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    Economie

    Banque mondiale: Focus sur le capital humain

    Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5474 Le 15/03/2019 | Partager
    Miser sur la petite enfance, la modernisation de la protection sociale et du système de santé
    Nouveaux mécanismes d’appui aux entreprises

    «Le Maroc a enregistré d’importantes avancées économiques et sociales, ce qui fait grandir les aspirations de la population, en particulier chez les jeunes». C’est ce qu’a souligné Marie Françoise Marie-Nelly, directrice des opérations de la Banque mondiale pour le Maghreb, lors de la présentation du nouveau cadre de partenariat avec le Maroc, hier à Rabat.

    Aujourd’hui, l’objectif est de capitaliser sur les réalisations. «Nous avions pris beaucoup de retard en matière de réalisation des infrastructures, mais nous avons réussi à réduire les déficits», a expliqué, pour ça part, Lahcen Daoudi, ministre des Affaires générales et de la Gouvernance. C’est ce qui explique, selon lui, le faible impact des investissements en termes de création de nouveaux emplois. Pour lui, le pays a d’abord jeté «les bases d’un vrai décollage économique».

    A travers ce nouveau partenariat avec la Banque mondiale, l’idée est de favoriser la rentabilisation des chantiers réalisés, notamment à travers la mobilisation des ressources humaines qualifiées (voir 3 questions à Mme Marie Françoise Marie-Nelly).

    Ce nouveau cadre, approuvé par le Conseil des administrateurs du groupe de la Banque mondiale en février dernier, est qualifié «d’ambitieux et flexible». Il s’articule autour de plusieurs axes. En tête, favoriser la création d’emplois dans le secteur privé, renforcer le capital humain et promouvoir un aménagement du territoire résilient et profitant à tous.

    Pour le 1er axe, relatif à la création d’emplois, «les efforts s’attacheront à accroître la concurrence et à améliorer l’environnement des entreprises, en particulier les PME». Sur ce point, la Banque mondiale mettra à contribution ses différentes institutions, comme la Bird et l’IFC. L’idée est d’accompagner le Maroc pour optimiser les ressources dont il dispose pour son développement, en faisant appel aux financements privés ou aux partenariats public-privé.

    Les autorités publiques devront s’occuper seulement de ce qui ne peut être fait par le privé, a précisé Marie Françoise Marie-Nelly. De son côté, Xavier Reille, responsable des opérations de l’IFC pour le Maroc, l’Algérie et la Tunisie, a expliqué que cette institution «va amplifier son soutien financier et ses services conseil afin d’exploiter tout le potentiel du secteur privé, en faveur de la création d’emplois et de croissance inclusive».

    Pour ce qui est de la mise à niveau du capital humain, l’objectif est de «doter le Maroc des compétences nécessaires». Un engagement qui coïncide avec le lancement de la mise en œuvre de la réforme du système éducatif. Dans le nouveau cadre de partenariat avec la Banque mondiale, l’accent sera mis sur la petite enfance et sur la qualité de l’éducation à tous les niveaux.

    En plus des aspects liés à l’enseignement, l’axe relatif au capital humain concerne également la modernisation des filets de protection sociale et l’amélioration des performances du système de santé.

    L’appui de la Banque mondiale pour la prochaine période concernera également la réduction des disparités territoriales, notamment en visant «les régions les moins développées du pays». L’intervention de cette institution portera sur la promotion de la répartition équitable des infrastructures et des services à l’échelle du pays. Meilleure gestion des ressources hydriques et préparation contre les chocs du changement climatique figurent également au menu.

    Digitalisation

    L’adoption du nouveau cadre de partenariat avec le Maroc, pour la période 2019-2024, a été également marquée par la décision d’accorder au pays un appui financier qui s’élève à 611,3 millions d’euros, destinés à l’accélération de l’adoption des technologies numériques. Celles-ci devront constituer «une source d’emplois, de croissance et de services de meilleure qualité». Cela permettra, selon les responsables de la Banque mondiale, de favoriser la transformation de l’économie marocaine et d’en faire un moteur de développement plus inclusif.

    M.A.M.

                                                                      

    Trois questions à Marie Françoise Marie-Nelly

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    Marie-Nelly, directrice des opérations de la Banque mondiale pour le Maghreb (Ph. Bziouat)

    - L’Economiste: Le développement du capital humain est au centre de vos préoccupations. Quelle est votre évaluation de la réforme de l’enseignement menée au Maroc?
    - Marie Françoise Marie-Nelly:
    Le Maroc a réussi à atteindre les objectifs du millénaire en 2015, en matière de généralisation de la scolarisation des enfants. Actuellement, le véritable défi est lié à la qualité de l’enseignement.
    La Banque mondiale n’était pas engagée dans ce domaine à travers l’ancien cadre de partenariat. Maintenant, nous sommes impliqués dans ce chantier, en mettant l’accent sur plusieurs aspects, notamment l’éducation de la petite enfance, à travers le préscolaire, en plus de l’amélioration de la qualité, avec de nouvelles approches pédagogiques, l’utilisation d’outils technologiques… C’est un chantier de longue haleine.

    - Comment le Maroc peut-il favoriser l’intégration des «ni-ni»?
    - Il faut agir des deux côtés, c’est-à-dire sur l’offre et la demande. Il s’agit de former des jeunes en fonction de besoins spécifiques, en tenant compte du potentiel de chaque région. Nous avons mené une expérience pilote à Marrakech, qui sera dupliquée au niveau du reste du territoire.

    - L’informel constitue une véritable plaie pour tous. Comment réintégrer ce potentiel dans un circuit légal?
    - Le statut d’auto-entrepreneur est un véritable atout. Idem pour la microfinance qui offre des solutions dans ce domaine, notamment à travers l’appui aux TPE. L’IFC est mobilisée dans ce domaine, notamment à travers l’accompagnement des associations de microcrédit. L’accès à l’emploi figure également en tant que pilier principal du nouveau cadre de partenariat avec le Maroc.

    Propos recueillis par Mohamed Ali MRABI

     

     

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