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    Analyse

    Négoce de céréales: Comment le Maroc assure ses stocks

    Par Noureddine EL AISSI | Edition N°:5467 Le 06/03/2019 | Partager
    Plus de 40% des besoins en blé tendre couverts par les importations
    Le Marocain consomme six fois plus de pain que le Français
    Fluctuations des cours, logistique,… les préoccupations des opérateurs de la filière

    Garantir l’approvisionnement régulier du marché local en céréales, particulièrement le blé tendre, constitue un enjeu stratégique pour la sécurité alimentaire du pays. Cela s’explique notamment par deux facteurs: le premier est en rapport avec l’importance de la consommation nationale en céréales.

    Au Maroc, la consommation moyenne de blé tendre par an et par habitant avoisine 200 kg, «ce qui représente trois fois plus que la moyenne mondiale, et six fois la consommation française de pain», signale Jamal M’hamdi, président de la Fédération nationale des négociants en céréales et légumineuses (FNCL).

    Le deuxième facteur concerne la dépendance aux importations du fait que la production nationale n’arrive pas à assurer l’autosuffisance. Durant les cinq dernières campagnes agricoles, la moyenne de la production nationale des céréales enregistrée était de 83,65 millions de quintaux, dont 42 millions de blé tendre, rappelle le président de la FNCL. Cela a permis au Maroc de couvrir ses besoins en céréales à hauteur de 55,54%, ajoute-t-il, et le reste provient du marché international.

    En volume, cela se traduit par des importations de l’ordre de 67 millions de quintaux de céréales, dont 33 millions de blé tendre et 21 millions de maïs. M’hamdi tient à souligner le rôle joué par les 26 membres composant la FNCL dans l’approvisionnement du marché local en répondant aux besoins notamment des minoteries.

    «En plus des 90% des importations de céréales, nos adhérents interviennent également pour assurer la collecte et la commercialisation de plus de 80% de la production nationale de blé tendre», explique le président de la FNCL. Tout cela pour un montant avoisinant 8 milliards de DH.

    L’opération d’importation des céréales est complexe nécessitant une veille permanente en vue d’éviter les risques de parcours, à commencer par les fluctuations des cours sur le marché international, fait-il observer. En général, les opérateurs ont recours à deux mécanismes d’achat. Il y a la méthode appelée «Falte» où le prix y compris le fret est fixé à l’avance avec le fournisseur.

    La deuxième méthode consiste en l’achat à terme avec une prime adossée à un marché (bourse) où l’importateur va intervenir pour effectuer des ordres d’achats sur une période donnée. Cette méthode est largement pratiquée par les importateurs car elle permet de les protéger des risques de fluctuation du prix de produit de base.

    A signaler que le coût pratiqué actuellement pour le blé tendre local est compris entre 245 et 255 DH le quintal. Les tarifs concernant le blé tendre importé varient, eux, entre 260 et 270 DH.  En plus de tous les risques encourus, la profession est aussi victime des aléas de gouvernance et logistique portuaire qui entraînent des retards dans le déchargement des navires, ce qui se traduit par des coûts supplémentaires (voir entretien).

    Par ailleurs, le suivi de l’approvisionnement de ce marché est assuré par l’Office national interprofessionnel des céréales et des légumineuses (ONICL). Ce dernier apporte l’assistance technique et l’information nécessaires aux différents intervenants sur le marché: importateurs, commerçants, minotiers, stockeurs... A cela s’ajoute la gestion des silos portuaires à Casablanca, Agadir, Safi et Nador.

    Parmi les missions phares de l’ONICL, la protection de la production nationale via les droits de douanes et la promotion de sa commercialisation. Pour ce dernier point, plusieurs opérations sont gérées par l’Office pour le compte de l’Etat pour un budget qui varie entre 2 et 5 milliards de DH. Une grande partie de ces opérations concerne la farine subventionnée et le blé tendre local. Ainsi, l’ONICL s’occupe de la gestion des appels d’offres (AO) du blé tendre pour farines subventionnées.

    Près de 6 AO sont lancés par an, signale El Bachir Arbani, Chef de la division de la commercialisation (production nationale-importation) à l’ONICL. Cela permet d’assurer l’approvisionnement de 45 zones de fabrication de la farine subventionnée à l’échelon national. En plus des AO, l’Office assure également d’autres opérations comme notamment la compensation des farines subventionnées et leur transport ainsi que la prime de stockage et la subvention forfaitaire.

    Réglementation du marché

    Le marché des céréales et des légumineuses est réglementé par un cadre juridique réglementé notamment par la loi n° 12-94 relative à l’Office national interprofessionnel des céréales et des légumineuses (ONICL) et à l’organisation de ce marché. Selon l’article 24 de cette loi, l’importation et l’exportation des céréales, des légumineuses et des produits qui en sont dérivés sont libres. Mais la gestion de ce secteur sensible et stratégique est sous la supervision de l’ONICL. Ce dernier a pour mission principale d’assurer le suivi d’approvisionnement du pays de ces produits et intervenir en cas de situations exceptionnelles à travers notamment des achats et des importations.

    Noureddine EL AISSI

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