×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Culture

    Contemporary African Art Fair, le week-end arty de l’année

    Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5459 Le 22/02/2019 | Partager
    La «1.54» pour sa deuxième édition à Marrakech
    60 artistes de 45 pays
    Une programmation artistique dans toute la ville
    lartiste_youssef_nabil_egypte_059.jpg

    L’artiste Youssef Nabil (Egypte) s’inspire de l’âge d’or du cinéma  égyptien pour recréer des personnages d’une nostalgie revisitée. Ses travaux ont été exposés dans plusieurs institutions telles que la Fondation Louis Vuitton, Paris, La Maison européenne de la photographie ou encore The British Museum et The Victoria & Albert Museum à Londres (Crédit: Galerie Nathalie Obadia, Paris/ Brussels)

    La Contemporary African Art Fair «1.54» remet le couvert, à Marrakech, du 21 au 24 février 2019. Après avoir développé 2 éditions devenues de grands succès, à la Somerset House à Londres depuis 2013 en passant par le Pioneer Works à New York depuis 2015, et un premier coup d’essai concluant, à Marrakech, en 2018.

    L’évènement réunit l’Afrique, l’Europe et le Moyen-Orient  avec 18 galeries internationales, soigneusement sélectionnées, exposant une soixantaine d’artistes venus de 45 pays: Loui Simone Guirandou Gallery d’Abidjan, André Magnin de Paris ou encore Sulgar-Buel Gallery de Londres. Côté marocain,  3 galeries ont répondu à l’appel. L’Atelier 21 propose des artistes tels que Nabil El Makhloufi, Safaa Erruas, Chourouk Hriech et Najia Mehadji.

    La Loft Gallery, pour sa part, expose Hicham Benohoud, Mohamed Lekleti, l’Ivoirienne Joana Chouali ou encore le Sud-Africain Siwa Mgoboza. De Marrakech, la toute jeune galerie Sinya 28 donne à voir les œuvres de Regragui Bouslai,  Abdelmalek  Berhiss et Ali Maimoun.

    D’autres artistes marocains sont représentés par des galeries étrangères à l’instar de Mahi Binbine, Hassan Darsi et Fatiha Zemmouri chez la Berlinoise Katharina Maria Raab ou encore Ghizlaine Sahli et Yassine Balbzioui chez la Milanaise Primo Marella Gallery. En tout, la foire présente le travail de plus de 65 artistes, émergents ou reconnus, provenant de 24 pays et travaillant sur une multitude de mediums.

    najia_mehadji_exposition_059.jpg

    Najia Mehadji, représentée par la galerie  casablancaise, l’Atelier 21. L’artiste franco-marocaine propose une synthèse entre un art contemporain qui renouvelle la peinture et des éléments de l’art islamique tels que la coupole, le polygone, le floral, l’arabesque ou la calligraphie (Crédit: Atelier 21)

    La première édition de cette foire internationale dédiée à la promotion de l’art contemporain d’Afrique et de la diaspora,  avait dû se faire sans aucun appui, comme c’est le cas de la version londonienne, adossée à la Frieze Art Fair, qui avait participé au rayonnement des premières éditions. La Biennale de Marrakech ayant été annulée faute de financement, la fondatrice de la «1.54» Touria Glaoui a tenu à maintenir l’évènement.

    «Il est important qu’un évènement qui traite de l’art contemporain africain se passe en Afrique, il faut que les Africains voient de l’art africain sur leur continent», disait-elle à L’Economiste dans un précédent entretien. Parti d’une volonté de rendre l’art africain contemporain accessible dans sa terre d’origine, le choix de la ville de Marrakech s’est très vite imposé. 

    «L’idée en fait c’est de créer une plateforme et une destination internationale en Afrique et pour ça, Marrakech est la ville la plus indiquée», précise-t-elle. Il est vrai qu’à quelques heures d’avion de l’Europe, où résident les principaux collectionneurs, la ville ocre à de quoi séduire. Exotisme, soleil et jet-set, le tout renforcé par le prestige de la Mamounia où se déroule l’évènement.

    week-end-arty-059.jpg

    Franco-Algérien, Djamel Tatah, représenté par la galerie Poggi, est l’un des artistes les plus prometteurs de sa génération. Ses œuvres font partie de prestigieuses collections, notamment The Barjeel Art Foundation (EUA), The British Museum (Londres), le Centre Pompidou (Paris) et le Macaal (Marrakech) (Crédit: Poggi)

    Cette deuxième édition réussira-t-elle à installer définitivement la version marrakchie de  la «1.54» dans le circuit international? Il faut dire que la concurrence est rude face à des mastodontes, tels que la Cap Town Art Fair (Afrique du Sud) qui vient à peine de fermer ses portes (15-17 février) et ses 4.000 visiteurs, dont les plus prestigieuses institutions comme la Tate de Londres ou le MoMA de New York.

    A voir le nombre de galeries présentes  l’année dernière et qui ont rempilé pour cette deuxième édition, il semblerait que le pari soit en train d’être gagné. D’autant plus que les ventes étaient au rendez-vous, certaines galeries ayant même affiché «sold out».

    Du beau monde

    Une foire de l’art, aussi pointue soit-elle, ne peut survivre que par les acheteurs et les grands collectionneurs. Pour organiser un tel évènement, il faut avoir  un sérieux carnet d’adresses, ce qui est visiblement le cas de Touria El Glaoui, fille du peintre Hassan El Glaoui et petite-fille de Thami El Glaoui, le puissant pacha de Marrakech. Lors de la première édition, plusieurs personnalités internationales avaient fait le déplacement. Dans les allées du prestigieux palace marrakchi, on pouvait apercevoir  Daniel Tamplon, le spécialiste de l’art contemporain, premier à faire découvrir en France des artistes comme Jean Michel Basquiat ou Andy Warhol Basquiat, la galeriste et théoricienne de l’art Michelle Obadia,  les célèbres marchands d’art parisiens Pierre et Marianne Nahon, le directeur Europe de la maison Artcurial Martin Guesnet, le directeur du Musée d’Art moderne de New York, Glenn Lowry, et Zoe Whitley de la Tate de Londres. Des collectionneurs nationaux également dans l’assistance, tels qu’Elisabeth Bauchet Bouhlal, patronne de l’hôtel Essaadi à Marrakech, Mohammed Bouzoubaa, PDG de TGCC et sponsor de la 1.54 ou encore Alami Lazrak, PDG d’Alliances et grand amateur d’art africain. Simon Njami, le directeur artistique de la Biennale de Dakar, le  président de l’Institut du monde arabe Jack Lang, la curatrice internationale Marie Ann Yemsi, Jennifer Flay, directrice de la Fiac… étaient aussi de la partie.

                                                                 

    Ce qu’il ne faut absolument pas rater ce week-end

    La «1.54» s’est associée à plusieurs institutions artistiques pour faire de la ville ocre une des destinations arty du continent. Le Musée d’art africain contemporain Al Maaden (Macaal), le musée Yves Saint Laurent de Marrakech, la Fondation Montresso* Art, le Comptoir des Mines, l’Institut français de Marrakech et  la Fondation Farid Belkahia, entre autres, font partie de l’aventure.  Voici donc quelques expositions à voir de toute urgence.

    ■ Material Insanity (jusqu’au 22 septembre), au Musée d’art contemporain africain Al Maaden (Macaal) présente une trentaine  d’artistes les plus passionnants qui travaillent actuellement sur le continent et sa diaspora. L’exposition explore la matière et sa portée symbolique, dans une pluralité de dimensions et d’expériences formelles. A travers des installations réalisées à partir d’objets ou matériaux usuels, l’exposition croise divers discours au service d’une esthétique nouvelle. Par une scénographie immersive réalisée par l’architecte et artiste Zineb Andress Arraki, les œuvres de l’exposition Material Insanity questionnent le rapport entre forme et signification, tout en sublimant les potentialités du support lui-même. Parmi les artistes exposés, on peut citer Fatiha Zemmouri (Maroc), Clay Apenouvon (Togo/France), Ibrahim Mahama (Ghana) et Bronwyn Katz (Afrique du Sud). Oeuvres de Nari Ward (Etats-Unis / Jamaïque), Beya Gille Gacha (Cameroun), Frances Goodman (Afrique du Sud) et Amina Agueznay (Maroc).

    ■ Poésie africaine, au Comptoir des Mines: Du 21 février au 22 avril 2019, Marrakech
    Une exposition qui s’aventure dans les champs poétiques de la mélancolie ou du spleen de l’artiste africain à partir du Maroc. Elle réunie des artistes comme Simohammed Fettaka, Larbi Cherkaoui, Khalil Nemmaoui, Youness Atbane, Mohamed Arejdal et Mustapha Akrim. «La mélancolie est le plus légitime des tons poétiques», a écrit Edgar Allan Poe, et elle évoque cette tristesse indéfinie que l’on éprouve face à la fuite du temps, le bouleversement de nos sociétés, les blessures du passé mais surtout les incertitudes de l’avenir.  Les projets proposés sont une invitation au  voyage à travers  cet imaginaire mélancolique où les artistes issus du Maroc abordent des thématiques communes à l’ensemble du continent. Refuser la fatalité, combattre le temps, vivre sous l’influence des traditions et des pouvoirs, aborder les luttes invisibles sont les éléments du parcours artistique qui sont proposé au public.

    ■ Le Musée Ephémère, autour des pionniers de l’art marocain:  A l’ancienne agence de Bank Al-Maghrib. 50 ans après l’exposition manifeste à Jamaa El Fna en 1969, qui réunissait sur la place de jeunes artistes engagés sur des thèmes autour de l’espace public, la réappropriation du patrimoine marocain ou encore l’accès à l’art au grand public,  tels que Farid Belkahia, Mohamed Melehi ou encore Mohamed Chebaa… Les pionniers de la peinture marocaine moderne se retrouvent. L’exposition est initiée par Hicham Daoudi et regroupe une quarantaine d’œuvres majeures retraçant  une partie de l’histoire de l’art moderne au Maroc. L’idée est de  donner à voir aux visiteurs de la «1.54» un aperçu de ce qu’était l’exposition-manifeste de 1969 et de raconter la genèse du mouvement pictural moderne. L’exposition met également face à face les 2 géants de la peinture que sont Mohamed Cherkaoui et Jilali Gharbaoui. Jusqu’au 10 mars 2019.

    ■ «Deep Inside», la galerie d’art L’Atelier 21 organise du 21 février au 27 avril 2019, au hangar attenant au Comptoir des Mines à Marrakech, une exposition des œuvres de l’artiste peintre Yamou. Cette exposition a été conçue pour célébrer les 30 ans de carrière de Yamou et donne à voir plusieurs périodes du peintre, permettant ainsi de mettre en avant la continuité des thèmes abordés durant des décennies par un artiste qui fait preuve d’une grande capacité au renouvellement. Jamais autant d’œuvres de Yamou, parcourant plusieurs périodes différentes, n’avaient été exposées auparavant. Du 21 au 24 février 2019.

    ■ Brice Marden au Musée Yves Saint Laurent: Le musée Yves Saint Laurent Marrakech présente la première exposition de l’artiste américain renommé Brice Marden à Marrakech, ville qu’il a découverte il y a de nombreuses années et dans laquelle il continue à se rendre régulièrement et à travailler. En s’inspirant de nombreux voyages,  Marden combine les formules schématiques du minimalisme, l’immédiateté de l’expressionnisme abstrait et le geste intuitif de la calligraphie dans son exploration du geste, de la ligne et de la couleur. Cette exposition rassemble plus de 60 œuvres, dont plusieurs inédites produites au Maroc.

    Amine BOUSHABA

     

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc