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    Dacia: Un modèle économique «frugal»

    Par Amin RBOUB | Edition N°:5475 Le 18/03/2019 | Partager
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    Marc Suss, Program director global Access, VP: «Dans le business model Dacia, la logique est de ne pas trop s’éparpiller. Nous devons rester sur les segments les plus vendus et nous concentrer sur les modèles à très gros volumes»  (Ph. Groupe Renault)

    Best cost, low cost, smart buy... La formule Dacia marche à tous les coups et séduit de plus en plus les acquéreurs en Europe et ailleurs. Le modèle économique repose sur la notion de voiture en tant que moyen de locomotion, au-delà des considérations statutaires.  La saga Dacia se poursuit et introduit des séries limitées au Salon de Genève. Elle apporte des réponses multiples à des besoins divers de mobilité. Analyse de Marc Suss, Program director global Access, VP

    - L’Economiste: Pour ce salon de Genève, il y a de moins en moins de nouveautés chez Dacia, mises à part des séries limitées. Est-ce un choix délibéré?
    - Marc Suss:
    Chez Dacia, nous sommes dans un modèle économique différent. Nous renouvelons nos voitures de façon plus frugale, plus sobre... Juste ce qu’il faut pour le client. L’enjeu in fine est de pouvoir offrir des prix intéressants, attractifs. Donc, nous assumons le choix de ne pas révéler des nouveautés tout le temps sur nos stands. De plus, les cycles de vie de nos modèles ne sont pas les mêmes que ceux des autres marques généralistes. Je dirais que ce choix est vraiment assumé, voire revendiqué.

    - Mais qu’est-ce qui limite l’élargissement des gammes, sachant qu’il y a un potentiel commercial important qui vous permettra de ratisser plus large et recruter une clientèle nouvelle?
    - Non, on ne veut pas (rires). Cela fait partie du business model. La logique est de ne pas trop s’éparpiller. Nous devons rester sur les segments les plus vendus et nous concentrer sur les modèles à très gros volumes. Parmi les modèles que l’on produit, il y a le Duster qui rencontre un franc succès. Il est produit à plus de 500.000 exemplaires. La Sandero, c’est un marché de 1 million d’unités. Cela nous permet d’amortir nos frais de développement via de gros volumes et surtout à des prix très attractifs. Mais si l’on commence à multiplier des modèles avec des véhicules à petits volumes, ce ne sera pas viable économiquement. Plus encore, les prix deviendraient plus chers.

    - Tout le monde en parle et en demande... A quand un véhicule électrique chez Dacia? Il y a une forte attente par rapport à une motorisation électrique?
    - Oui, mais à l’heure actuelle l’électrique reste cher. Quand vous regardez le prix d’une Zoe en France, c’est autour de 27.000 euros. Du coup, nos voitures reviendront plus cher. Or, le principe de base chez Dacia est de produire des voitures pour pouvoir les commercialiser à des prix pas chers. C’est un sacré pari!

    - Au Maroc, Renault Tanger et Somaca livrent un cumul de plus de 402.000 véhicules Dacia. Pourquoi Duster ne fait pas encore partie de la gamme produite au Maroc?
    - Certes Duster est un best-seller, mais nous ne pouvons pas mettre tous les modèles dans toutes les usines. Pour le moment, le Duster est produit au site de Pitesti en Roumanie. Nous sommes en train de concentrer les autres véhicules au Maroc. Nous ne cherchons pas à dupliquer les mêmes usines partout. Pour le Maroc, nous venons de transférer le MCV, un produit avec un bon rapport qualité/prix. Finalement, pour répondre à votre question, le choix des sites de production obéit à une pure logique industrielle.

    - La démission de Carlos Ghosn ne risque pas de compromette certains projets sur lesquels le groupe s’est engagé au Maroc?
    - Carlos Ghosn a annoncé l’augmentation de capacités à Somaca. Mais tous les engagements pris s’inscrivent dans une stratégie et une vision industrielle du groupe. La stratégie ne change pas.

    - A terme, la production de gros volumes Dacia devra amortir l’investissement. Peut-on s’attendre à des baisses des prix?
    - Effectivement, au bout d’un moment et d’un certain volume, les voitures sont amorties. Mais, en même temps, les règlementations augmentent. Pour le cas du Maroc, la norme Diesel est à l’Euro 4, bientôt il va falloir passer à l’Euro 5. Ce qui se traduira par des investissements côté constructeur. Il faut tabler sur plusieurs centaines d’euros par moteur. Finalement, l’amortissement des véhicules permet de contrebalancer quelque part les augmentations induites par les changements réglementaires. 

    «Ultimate»: Séries limitées transversales

    Même s’il n’y a pas eu d’avant-première mondiale, la marque Dacia a révélé au salon de Genève des séries limitées 2019, baptisées  «Ultimate». Une série dotée d’une signature transversale sur plusieurs modèles de la gamme. Il s’agit d’une série spéciale déclinée sous l’appellation Ultimate (ou Techroad dans certains pays) qui concerne aussi bien le Duster que la Logan ou encore la famille Stepway. Selon Marc Suss, «l’objectif, à travers ces séries limitées, est d’animer les gammes, de réinjecter du sang neuf...».

    Propos recueillis à Genève par Amin RBOUB

     

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