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    Mon patron me surcharge!: Je suis «trop» compétent, est-ce grave docteur?

    Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5471 Le 12/03/2019 | Partager
    Talentueux et super efficaces, des profils peuvent pourtant stagner!
    Leurs N+1 préfèrent les garder au même poste, là où ils excellent
    Un scénario courant dans le secteur IT
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    Les patrons sont parfois tentés de garder certains de leurs talents dans des postes précis, car c’est là qu’ils produisent le plus de valeur ajoutée. Leurs possibilités d’évolution sont ainsi limitées

    Est-ce toujours bon de faire preuve d’une grande compétence en entreprise? D’être ultra efficace, engagé à 200% dans ses missions, entièrement dévoué à son entreprise, de donner plus en permanence... La question peut paraître insensée. «Bien sûr qu’il faudrait l’être», diraient certains. Elle n’est, cependant, pas aussi simple qu’elle en a l’air.

    Etre très ou «trop» compétent peut ne pas vous apporter que des bénéfices, bien au contraire. Les gros dossiers, ce sera toujours pour vous. A priori, c’est un signe de confiance de  votre employeur, et de reconnaissance de vos talents. Jusque-là, tout va bien.

    Toutefois, certains patrons ne ménagent pas leurs meilleures ressources. Ils les font travailler deux fois plus que leurs collègues, pour la même rémunération. Ils usent et abusent de leurs dons et de leur dévouement. Ce schéma n’est pas rare dans les petites et moyennes entreprises. Pis encore, ils sont tentés de les faire stagner au même poste, car c’est là où ils sont le plus rentables. Etre «trop» compétent peut donc, paradoxalement, stopper net votre carrière.

    «Ce scénario est courant dans le secteur des IT, où des patrons, surtout d’entreprises classiques, essaient de maintenir les profils les plus compétents à leur poste, parce qu’ils y créent directement de la valeur ajoutée. Surtout, s’ils ne sont bons que sur la partie technique», témoigne Khalid Jababdi, DRH de Uniforce/Forum, groupe Medtech. «Ils augmentent leur salaire, mais les dissuadent de chercher à s’ouvrir sur d’autres horizons, tant qu’ils sont bons là où ils sont», poursuit-il.

    En développant seul de nouvelles compétences il reste, cependant, possible de s’ouvrir des possibilités d’évolution supplémentaires.

    «Maintenir le statu quo sur la carrière de son collaborateur parce qu’il est bon est le pire schéma qui puisse exister. Un vrai manager est celui qui fait grandir les talents autour de lui, et qui donne envie à d’autres de le rejoindre», estime Sanaa Benchekroun, DRH du groupe Majorel pour la France et l’Afrique de l’Ouest.

    «Toutefois, chaque collaborateur reste acteur de sa carrière. Il a le devoir de se former, de développer des compétences, et d’être exigent par rapport à ses opportunités d’évolution», ajoute-t-elle. Rester passif ne mène donc à rien.

    «Ce qui est mauvais, c’est de marcher avec l’affect. Relever sans réfléchir des challenges, ne pas prendre de recul, penser que le patron vous fait confiance et vous attendre inconsciemment à une reconnaissance», pense, pour sa part, Laura Dumoulin-Minguet, DRH de Masen, executive coach.

    «Il s’agit, pour le coup, d’un manque de compétence. Un talent sait développer son savoir-faire, mais aussi, discerner les situations, négocier, demander des arbitrages…», poursuit-elle. Au final, c’est votre attitude par rapport à votre carrière qui détermine votre évolution.

    Ahlam NAZIH

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