gens vous écoutent si vous parlez sincèrement, et si vous mettez en valeur leur dignité. L’une des raisons de la crise politique actuelle est que la classe politique n’écoute plus et ne travaille plus au quotidien avec les citoyens.
    Notre démarche n’est en aucun cas élitiste. Bien au contraire, c’est l’essence même de notre approche. Nous voulons écouter le citoyen, travailler avec lui, faire en sorte qu’il prenne conscience des enjeux politiques, et qu’il parvienne à opérer des choix réfléchis. Notre souhait est de voir émerger des Marocains compétents, à même de participer à la prise de décision, dotés d’une conscience critique de leur environnement, et capables d’analyser les différents facteurs qui agissent sur leur vie. Toute l’action de Maan est basée sur ces fondamentaux.

    -  Comment comptez-vous composer avec de grandes formations qui surfent à la fois sur leur maillage territorial et leur légitimité historique?
    - Actuellement, nous nous positionnons en mouvement politique, désirant dialoguer avec les Marocains. Nos objectifs sont à moyen terme. Nous désirons écouter les citoyens pour co-construire avec eux un projet de Maroc démocratique. Nous ne sommes ni pressés de créer un parti politique, ni de participer à des élections. Nous ambitionnons de mettre en place des projets pour démontrer concrètement notre capacité à changer certaines choses.
     
    - Nous n’avons pas remarqué beaucoup de femmes dans votre plateforme de lancement, alors que vous auriez pu marquer un grand coup sur la parité?
    - Nous ne sommes absolument pas dans la logique de  mettre en place une parité «vitrine». Sur cette question principalement, nous ne voulions pas faire du maquillage. Nous tenons à ce que les mécanismes de valorisation des membres de Maan soient d’abord la compétence.
    Nous nous positionnons comme étant un mouvement émancipateur, qui croit en l’égalité entre les hommes et les femmes. Ce qui est clair, c’est que nous comptons créer tous les mécanismes possibles pour que la femme tienne sa place d’égale de l’homme. Aujourd’hui, nous avons parmi nous des femmes extraordinaires, et je suis persuadé que vous allez en voir émerger d’autres très rapidement.

    - Quels sont vos projets phares?
    - Notre principe est celui de l’empowerment et la participation du citoyen en le mettant au centre des décisions. Notre premier projet est de concrétiser un nouveau modèle d’école coopérative, basé sur une forte implication des parents, sur un modèle pédagogique innovant et rigoureux. Nous allons, également, prendre en compte l’ouverture vers l’environnement et les langues étrangères. Pour ce qui est de la santé, nous créerons une plateforme appelée «Empowerment santé et citoyenneté», pour que le citoyen prenne conscience des enjeux en matière de santé publique et politiques de santé.
     
    - Comptez-vous vous transformer en parti politique pour les prochaines élections?
    - Nous n’avons aucun agenda électoral pour l’instant. Nous n’y pensons pas. Pour les prochaines élections, nous comptons analyser les différents programmes des partis. Si aucun ne nous intéresse, nous le dirons. Nous ne sommes pas neutres, ce qui est proposé en ce moment ne nous satisfait pas. En revanche, pour notre évolution en tant que mouvement, nous ne nous interdisons rien. Si, demain, nous disposons de la masse critique nécessaire, si nous devenions audibles auprès des Marocains et constitiuons à leurs yeux un nouveau modèle d’action crédible, innovant, à même d’être une alternative, à ce moment là, nous ne les décevrons pas.   
     
    - Quels sont les critères pour adhérer à Maan?
    - Notre mouvement est ouvert à tout citoyen qui voudrait y participer. Sur noter site web, nous avons un lien où toute personne peut s’enregistrer, et chaque semaine, nous ferons en sorte de rencontrer ces adhérents. Notre but est que chacun puisse se retrouver dans un engagement dans sa communauté, qu’il ait une mission d’insertion.

    Plateforme Istimaâ

    Le mouvement lancera prochainement, à travers sa plateforme, une approche fondamentale appelée «Istimaâ» (l’écoute). «Nous commencerons à discuter et à recueillir les réflexions des citoyens sur leur situation», explique Safwane Mouwafaq, membre fondateur du mouvement politique Maan. Cette démarche permettra de contribuer à des solutions collectives aux problèmes posés. Un road show dans les différentes régions du Maroc pour échanger avec les représentants des jeunes et des associations est également prévu.

    Propos recueillis par Tilila EL GHOUARI

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