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    Entreprises

    Livraisons/courses: La plateforme Glovo monte en régime

    Par Jean Modeste KOUAME | Edition N°:5464 Le 01/03/2019 | Partager
    Après Casablanca et Rabat, cap sur Marrakech
    Les spécificités du business model
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    Karim Debbar, DG de Glovo Maroc: «Pour optimiser leurs revenus, les coursiers ont la possibilité de travailler, en tant qu’auto-entrepreneurs, avec d’autres plateformes et structures» (Ph. F. Al Nasser)

    Ils livrent de plus en plus de repas et de plats cuisinés. Ils sont à vélo, enfourchent une motocyclette avec un caisson jaune criard derrière. Eux, ce sont les jeunes coursiers-livreurs de la plateforme Glovo. Ils ont tous un statut d’auto-entrepreneur, c'est impératif. «C’est un pré-requis au recrutement», confie à L'Economiste Karim Debbar, fondateur et dirigeant de la startup Glovo Maroc.

    En 9 mois, la plateforme a pu recruter plusieurs centaines de jeunes à Casablanca, Rabat et Marrakech. A l’origine, le concept  Glovo est né en Espagne où il a rencontré un franc succès. Ensuite, il a été déployé en France en 2016. Juste après, Glovo Maroc a été déployé en juin 2018.

    Cadeaux, burgers, pizzas, documents, prêt à porter… La plateforme livre pratiquement tout. Au total, plus de 6.000 produits sont référencés par la Market Place. Cela va du plateau repas au cadeau, en passant par des courses en tous genres. 

    Opérationnel depuis juin dernier au Maroc, le modèle économique de Glovo vient optimiser les solutions de livraison urbaine. Le concept repose sur une application qui achète, récupère et livre tout ce qui est demandé, via la plateforme, au client.

    A travers l’application, il y a un assortiment de produits que l’utilisateur peut choisir et composer son panier. Cette commande est notifiée chez le Gloveur, le coursier indépendant de Glovo, qui achète la commande et la livre à l’adresse indiquée par l’utilisateur. La startup est un opérateur de deuxième génération (Gen 2).

    A ce titre, sa plateforme est adossée à un système algorithme de machine learning qui permet de dispatcher les commandes au coursier le plus proche du restaurant, avec des trajets calculés par des algorithmes. Du coup, la start-up maîtrise la chaîne de valeur à partir de la passation de la commande jusqu’à la livraison. Il s'agit là d'une plateforme multi-catégories et multiservices.

    «La restauration et les repas cuisinés constituent la part la plus importante de l’activité», précise le jeune fondateur Debbar. Avec le service coursier express, les utilisateurs peuvent se faire livrer un document, leur chargeur, leur manteau par exemple…en payant juste la distance parcourue par le coursier.

    Le système permet à l’utilisateur de passer plusieurs commandes en même temps. Mais partant du principe que chaque coursier est affecté à une seule commande, plusieurs livreurs seront mis à disposition pour satisfaire une commande comprenant plusieurs articles.

    L'expérience démontre que le consommateur marocain est très demandeur de ce type de services. D’autant plus qu’il est habitué à consommer via la technologie (Uber, Heetch, Careem...), du fait de la forte pénétration des smartphones (70% en 2017). Pour adapter le business modèle, il n’y a pas eu d’énormes efforts à déployer. Ceci étant, des ajustements aux spécificités locales ont été opérés.

    D'abord, le paiement par carte ou cash à la livraison. Ensuite, il a fallu munir le gloveur marocain d’une «balance glovo», de l’argent que la plateforme met à sa disposition, qui augmente en fonction des paiements encaissés. «C’est là où réside la confiance que nous mettons en nos livreurs», souligne Debbar.

    En France par contre, le principe est que le coursier, muni de sa carte de crédit, achète le produit, règle l’achat, pour ensuite être payé à la livraison. Glovo capitalise sur le statut d’auto-entrepreneur pour renforcer son impact social.

    «Ce statut permet au coursier de nous facturer en tant que partenaire, les livraisons ou commandes réalisées. Toutes les deux semaines, notre système génère une facture au nom du gloveur, avec le numéro de la carte nationale, les nom et prénom ainsi que le numéro d’auto-entrepreneur. Nous le payons ensuite, sur la base de cette facture, qui tient compte de sa performance et du nombre de livraisons effectuées», explique Karim Debbar.

    Rien ne filtre sur les prévisions de chiffre d’affaires, encore moins l'investissement. «Ce qui nous intéresse le plus n'est pas tant le chiffre d'affaires, mais plutôt trouver le moyen d'apporter de la valeur et pérenniser le modèle», explique le jeune dirigeant.

    Avant d'être opérationnels via la plateforme, les jeunes aspirants gloveurs participent à deux formations. Objectif: d'abord leur expliquer le principe. Ensuite, les sensibiliser aux techniques de livraison et de communication. Une fois le candidat admis, il fournit son statut d’auto-entrepreneur ainsi qu'une fiche anthropométrique vierge. Glovo offre une box (caisson), le support pour téléphone, des formations… Petit bémol, ce modèle ne prévoit pas de sécurité sociale.

    En revanche, une assurance est contractée pour couvrir les accidents, vols, décès… pendant les heures de service. Le courtier doit absolument disposer d’un moyen de transport personnel (moto ou vélo). Finalement, contrairement au schéma classique, l'employeur n'est pas une personne physique, mais plutôt une plateforme et des algorithmes.

    Parcours

    Né en 1990, Karim Debbar a grandi à Aït Ourir, une localité située à une trentaine de kilomètres de Marrakech. Son baccalauréat en poche, il poursuit ses études à l'université Al Akhawayn, à Ifrane, dont il sort diplômé en administration des affaires. Il réalise l’essentiel de sa carrière au sein de multinationales basées au Maroc. En 2016, Karim Debbar concrétise sa passion pour les nouvelles technologies en collaborant avec Google sur des projets de politique publique. Par la suite, il rejoint Uber au poste de City Launch, Operations & Logistics Manager. Passionné par les nouvelles technologies et leur impact positif sur la vie des communautés, il prend la tête de Glovo au Maroc en 2018.

    M.Ko

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