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    Economie

    Transition démographique: L’insondable reprise de la fécondité

    Par Abashi SHAMAMBA | Edition N°:5477 Le 20/03/2019 | Partager
    Selon l’enquête HCP de 2018, 2,38 enfants par femme
    Recul de l’âge au 1er mariage de la fille: 25,5 ans
    Au moins 70% des femmes ont recours à la contraception
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    Depuis le début des années soixante, la fécondité a considérablement baissé. De 7,20 enfants par femme en 1962 à 3,28 en 1994, elle est passée à 2,47 en 2004 et à 2,19 en 2010 avant d’augmenter légèrement à 2,20 enfants par femme en 2014

    La transition de la fécondité est le passage d’un niveau de fécondité élevé à une fécondité basse jusqu’à atteindre le taux de remplacement des générations, qui peut être même dépassé. Une fois ce processus amorcé, la baisse a tendance à s’opérer sans interruption. Ce schéma classique, certes vérifié dans le cas de bien de pays, n’est, cependant, pas universellement observé.

    Au dernier recensement général de la population et de l’habitat en 2014, l’indice synthétique de la fécondité était de 2,55 enfants à la campagne contre 2,01 enfants en milieu urbain. Pour ce dernier cas, il était en dessous du seuil de renouvellement des générations.

    Et puis, sans que l’on ne puisse trouver une explication, les Marocains se sont remis à faire des bébés puisque l’indice synthétique de la fécondité révélé par le recensement de 2014 (2,21 enfants) est un chouia au-dessus de celui relevé dans l’enquête démographique de 2009-2010 (2,19 enfants).

    Deux facteurs essentiels expliquent la baisse tendancielle de la fécondité, relève le HCP. Le recul de l’âge moyen au premier mariage de la femme: 25,7 ans en 2014 (dernier recensement) contre 17,3 ans en 1960 et l’extension du recours à la contraception. Alors qu’au début des années 80, seule une femme sur cinq (19,4%) avait accès à la contraception, cette proportion atteint 70,8% en 2018, soit plus de 7 femmes sur 10.

    Par ailleurs, on peut constater que l’âge au premier mariage de la femme est corrélé aux conditions économiques et aux situations de crises. Selon le cas, il s’oriente à la baisse ou à la hausse. Ainsi, la hausse globale de l’âge au premier mariage des marocaines s’est estompée depuis 2004.  Il est passé de 26,3 ans en 2004 à 25,7 ans en 2014 pour se situer à 25,5 ans en 2018. 

    Cette baisse est surtout plus accentuée chez la femme rurale: 23,9 ans en 2018 contre 25,5 ans en 2004. En revanche, chez la femme urbaine, la courbe de l’âge moyen au premier mariage repart à la hausse, 26,6 ans en 2018, mais il reste en dessous du niveau de 2004 (27,1 ans).

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    Globalement, et jusqu’en 2010, la fécondité tendait vers la baisse, et ce malgré les légères fluctuations observées entre 1992 et 1997. A partir de 2014, une légère hausse de la fécondité a été entamée, pratiquement dans les deux milieux de résidence, et a continué jusqu’en 2018. Ainsi, l’Indice synthétique de fécondité annoncé, qui était de l’ordre de 2,21 enfants par femme en 2014, et qui est légèrement supérieur à celui de 2010 (2,19 enfants par femme), a continué son ascension pour atteindre 2,38 enfants par femme en 2018. Si on analyse, séparément, les données des recensements de la population et celles des enquêtes démographiques et de santé, la tendance est globalement vers la baisse. Par contre, lorsqu’on combine les deux sources d’information, la tendance se modifie vers la hausse depuis 2010.
    A priori, indiquent les experts du HCP, les estimations de la fécondité, des recensements ou des enquêtes démographiques et de santé, devraient être proches, voire semblables. Mais ce constat soulève des questions d’ordre méthodologique, notamment de nature et de période de référence de chaque opération statistique. Seules d’autres opérations statistiques futures permettront de confirmer ou d’infirmer une éventuelle tendance à la hausse de la fécondité au Maroc, souligne le HCP.

    Les taux de fécondité par âge de la femme révèlent une légère progression survenue entre 2004 et 2014, chez les moins de 20 ans. Au-delà des 35 ans, cette hausse concerne surtout le milieu urbain et touche la quasi-totalité des grandes villes. Cela tiendrait au fait que les femmes urbaines ont tendance à reporter, momentanément, le projet de mariage en privilégiant, dans un premier temps, la quête de la réalisation de soi et de l’autonomie financière.

    Pour ce faire, elles restent plus longtemps aux études afin de maximiser les chances sur le marché du travail. C’est une explication du mariage tardif certes relative, constatent les experts du HCP. Paradoxalement, le taux d’activité de la femme s’est effondré et se situe actuellement à 22,2%.

    Cependant, aussitôt en couple, la question de la descendance devient prioritaire. Plus la première maternité est tardive, plus les risques augmentent, la fertilité diminuant avec l’âge.

    Par contre, la hausse du taux de fécondité chez les moins de 20 ans a touché la ville comme la campagne sachant que la fécondité dans ce groupe d’âge a toujours été en baisse. Si cette situation est, relativement, explicable pour le milieu rural (le poids des coutumes y étant très pressant), elle reste bien difficile à décrypter pour le milieu urbain.

    De prime à bord, et sachant que les rapports sexuels et les naissances ne sont acceptés que dans la cadre du mariage, cela signifie que la proportion des femmes non célibataires dans ce groupe s’est élevée, passant de 6% en 2004 à 7% en 2014, de 5% à 6% en milieu urbain et de 8% à 9% en milieu rural.

                                                                                         

    Le Maroc par rapport au Maghreb

    DES études récentes ont indiqué qu’une stagnation de la fécondité est en train de s’installer, et parfois même une reprise de la fécondité a été enregistrée, dans certaines régions du monde, notamment dans les pays arabes.

    En 2015, quelques pays ont connu une augmentation inhabituelle de la fécondité au cours de la période 2005-2015. Elle est, relativement, faible en Tunisie et au Maroc, mais a été persistante en Algérie où la fécondité est passée de 2,4 à 2,9 enfants par femme entre 2000-2005 et 2010-2015.

    La baisse de la fécondité a également stagné en Iraq et en Jordanie. En Égypte, l’indice synthétique de la fécondité est passé de 3 à 3,5 entre 2008 et 2014. Ces augmentations ont été précédées d'une décélération du taux de baisse de la fécondité.

    Les premiers résultats de l’Enquête nationale sur la population et la santé familiale de 2018 semblent indiquer que la fécondité est en train d’enregistrer une baisse comparativement à celle de 2011. Les enquêtes démographiques et de la santé montrent qu’après avoir continuellement régressé au fil des années, la fécondité en 2011 a enregistré une faible reprise par rapport au recensement général de 2004. Elle est passée de 2,5 à 2,59 enfants par femme, avant de descendre à nouveau à 2,38 enfants par femme en 2018. Même avec cette baisse, ce dernier taux reste supérieur à celui relevé en 2014 (2,21 enfants).

    A.S.

     

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