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    Reportage

    A Istanbul, au détour du grand bazar...

    Par Jaouad MDIDECH | Edition N°:5465 Le 04/03/2019 | Partager
    4.000 boutiques sur 200.000 m² couverts et 250.000 acheteurs/visiteurs par jour
    Les Marocains installés en Turquie choisissent le commerce et les usines de confection
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    Après notre plongée dans les différents monuments de la ville, deux promenades se sont imposées, mais impossible de faire tous ces sites le même jour. La première, en bateau, sur le Bosphore.

    Il y a des croisières plus longues, mais une ballade d’une heure et demie est suffisante pour permettre d’apprécier les deux rives de la mégalopole, les ponts suspendus sur le détroit, et les yalis bordant la mer, ces espèces de résidences aristocratiques construites sur les rives du Bosphore, dont quelques-unes datent déjà du XVIIIe siècle. La réservation se fait au guichet avant le départ: 25 TL (4 euros).

    L’autre promenade devra se faire à pied: le bazar d’Istanbul appelé «Kapali Çarsi» (littéralement «marché couvert» en turc), l’un des plus grands du monde. Il n’y pas mieux pour faire du shopping turc. Carrefour des commerçants qui viennent de toutes les régions du monde, depuis des siècles, échanger et vendre leurs marchandises.

    4.000 boutiques y offrent leurs produits sur 200.000 m² couverts: épices, confiserie, fruits secs, habits traditionnels turcs, cuir, bijoux, argenterie, tapis…, bref, le grand bazar d’Istanbul, c’est 250.000 acheteurs/visiteurs par jour. Faire attention aux pickpockets et, surtout, bien marchander. Le mieux pour faire des bonnes affaires est de quitter le bazar, et aller se promener dans les rues adjacentes, on y offre quasiment les même produits, avec des prix plus bas.

    Et l’on y fait quelques rencontres, avec des Marocains installés à Istanbul, qui se sont convertis au commerce, des centaines travaillent dans des usines de confection. Mais pas uniquement, on y trouve aussi des Irakiens, des Egyptiens, des Jordaniens et, surtout, des Syriens, la communauté la plus importante actuellement en Turquie.

    On y entend parler la langue arabe autant que la turque. Dans une bijouterie, nous rencontrons Fadwa (un nom d’emprunt), une jeune fille de 19 ans, du quartier Sebata de Casablanca. Elle nous entend parler la darija marocaine, elle accourt pour nous aider. A peine son bac sciences maths en poche (avec 16,50 de moyenne), au lieu de continuer des études scientifiques brillantes, elle choisit d’émigrer à Istanbul.

    «Je n’avais pas le choix. Mes parents n’ayant pas de quoi financer mes études, ils m’ont priée de me débrouiller. Le seul pays sans visa est la Turquie, je suis venue dans l’espoir d’apprendre le turc et de m’inscrire dans une école d’ingénieurs locale…», raconte-t-elle.

    Elle habite en colocation avec une autre Marocaine, venue pour le même objectif, sauf que pour cette dernière, il fallait envoyer de l’argent et d’une façon urgente aux parents, et elle n’avait d’autre solution que de vendre tout ce qu’elle possède, son corps… L’argent facile, les touristes du Golfe savent où et avec qui le dépenser, le pays le plus proche est la Turquie, ou l’Egypte… Mais c’était avant l’affaire Khashoggi et les Saoudiens ne sont plus en odeur de sainteté en Turquie… Quant à Fadwa, elle résiste encore. Elle préfère gagner 70 livres par jour dans cette bijouterie que des centaines dans «ce sale boulot», comme elle le qualifie.

    La course-poursuite de James Bond

    La partie la plus ancienne du grand bazar date de 1455 et a été construite en bois sur ordre de Mehmed II, à l'emplacement d'un ancien marché. Au XVIe siècle sous Soliman le Magnifique, il a été considérablement élargi. Il a été restauré et partiellement reconstruit, à la suite d'un tremblement de terre en 1894. Il fut ravagé plusieurs fois par des incendies, dont le dernier est survenu en 1954, détruisant la moitié du bâtiment. Comme tous les bazars, il est organisé par quartiers regroupant chacun un certain type d’artisanat: bijoux, tapis, textiles, mosaïques, argenterie… Au centre, se trouve une vaste salle voûtée, le Bedesten, sorte de marché aux puces où s'entassent d'innombrables vieilleries: armes anciennes, bijoux, parures, vaisselles, argenteries, pièces de monnaie, etc.
    Dans Skyfall, James Bond fait une course-poursuite à moto sur les toits du grand bazar..

    J.M.

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