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    Santé

    Cellules souches: Le traitement disponible au Maroc

    Par Karim Agoumi | Edition N°:5461 Le 26/02/2019 | Partager
    4 cliniques pratiquent déjà ce procédé autorisé depuis mars 2018
    Dysfonctionnement érectile, arthrose, diabète.... promesses médicales et esthétiques aussi
    Les tarifs démarrent à partir de 30.000 DH
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    Le traitement par les cellules souches débarque dans nos cliniques. Une pratique à la fois complexe et coûteuse qui permet de relancer le processus de régénération dans des parties du corps, guérir de certaines pathologies ou rajeunir les tissus cutanés (Ph. ISSCA)

    Après la difficile percée, il y a une dizaine d'années, de la technique du Plasma riche en plaquettes (PRP) au Maroc, un nouveau traitement fait désormais parler de lui. Il s'agit d'une méthode de soins, plus complexe, faisant appel aux cellules souches qui a fait son apparition dans les cliniques depuis quelques mois.

    Ce traitement, autorisé au Maroc depuis mars 2018, promet de guérir certaines pathologies, et serait tout aussi efficace pour corriger les outrages du temps. Si le procédé des PRP consistait à prélever le sang du patient, le retraiter afin de le lui réinjecter à des fins thérapeutiques et de rajeunissement, les cellules souches sont elles extraites du tissu adipeux. Traitées puis réinjectées, elles permettent de relancer le processus de régénération.

    Le recours à ces cellules (celles qui n’ont pas encore été transformées en cellules spécialisées) permettrait de guérir des maladies chroniques ou dégénératives. «Pour chaque maladie, la procédure est la même: l'extraction des cellules puis leur réinjection dans l’organisme, après traitement dans une machine spécialisée», explique Karim Zaher, biologiste et directeur d’ISSCA Maroc (société internationale pour l’application des cellules souches).

    Ces appareils, qui répondent à des normes de sécurité internationales, sont vendus par le laboratoire marocain précurseur dans le domaine Gigalab, dont il est également le président.

    A aujourd'hui, quatre organismes se sont intéressés à cette pratique. Ces traitements sont pratiqués depuis quelques mois à l’hôpital Cheikh Khalifa de Casablanca, à la clinique Al Kaoutar de Fès, au centre de chirurgie plastique Boukind de Casablanca ainsi qu’au centre Yazidi d’esthétique médicale de Rabat. «Le recours à ce type de techniques en est encore à ses balbutiements au Maroc», insiste le biologiste. D'ailleurs, les tarifs sont encore onéreux et les interventions démarrent à 30.000 DH.

    Nombreux sont les domaines d'intervention, est-il indiqué. «Il est par exemple possible de greffer ces cellules au niveau des genoux pour venir à bout de l’arthrose. Au bout de 3 à 4 séances, le cartilage peut être totalement régénéré», souligne Zaher. Autre maladie pouvant être efficacement combattue, le diabète. «Cela permet de normaliser le taux d’hémoglobine glyquée dans le sang et d’atténuer progressivement les effets de la maladie», précise Zaher.

    Le dysfonctionnement érectile peut être également guéri en partie. Les cellules souches sont introduites au niveau des corps caverneux, améliorant ainsi le drainage du sang et provoquant au final l’érection. «Une condition sine qua non, les cellules souches doivent impérativement être autologues, autrement dit appartenir à une seule et même personne», précise le scientifique.

    Ce traitement peut également être mis à profit pour un résultat purement esthétique. Contre le vieillissement, par exemple, celui-ci peut se montrer particulièrement efficace, permettant à la fois d’hydrater et de rajeunir la peau.

    «Des injections locales sont réalisées sous le derme du patient, aussi bien au niveau du visage que des cheveux ou encore du corps. Une démarche qui s’avère particulièrement bénéfique en cas de brûlure ou de blessure grave», explique Zaher. Enfin, ce processus de régénération affecte directement les fonctions vitales des organismes visés. Ce qui atténue en grande partie la douleur des patients.

    Néanmoins, si une poignée de praticiens a osé franchir le pas, beaucoup de médecins demeurent encore frileux quant à l’utilisation de ce traitement. Pour sensibiliser les professionnels à l’intérêt de son application, un congrès – le 5e organisé par l’ISSCA – vient de se tenir à l’Université Mohammed VI des sciences de la santé à Casablanca.

    Une manifestation qui a donné la parole à plusieurs spécialistes en matière de cellules souches. Parmi eux, le sud-coréen Daeyong Kim, président de l’ISSCA et du laboratoire N-Biotek, le professeur turc Cenk Eray Yildiz spécialiste en chirurgie cardiovasculaire ou encore le professeur en chirurgie plastique Elhassan Bouking, l’un des premiers à avoir testé l’expérience au Maroc.

    Cet évènement visait également à favoriser le développement de ces pratiques au niveau local et à faciliter leur financement. «Nous souhaitons créer un hub marocain en mettant en contact à la fois investisseurs et professionnels de la recherche», confie Zaher.

    Des techniques qui nécessitent au préalable un bilan médical complet pour éviter tout effet secondaire. Des analyses sanguines, des scanners et éventuellement un IRM dont les résultats sont décisifs pour décider de l’application ou non de la thérapie chez le patient.

    Former et démocratiser le recours à ces techniques

    L’ISSCA est la société internationale spécialisée dans l’application des cellules souches. L’organisme, qui propose régulièrement des formations certifiées à la médecine régénératrice, comporte une antenne marocaine créée il y a de cela six mois. ISSCA Maroc est plus précisément présidée par Karim Zaher, PDG du laboratoire qui a introduit la thérapie par les cellules souches au Maroc à travers sa société Gigalab. Dans les prochains mois, l’organisme prévoit de contribuer activement à démocratiser le recours à ces techniques par plusieurs importants programmes de sensibilisation visant les citoyens et via des formations destinées à renforcer l’expertise des médecins dans ce domaine. «L’Université Mohammed VI des sciences de la santé, l’ISSCA et ISSCA Maroc viennent de signer une convention pour créer d’ici quelques mois un centre de formation, de recherche et d’extraction de cellules souches au sein de l’université», indique Zaher.

    Karim AGOUMI

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