×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Economie

    Informel: 21% du PIB non agricole hors radars

    Par Hassan EL ARIF | Edition N°:5467 Le 06/03/2019 | Partager
    Un manque à gagner de 40 milliards de DH par an
    Une étude commandée par la CGEM au cabinet Roland Berger
    manque_a_gagner_067.jpg

    34 milliards de DH échappent chaque année au Trésor

    L’étude commanditée par la CGEM auprès du cabinet Roland Berger et rendue publique en avril 2018 estime le poids de l’informel à 21% du PIB non agricole. Elle avait pour objectif de cerner le phénomène dans tous ses aspects et de faire le benchmark avec des pays similaires.

    L’informel prend plusieurs formes telles que la sous-facturation à l’export et à l’import. Ainsi, la part de l’informel dans les importations est estimée à 40 milliards de DH, soit 10% du volume global. Il s’agit principalement de la sous-facturation (environ 36 milliards de DH), de la contrebande, de la sous-déclaration... L’informel peut également porter sur la non-déclaration de l’ensemble des employés, la minoration du chiffre d’affaires, la contrefaçon…

    Pour le gouvernement, l’informel représente un filet social salvateur. Il permet parfois d’accéder à des produits et à des services à des prix défiant toute concurrence. Cependant, il comporte des risques importants en termes d’hygiène, de santé, de respect de la chaîne de froid… De plus, il menace la compétitivité des entreprises car il exerce  une forte pression sur les prix et génère une perte de parts de marché ainsi qu’une destruction de valeur. D’où des pertes d’emplois déclarés.

    De nombreux pays sont confrontés à ce fléau, mais ont fini par trouver une solution pour l’intégrer dans l’économie officielle. Le Chili, par exemple, a procédé à la simplification des régimes juridique et fiscal des micro-entreprises en menant des campagnes de sensibilisation sur les avantages de la couverture sociale. Des aides financières ont accompagné l’intégration dans l’économie formelle. Les chefs d’entreprise ont bénéficié d’une réduction de la fiscalité de l’emploi et de la part patronale dans les cotisations sociales dans le cadre des CDI.

    Pour lutter contre la contrebande, le gouvernement chilien a pris des mesures pour réduire l’impact de la TVA. En parallèle, il a renforcé les moyens de contrôle. Ce qui a permis de réduire de 10% le poids de l’informel.

    De son côté, la Turquie a simplifié les démarches administratives en faveur des PME et des TPE et accordé des subventions à la création d’entreprise. Le gouvernement turc a réduit les cotisations sociales en instaurant l’obligation de verser les salaires sur un compte bancaire. Pour une plus grande traçabilité, il a mis en place des bases de données partagées entre les différentes administrations.

    Plusieurs secteurs d’activité ont enregistré des baisses de TVA. Cette stratégie, accompagnée du renforcement du système d’audit des entreprises et d’un plan anti-corruption, a permis de réduire de 20% le poids de l’informel. D’autres pays, comme la Bulgarie, ont fait preuve d’inventivité en proposant un contrat de travail saisonnier comme alternative à l’emploi informel ou encore la flexibilité de l’emploi (Slovaquie).

    D’autres mesures ont permis de réduire l’informel comme l’exonération de cotisations sociales la première année (Montenegro), la facilitation de l’accès au crédit (Rwanda), un système d’alerte en cas de minoration du chiffre d’affaires par rapport à une moyenne sectorielle régionale (Estonie). L’Inde a opté pour le paiement mobile pour «une économie 0 cash».

                                                                     

    Le pack de la confédération patronale

    douanes-informel-067.jpg

    Saisie de 100 tonnes de marchandises de contrebande dans un dépôt situé à Ouled Salah, dans la région de Casablanca (Ph. L’Economiste)

    La CGEM propose l’amélioration de l’attractivité de l’économie formelle via une meilleure compétitivité des entreprises. Ce qui passe par la réduction du gap au niveau de la pression fiscale entre l’économie formelle et informelle. Ce qui passe par l’allègement de la fiscalité du travail et celle relative aux outils de production, la simplification de la TVA, «l’augmentation des droits de douane sur l’importation de produits finis, notamment le textile».

    Le patronat propose également d’être associé à l’action du gouvernement pour identifier les leviers de l’économie souterraine comme il l’avait été dans le cadre de la lutte contre la sous-facturation et la sous-déclaration. Le secteur privé pourrait également être impliqué dans l’élaboration de prix d’alerte vs le prix de revient.

    Le pack de la CGEM prévoit également un plan d’accompagnement des unités informelles pour basculer vers l’économie formelle, notamment à travers un appui à l’accès aux marchés et un renforcement de leurs capacités. La corruption est un des facteurs favorisant l’économie informelle. Pour y mettre un terme, il est suggéré de simplifier les procédures et d’en digitaliser le maximum. Ce qui permettra de supprimer le contact humain et donc les risques de corruption.

    La confédération patronale se montre intraitable envers la contrebande. Elle propose que les contrôles soient renforcés afin d’en assécher les flux. Reste à voir quelle attitude aura la douane qui avait ramolli certains contrôles il y a quelques semaines en réaction aux récentes grèves des commerçants.

    Hassan EL ARIF

     

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc