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    Reportage

    A cheval sur l’Europe et l’Asie, Istanbul séduit par ses monuments et son Bosphore

    Par Jaouad MDIDECH | Edition N°:5465 Le 04/03/2019 | Partager
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    Ville cosmopolite, Istanbul est la 10e la plus visitée au monde (Ph. J.M.)

    Istanbul, la cosmopolite, visitée par 10 millions de touristes par an venant de toutes les régions du monde, séduit par sa mosquée bleue, sa basilique Aya Sofia, le palais Topkapi, son Bosphore séparant l’Europe de l’Asie, et son grand bazar. Un pays sans visa pour les Marocains, de plus en plus s’y installent et d’autres, par milliers, s’y rendent comme touristes tous les ans.

    Istanbul, une ville cosmopolite, la 10e la plus visitée au monde. Cela se voit dès l’aéroport Atatürk, le plus grand de Turquie. Dans les files d’attente au contrôle de sécurité, plutôt rapide, toutes les nationalités sont présentes. Un aéroport, c’est l’image d’un pays, l’on y mesure le degré d’organisation, d’accueil et de tolérance dès cette frontière.

    L’agent qui vérifie notre passeport, une jeune femme légèrement voilée, n’a pas mis plus de 15 secondes pour apposer son cachet, sans poser la moindre question, et nous restituer le document. Il n'existe pas de visa entre le Maroc et la Turquie, et l’admission dans ce pays à cheval sur deux continents, l’Europe et l’Asie, n’est assortie d’aucune condition pour bon nombre de ressortissants à travers le monde.

    10 millions de touristes venus de 198 pays

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    L'un des ponts vu à partir du bateau de croisière sur le Bosphore (Ph. J.M.)

    La Turquie, comparativement à d’autres pays de la région (Syrie, Irak, Egypte, Jordanie, Iran, Roumanie…), reste ouverte malgré sa situation géographique sensible, l’exposant à tous les risques, sans parler du sempiternel conflit qui oppose le gouvernement aux 20 millions de Kurdes y vivant. S’ajoutent les pressions douanières si fortes du président Trump sur ce pays, dont l’une des conséquences a été la dévaluation de la livre turque, qui a perdu, en 2018, plus de 40% de sa valeur face au dollar et à l’euro. Comme le malheur des uns fait le bonheur des autres, ce sont les touristes qui en sont les gagnants: un billet de 100 euros est échangé contre 600 livres turques.

    Istanbul, c’est 10 millions de touristes par an (sur plus de 40 millions dans tout le pays), venus, en 2018, de 198 pays différents.

    Pour se rendre au centre de la ville, la place Taksim (l’Istanbul moderne), ou Sultanahmet (le vieux Istanbul) où sont concentrés les plus emblématiques sites historiques de la ville, le voyageur n’a que l’embarras du choix: métro, bus-navette et taxis.

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    La Tour Galata, haute de 68 mètres, large de 16 mètres de diamètre, il s’agissait, au moment de sa fondation en 1348, de la plus haute construction d’Istanbul (Ph. J.M.)

    A des prix imbattables. Nous choisissons le moyen le plus rapide et le moins encombrant à cause des bagages, le taxi, de couleur jaune, qui attend les passagers dès leur sortie de l’enceinte de l’aéroport. Mais attention aux rabatteurs, ils sont là, comme dans tous les aéroports du monde, à piéger quelques voyageurs étourdis. 60 livres turques (10 euros) jusqu’à la place Taksim, c’est le tarif que le chauffeur nous a demandé, beaucoup moins cher en tout cas qu’un taxi entre le centre de Casablanca et l’aéroport Mohammed V (entre 250 et 300 DH).

    Une fois au centre d’Istanbul, on ne peut qu’être envahi par ce sentiment étrange: contempler l’histoire millénaire d’une ville bâtie au fil des siècles. Elle fut la Byzance des Grecs, puis la Constantinople de l’Empire romain d’Orient, enfin la capitale des sultans ottomans, avant qu’elle ne soit laïcisée et européanisée par Mustapha Kemal Atatürk au XXe siècle.

    La sensation est encore plus forte lorsque le chauffeur emprunte l’un des trois ponts (dénommé «Martyrs du 15-Juillet») suspendu sur le Bosphore, reliant la rive asiatique de l’européenne, pour regagner la rue Omar Khayyam où se trouve notre hôtel.

    Ces trois ponts à eux seuls (le dernier, inauguré en 2016, long de 1408 mètres, est à la fois suspendu et haubané, projet titanesque construit en trois ans et demi) nous confirment l’image d’un pays fort développé à bien des égards. Sur les eaux miroitantes du détroit reliant la mer Noire et Marmara naviguent des barques et des bateaux, avec des touristes à bord; sur le pont, des pêcheurs, la canne à la main, le regard fixé sur l’eau, attendent une prise.

    Entre le muezzin et les cloches d’une église

    La première chose à faire, une fois à Istanbul, est d’aller visiter trois monuments historiques, la fierté de la ville, situés sur la rive historique de la mégalopole, Sultanahmet: Sainte Sophie (Aya Sofya müzesi), la mosquée bleue (Sultanahmet Camii) et le palais Topkapi. Pour les atteindre depuis la place Taksim, -et c’est la meilleure façon de prendre connaissance avec la cité-, est de marcher à pied.

    Prendre la rue piétonne dénommée Istiklal, longue de 3 km, jusqu’au quartier génois qui abrite la Tour Galata, traverser, après, le pont pour se trouver à Sultanahmet (quartier Fatih). Boutiques, cafés, restaurants, salles de cinéma, magasins de musique, banques, boîtes de nuit, pâtisseries, chocolateries, bureaux de change… élisent domicile sur cette rue, le touriste non pressé n’a que l’embarras du choix, s’il est fatigué, il pourra s’asseoir sur la terrasse d’un café et commander un turkish café.

    Et regarder passer des femmes en mini-jupes ou voilées, sans être importunées ou harcelées par quiconque. Sur la même rue, et dans tout Istanbul, on peut entendre le muezzin d’une mosquée comme les cloches d’une église voisine appeler à la prière, la liberté de culte est sacrée.

    Avant de traverser le pont et d’entamer la visite des trois sites, un arrêt s’impose à quelques mètres du Bosphore: la Tour de Galata. Haute de 68 mètres, large de 16 mètres de diamètre, il s’agissait, au moment de sa fondation en 1348, de la plus haute construction d’Istanbul. Quelques touristes se bousculent à l’entrée pour réserver un ticket et monter scruter, depuis son sommet, le tout Istanbul.

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    Les yalis bordant la mer, ces résidences aristocratiques construites sur les rives du Bosphore, dont on peut apprécier le paysage en bateau lors d'une balade (Ph. J.M.)

    La Tour Galata est un pâle monument comparé à l’imposante basilique Sainte Sophie, classée 8e merveille du monde. Ne pas la visiter c’est comme se rendre au Caire et ne pas aller voir les pyramides, visiter Rome et rater le colisée. Fondé au VIe siècle, à l’époque de Constantinople, cet édifice impressionne par le matériau de construction déployé, mosaïque, marbre, gravure, peinture, hauteur des plafonds, et par la coupole aérienne à laquelle sont suspendues des lustres en or impressionnants.

    L’édifice, passé aux mains des Ottomans sous le règne du sultan Mehmed II au XVe siècle, -qui le transforme, depuis, en mosquée-, subit des travaux de restauration permanents: des échafaudages interdisent en ce moment l’accès à une partie du monument.

    Aya Sofia n’est plus un lieu de culte à l’heure actuelle, l’édifice est classé comme musée à partir de 1934. Depuis 9h, son heure d’ouverture, c’est un flot de touristes, de toutes les nationalités et de tout âge, qui font la queue pour avoir leur ticket: 60 livres turques (TL) -10 euros-.

    On entend parler toutes les langues à l’intérieur de ces monuments, dont la darija marocaine. Des milliers de Marocains vivent en effet d’une façon permanente en Turquie, les touristes marocains qui viennent tous les ans à Istanbul sont légion: la ville possède des attraits extrêmement séduisants et les prix pratiqués par quelques agences de voyages sont encourageants, un vol aérien régulier est assuré par la RAM et par Air Arabia.

    A moins d’une centaine de mètres de Sainte Sophie se dresse la mosquée bleue, Sultanahmet Camii, fondée par le sultan Ahmet 1er en 1616. Contrairement à sa voisine Sainte Sophie, sa visite est gratuite, mais pas avant d’avoir ôté et rangé ses chaussures dans un sac, plastique; les femmes, elles, quelle que soit leur religion, sont priées, en plus d’avoir les pieds sans chaussure, de voiler leur visage et leur tête: des foulards sont mis à leur disposition à l’entrée de l’édifice.

    Pourquoi la mosquée bleue? Parce que plus 21.000 carreaux de faïence tapissant les parois sont à fond bleu, et c’est l’un des joyaux de l’art musulman. Sa notoriété vient aussi de ses six minarets, dont seules se parent les mosquées les plus sacrées. Plusieurs histoires circulent à propos de cette mosquée, dont celle-là: le sultan qui avait décrété sa construction tenait à ce nombre de minarets.

    Pour ne pas offenser les autorités religieuses musulmanes de l’époque, qui ne voyaient pas d’un bon œil plus de minarets que sur la mosquée de la Mecque, le sultan offrit la construction d’un 7e à cette dernière, qui était la seule de tout l’empire islamique à en posséder déjà 6.

    Un troisième site incontournable à visiter, à quelques mètres de la mosquée bleue, le palais Topkapi. La mégalomanie de l’empire Ottoman se mesure à ce monument, qui servit d’habitation aux sultans, les eunuques, les Cariyes (femmes du harem)…, pendant 4 siècles (de 1465 à 1853). 4000 personnes y vivaient quotidiennement. Inscrit au patrimoine de l’Unesco en 1985, ce palais a été décrit comme un ensemble incomparable de bâtiments, construit sur 4 siècles, unique par la qualité architecturale. A ne pas rater.

                                                                                          

    Sainte Sophie, un peu d’histoire

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    L'intérieur de Sainte Sophie (Ph. J.M.)

    Inaugurée en l’an 537, la basilique Sainte Sophie, telle qu’elle est à l’heure actuelle, a nécessité pour sa construction plus de 10.000 ouvriers. Elle a été réalisée en un temps record: 5 années, 10 mois et 10 jours pour élever dans le ciel son audacieuse coupole, large de 32 mètres de diamètre, haute de 36 mètres, posée sur 4 énormes piliers.

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    Aya Sofia , basilique fondée au VIe siècle, n’est plus un lieu de culte à l’heure actuelle. L’édifice est classé comme musée à partir de 1934 (Ph. J.M.)

    C’est un prodige architectural, s’émerveillent les spécialistes de la construction, même la grande mosquée d’Istanbul, celle de Soliman le magnifique, construite 10 siècles plus tard (entre 1550 et 1557), ne l’aura pas égalée. La littérature dédiée à ce monument raconte, version reprise par les guides rencontrés au cours de notre visite, que, pour sa construction, carte blanche a été donnée aux entrepreneurs pour que l’édifice atteigne le summum de la perfection.

    Quitte à ce qu’ils pillent tous les monuments païens d’Europe et d’Asie, depuis le gymnase d’Ephèse jusqu’aux temples d’Athènes et de Delphes. Toujours selon les chroniqueurs, l’empereur Justinien qui commanda la construction de la basilique avait comme ambition de réaliser le plus grand monument de la chrétienté au monde, plus mégalo que lui, il n’y avait pas à l’époque.

    Pari gagné pendant plus de 1000 ans, cet édifice, symbole de la chrétienté triomphante, n’a été détrôné qu’avec la construction de la basilique Saint-Pierre de Rome, en 1626.

    Jaouad Mdidech

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