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    International

    Venezuela: Epreuve de force aux frontières

    Par Amin RBOUB | Edition N°:5464 Le 01/03/2019 | Partager
    Américains et Russes s'affrontent à l'ONU
    Blocage des aides humanitaires, défection de militaires, la rue en ébullition

    La tension monte entre Maduro et Guaido. Depuis quelques jours, c'est le sauve-qui-peut à la frontière colombienne. C'est la panique générale. Plusieurs dizaines de militaires font défection et désertent vers la Colombie.

    «Quand le premier camion a passé la frontière, ils ont commencé à tirer des gaz lacrymogènes et lancer des grenades ... Ils avaient des uniformes de la police nationale, bleu marine...» témoignent des Vénézuéliens au niveau de la frontière. Il va sans dire que les aides humanitaires constituent un bras de fer entre les pro-Maduro et les partisans de Guaido. Plus encore entre les alliés de la Russie et ceux des Etats-Unis.

    De sources concordantes, si les aides ne passent pas, ce serait une victoire sans appel de Maduro. Mais une victoire contestée, car faite sur les cadavres de ceux qui demandent de l'aide pour survivre, ou encore ceux qui optent pour le changement, plus de démocratie et une ouverture sur le monde. Ce qui risque de prolonger encore plus la tension dans un Etat totalitaire sous l'emprise de l'armée.

    Certes, les pro-Guaido n'arrivent pas encore à éjecter Maduro, ni à réussir à faire entrer les aides humanitaires, mais il va sans dire que cette opposition suscite de fortes attentes, de l'espoir et de la «sympathie» dans la rue tant au Venezuela que dans le reste du monde. De l'avis d’experts, quoi qu'il en soit, l'opposition gagne chaque jour du terrain avec de plus en plus de sympathisants.

    Pour débloquer cette situation, de nombreux Vénézuéliens s'attendent à une intervention militaire nord-américaine. Sauf que jusque-là, les menaces de Donald Trump ne sont pas suivies d'effet. L'armée US sait pertinemment qu'une intervention militaire aura des conséquences lourdes sur la région. D'autant plus qu'elle ne sous estime pas la réaction des militaires de Maduro.

    Plus encore, une intervention militaire américaine peut susciter la colère de l'artillerie lourde russe. Ceci étant dit, tout porte à croire que les Etats-Unis privilégient la piste des sanctions économiques, pour isoler encore plus voire asphyxier le clan Maduro.  La prochaine étape se négociera plus sous le prisme diplomatique que via les méthodes musclées classiques qui ont montré leurs limites. En tout cas, Washington et Moscou s'affrontent à l'ONU au sujet du Venezuela.

    «Nous aurons (un vote sur) une résolution cette semaine qui appellera à permettre l'entrée d'une aide humanitaire au Venezuela», a déclaré mardi dernier l'émissaire américain pour le Venezuela, Elliott Abrams, avant une réunion du Conseil de sécurité demandée par Washington. Pour sa part, la Russie dénonce «l'ingérence américaine dans un pays souverain».

    Poutine dénonce depuis le début de la crise l'ingérence occidentale et singulièrement des Etats-Unis dans des affaires »internes« au Venezuela qui connaît une grave crise économique. La Russie  estime que la volonté américaine d'acheminer des aides humanitaires cache une volonté de renverser Nicolas Maduro par la force. Sur le même registre, Vassily Nebenzia, l'ambassadeur russe à l'ONU, a plaidé pour le respect de la «souveraineté» du Venezuela.

    Washington/Moscou

    Depuis début février, deux projets de résolution rivaux sur le Venezuela, l'un porté par les Etats-Unis, l'autre par la Russie, sont en concurrence au Conseil de sécurité. Le texte de Washington appelle à faciliter une aide humanitaire internationale et à organiser un scrutin présidentiel. Il est menacé d'un veto de la Russie voire de la Chine, qui s'opposent aux «ingérences dans les affaires intérieures» du Venezuela. Quant au projet de résolution russe, il dénonce les menaces américaines de recours à la force contre Caracas.

    A.R.

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