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    Culture

    Rentrée littéraire: La fiction dans tous ses états

    Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5475 Le 18/03/2019 | Partager
    La Croisée des chemins annonce 40 ouvrages
    Hommage à Mohamed Leftah

    Des drames liés aux mouvements migratoires en passant par la place de la femme dans la société, des bas fonds de la vie nocturne casablancaise aux chemins de vie souvent tortueux d’un adolescent..., pour cette rentrée littéraire 2019, la maison d’édition la Croisée des chemins propose une quarantaine de titres, dont une dizaine de romans. Leur point commun: un parti pris des auteurs de faire passer leurs messages par la narration, par des histoires criantes de vécu. Un environnement et une narration si proches du vécu que le fil ténu entre réalité et fiction disparaît. Petite sélection, entre édition et réédition et hommage à des auteurs d’ici et d’ailleurs.

    ■ Mohamed Leftah, «Au bonheur des limbes»

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    La Croisée des Chemins consacre l’année 2019 à la réédition de quelques ouvrages de Mohamed Leftah en hommage posthume à cet écrivain, considéré comme l’une des plus belles plumes du Maroc. À l’occasion du 10e anniversaire de sa disparition. Dans  «Au bonheur des limbes», Mohamed Leftah invite les lecteurs dans la pénombre d’une salle qui se trouve au sous-sol du célèbre bar de Casablanca, au nom prestigieux Le Don Quichotte. Si ses habitués l’appellent: la fosse, l’auteur y voit un royaume des limbes; non dans l’acception théologique de cette expression, mais dans celle de l’écrivain anglais, Evelyn Waugh, qu’il fait sienne et rapporte: «L’endroit rêvé, ce sont les limbes. On y trouve un bonheur naturel, sans la vision béatifique ; ni harpes, ni discipline communautaire, mais du vin, de la conversation, dans une humanité imparfaite et diverse. Les limbes pour le non baptisé, pour le païen de bonne foi, pour le sceptique sincère». Contre l’intolérance et la barbarie, le roman pourrait-il être à la fois un lieu de lucidité et d’enchantement, l’espace par excellence de la liberté? À la lecture de ce second roman, « Au bonheur des limbes» de Mohamed Leftah, on en sort convaincu, si on ne l’était déjà.

                                                                        

    ■ Youssouf Amine Elalamy  «Les clandestins»

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    Lauréat du Prix Grand Atlas en 2001 et du prix méditerranéen Le Plaisir de Lire en 2010, Les Clandestins a été traduit en sept langues (anglais, allemand, arabe, espagnol, grec, italien et néerlandais). Des clandestins, douze hommes et une femme, retracent leurs histoires à la fin que l’on sent tragique avant même d’entamer la lecture. Avec ce roman polyphonique, leurs voix, dans leur variété et leur vécu, se font entendre. Elles livrent le malaise social, l’aspiration à une vie meilleure et une humanité étouffée.  Une réédition encouragée par l’urgence de la question migratoire aujourd’hui. Entre migrants, émigrés, immigrés, les vocables ne manquent pas et les tragédies humaines non plus.

                                                                        

     

    Fatiha Elgalai «La fêlure»

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    Dans «La fêlure», Fatiha Elgalai décrit le sentiment de séparation aussi commun que spécifique.
    Le personnage central, Amal, perd sa mère puis s’envole vers la France pour poursuivre ses études après le re-mariage de son père. A propos de cette dislocation, l’écrivaine précise: «Le personnage, de par son histoire, porte en lui une fêlure, celle des origines. Il l’ignore mais elle le rattrape au fil du temps. Toutefois, même chez lui il n’y a pas que du négatif. Il lui arrive de faire de belles rencontres aussi».

                                                                        

    ■ Bahaa Trabelsi: «Une femme tout simplement»

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    Avec une 4e édition, le roman de Bahaa  Trabelsi, paru pour la première fois en 1995, est en passe de devenir un best-seller. Le roman pose des questions somme toute toujours d’actualité: Comment devenir une femme au Maroc? Comment trouver sa place entre sa culture et l’influence européenne? Quelles sont les indignations d’une jeune fille en transition vers l’âge adulte?
    À travers un récit poignant et authentique, Bahaa Trabelsi met en relief les conflits, qu’ils soient apparents ou latents, qui secouent la société marocaine.

                                                                        

    ■ Aziz Bouachma: «Le radeau des médusés»

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    Cet ouvrage commence par un tableau glaçant tout autant qu’il est brûlant; celui de Mi Fatiha, cette vendeuse ambulante qui s’est immolée par le feu en avril 2016 devant les portes d’un marché populaire à Kénitra. Ce fait divers réel a été filmé «jusqu’à ce que le feu ait eu raison de son corps», nous rappelle l’auteur dans sa dédicace.
    Après ce démarrage saisissant, ce roman d’apprentissage suit les pas du jeune narrateur, Ali, personnage principal de ce livre et fils d’une femme immolée, Yéma Yemma, dont le chemin de vie sera semé d’embûches. Il est en plein cauchemar, et en véritable état de choc, après l’immolation de sa mère. Apprendra-t-il à faire dignement son deuil? À survivre surtout? Pourra-t-il pardonner l’impardonnable?

                                                                        

    ■ Saad Khiari: «Le soleil n’était pas obligé»

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    Dans L’Étranger, d’Albert Camus, Meursault est condamné à mort et exécuté pour avoir assassiné l’Arabe, laissant seule sa compagne Marie Cardona. Des dizaines d’années plus tard, celle-ci apprend par le roman de Kamel Daoud, Meursault, contre-enquête, que l’auteur n’est autre que le propre frère de l’Arabe.
    Convaincue que le malheur partagé crée la proximité, elle se sent dès lors proche de Kamel Daoud et cherche à le rencontrer. Elle décide de partir en Algérie pour des raisons que Saad Khiari nous dévoile au cours de ce voyage éprouvant et difficile mais combien nécessaire.

                                                                        

    Ahmed Tazi: «Le grenadier a plus d’un tour dans son sac»

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    Dans une histoire qui se déroule entre un Maroc traditionnel et un Maroc moderne, entre le bled et la ville, Ahmed Tazi nous embarque dans une narration qui dépeint autant la psychologie des protagonistes que le terroir vrai et authentique. Rien n’y est tranché puisque la vie réserve des surprises; au moins aussi nombreuses que les tours dans le sac du grenadier...
    La monotonie d’un village tranquille et de paysans laborieux est rompue par un événement insolite: la jeune fille en vue bien belle après la correction de son bec-de-lièvre, était amoureuse de l’idiot du village qui passe son temps à voler des grenades dans les vergers et à les fourguer au bord de la route. Dans ce douzième roman, Ahmed Tazi semble évoquer des faits déjà vus ou lus. Mais plus le lecteur se plonge dans le récit et plus la diversité des personnages, la complexité des rapports qu’ils entretiennent et les rebondissements ménagés, plus il découvre un intérêt inédit et écrit d’un point de vue particulier.

    A.Bo.

     

     

     

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