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    Economie

    Un second succès pour le salon du sardi

    Par Jamal Eddine HERRADI | Edition N°:5481 Le 26/03/2019 | Partager
    Près de 200.000 visiteurs et 25.000 professionnels présents
    Une urgence: labéliser la race pour d’autres débouchés
    Les métiers autour du traitement de la laine et des peaux de plus en plus rares

    La deuxième édition du Salon national professionnel du Sardi s’est clôturée, dimanche dernier sur une touche de grande satisfaction tant de la part des organisateurs que de celles des exposants et des visiteurs. Ces derniers ont été près de 200.000 à faire le déplacement pour voir de près les ovins exposés dans l’enceinte  du chapiteau qui leur était destiné. Ils sont venus en famille ou entre amis et ont défilé longuement entre les enclos où étaient parquées les bêtes.

    Beaucoup d’enfants étaient aussi de la partie. Il est vrai qu’ils ne voient d’aussi beaux moutons que lors de l’Aïd Al Adha. Quel émerveillement que de constater leur étonnement devant les tailles des moutons. En effet, certains pèsent jusqu’à 180 kg.

    Destiné à honorer la race Sardi dans son berceau qui est le plateau des Béni Meskine qui relève territorialement de la province de Settat, le Salon est organisé également  pour rendre hommage aux éleveurs qui, en dépit de contraintes dues essentiellement à la sécheresse, ont pu, quand même, continuer à maintenir l’élevage de cette race.

    Une race unique en Afrique du nord, voire dans toute l’Afrique et le monde arabe. Ils l’ont préservée, amélioré sa productivité et sont en passe de lui donner une valeur commerciale et génétique assez confortable par rapport aux autres races.

    D’autant plus que le Sardi a connu un gain de productivité, mais qui, malheureusement, se heurte encore à un problème commun à tous les produits agricoles, celui de la commercialisation et de la valeur ajoutée. Les professionnels veulent aujourd’hui aller au-delà de la production en valorisant le Sardi.

    D’ailleurs, ce n’est un secret pour personne, la commercialisation de cette race reste toujours liée à Aîd Al Adha. Le marché du Sardi se limite actuellement à hauteur de 90% à la préparation des animaux pour l’abattage de l’Aïd. Mais ces ovins, il faut les préparer à partir de femelles et de la génétique.

    «C’est ce qui fait qu’il existe dans les régions d’élevage une décomposition du secteur en deux catégories: les naisseurs, qui sont les éleveurs qui ont fourni un important effort en génétique et les multiplicateurs qui préparent les animaux pour l’Aïd», précisent des experts.

    C'est pour cela qu'il faut sécuriser le marché et réguler la demande par rapport à l’offre. Selon des professionnels, depuis des années sévit une  situation de surproduction qui domine et ce sont les éleveurs et les multiplicateurs qui en souffrent. En cas de sous-production, ce n’est pas l’éleveur qui en profite mais les intermédiaires.

    Donc, il faut instaurer un système de commercialisation qui profite à tous et de manière régulière. Mais cela ne peut se faire que si la race est préservée, labélisée et commercialisée dans un débouché autre que le marché local comme le monde arabe, l'Afrique de l'ouest par exemple.

    Le Plan Maroc vert a, certes, prévu quelques dispositions pour tout le cheptel ovin. Mais, il n’y en a pas de spécifiques pour chaque race. Et cela se limite à un soutien à la production, explique un opérateur. Soutien qui est aujourd’hui «dépassé du moment que les éleveurs et producteurs ont su apprivoiser la sécheresse et assurer la continuité de leur production», poursuit-il.

    Par contre, le souci principal demeure les débouchés pour une commercialisation à forte valeur ajoutée des ovins Sardi. En conséquence, les professionnels émettent le vœu pour des dispositions complémentaires au Plan Maroc vert qui permettent d’organiser et d’améliorer au fur et à mesure le circuit de commercialisation ainsi que l’abattage et la distribution.

    Selon Abderrahim Asri, président de l’Association du Salon national professionnel de l’élevage, «l’éleveur ne sait actuellement «faire» que le mouton de l’Aïd. Et personne ne s’est posé la question pourquoi ne pas abattre le Sardi quand il est encore plus jeune. Les agneaux et les agnelles peuvent fournir épaules et gigots à longueur d’année et peuvent être commercialisés avec un label». Le fait de ne produire que pour l’Aïd prouve qu’il y a une déficience dans la valorisation du produit.

    D’autres volets ne sont pas également pris en compte dans la valorisation du Sardi. Il s’agit de la laine et des peaux. Les métiers autour de leur traitement sont de plus en plus rares. Il faut penser à fédérer autour de ces métiers par exemple dans le cadre de coopératives notamment féminines.

    Poids, taille,... le pedigree d'une race unique

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    De grande taille, à queue fine et de couleur blanche, le Sardi a des tâches noires autour des yeux, du museau et des oreilles. L’extrémité des pattes est également de couleur noire. La tête, le cou, le ventre et les membres sont dépourvus de laine. Absentes chez la femelle, les cornes sont bien développées et ouvertes chez le mâle. Le mâle peut peser de 70 à 100 kg et sa taille adulte peut atteindre 80 à 90 cm et les femelles arrivant à l’âge adulte pèsent entre 45 et 60 kg pour 55 à 65 cm. Cette race compte environ 750.000 brebis dans le plateau central (Settat, El Kelâa des Sraghna et Tadla). Cette race unique en Afrique du nord, voire dans toute l’Afrique et le monde arabe, occupe une place socio-économique très spéciale dans le monde rural en général et dans les productions agricoles en particulier. Le Sardi est l’une des principales races ovines élevées sur les plateaux de l’Ouest marocain (plateaux des Béni Meskine, berceau initial, du Tadla, des Sraghna et Rhamna). En effet, l’élevage de ce segment est facilité par l’adaptation de l’espèce à des espaces pauvres en végétation tels que ceux de la région du Centre Ouest du pays. 

    Jamal Eddine HERRADI

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