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    Casablanca: Quelles solutions pour la décharge de Médiouna

    Par Aziza EL AFFAS | Edition N°:5464 Le 01/03/2019 | Partager
    Silence radio auprès des élus en charge de ce dossier
    Bakkoury reconnaît qu’il y a beaucoup de complexité institutionnelle
    Et surtout de «l’improvisation»!
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    Un collectif d’acteurs associatifs, qui se sont donné le mot sur les réseaux sociaux, a investi la session d’octobre du Conseil de la ville pour protester contre le retard pris dans le traitement du dossier de la propreté à Casablanca (Ph. L'Economiste)

    La capitale économique s’apprête à opérer des choix qui l’engageront pour les décennies à venir en matière de gestion des déchets. Après 30 ans d’enfouissement à la décharge de Médiouna (et tout ce qui s’ensuit comme nuisances écologiques aux riverains), plusieurs options de valorisation sont aujourd’hui envisageables.

    Les décideurs locaux sont toujours en phase d’étude des offres suite à l’appel à manifestation d’intérêt (lancé en juin 2018). Parmi les 7 présélectionnés, la balance pencherait en faveur du candidat chinois (qui est le moins-disant), selon des sources proches du dossier. Rien ne filtre encore du côté des élus en charge de ce dossier au Conseil de la ville. D’ailleurs, ils ont brillé par leur absence lors d’une rencontre consacrée à ce thème.

    Organisée par la coalition pour la valorisation des déchets (Covad) en partenariat avec la CGEM, l’Alliance marocaine pour le climat et le développement durable (AMCDD) et l’association des enseignants des sciences de la vie et de la terre, cette rencontre  a pour objectif de dresser l’état des lieux de la gestion des déchets dans les villes marocaines(1). C’était également l’occasion d’aborder les différents scenarii pour la gestion de cette décharge, devenue au fil des ans une véritable bombe écologique.

    «J’ai toujours répété que la région de Casablanca compte 2 points noirs: sa décharge et son aéroport», regrette Mustapha Bakkoury, président de la région Casa-Settat (bien que celle-ci semble s’être dessaisie de ce dossier depuis un moment!). Bakkoury reconnaît qu’il y a beaucoup d’improvisation dans la gestion des déchets. «On donne l’impression de ne pas savoir quoi faire», poursuit-il. Selon lui, il y a beaucoup de complexité institutionnelle dans ce secteur.

    «Certes, il s’agit d’une prérogative des communes, mais celles-ci n’ont ni les moyens financiers, ni techniques, ni humains, encore moins la taille requise pour garantir des services de qualité», concède Bakkoury.

    Autrement dit, la Commune urbaine de Casablanca, à elle-seule, n’a pas les moyens de ses ambitions. Il faudra plutôt gérer ce dossier dans le cadre d’un groupement, comme l’Etablissement de coopération intercommunale (ECI), regroupant l’ensemble des 18 communes de l’ex Grand-Casablanca (qui ne prend en charge pour le moment que la mobilité).

    Le tissu associatif (AESVT, AMCDD, Covad…), qui se dit exclu du processus, se mobilise pour peser de tout son poids dans cette décision stratégique.

    «Mais attention aux mauvais réflexes de gestion des crises», prévient Mamoun Ghellab, président de l’association Zéro Zbel. Selon ce dernier, l’option d’incinération présente de gros risques. «Même les pays qui l’ont adoptée depuis des décennies commencent à l’abandonner», poursuit-il.

    Au-delà du coût élevé de cette technologie (investissement et consommation), l’incinération, polluante, est source d’émanations de dioxine (gaz cancérigène). Mais l’argument le plus important en défaveur de l’incinération est celui de la nature même des déchets casablancais.

    En effet, il s’agit de déchets essentiellement organiques (65%), trop humides pour l’incinération. De surcroît, l’installation d’incinérateurs est longue. Elle nécessite des investissements lourds (7 à 8 fois plus cher qu’une centrale électrique).

    Les acteurs d’associations écologiques plaident plutôt pour une approche globale, basée sur l’économie circulaire qui donne des alternatives à l’incinération totale et à la mise en décharge, sans empêcher la valorisation énergétique des déchets, tout en  accélérant le développement du recyclage, du tri à la source et la valorisation des déchets.

    Facteurs de succès

    Selon les représentants de l’AMCDD, les ingrédients du succès pour la gestion des déchets à Casablanca se résument à 5 facteurs-clés:
    Stratégie complète, fondée sur la pyramide de réduction des déchets (tri, recyclage, compostage, puis traitement)
    Rôle crucial des collectivités territoriales et surtout des établissements de coopération intercommunale dans la professionnalisation de service
    Urgence d’organiser un débat ouvert avec les acteurs concernés
    Sensibilisation des populations pour réussir le tri à la source
    Renforcement des moyens humains et des capacités des administrations des collectivités territoriales.

    Aziza EL AFFAS

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    (1) La  table ronde sur «La valorisation des déchets au Maroc : Quels choix durables et à forts impacts pour nos villes?» s’est tenue mercredi 27 février au siège de la CGEM à Casablanca.

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