Economie

Protection sociale: La refonte à l’ordre du jour

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5458 Le 21/02/2019 | Partager
Le CESE énumère ses recommandations
46% de la population active ne bénéficie pas d’une couverture médicale
Le CNDH veut rompre avec la logique des besoins pour une approche des droits

«La protection sociale: gouvernance et enjeux de la durabilité et de la généralisation», tel est le thème du forum parlementaire organisé hier conjointement par la Chambre des conseillers et le CESE.

Pour le président de cette dernière institution, Ahmed Chami, cette 4e édition a choisi la protection sociale comme étant «un droit constitutionnel et un pilier pour réaliser la justice sociale. Il s’agit d’un dossier stratégique en tête des priorités, particulièrement pour renforcer la cohésion sociale et le soutien de la croissance».

A cette occasion, il a rappelé les différents avis et travaux réalisés par son Conseil relatifs à la protection sociale. Le plus important date de mars dernier. Par ailleurs, le diagnostic de la protection sociale au Maroc est un véritable rappel aux réalités. Ainsi, 46% de la population active ne bénéficie pas d’une couverture médicale.

«Nous avons 60%  de la population active qui n’a pas droit à une retraite. Ce n’est pas normal qu’un pays qui se respecte, n’assure pas un revenu minimum aux personnes en situation d’handicap», tonne l’ancien ministre. Après avoir insisté sur la nécessité d’assurer une pérennité des différents fonds de cohésion et de protection sociale, Ahmed Chami a regretté que «les maladies professionnelles et les accidents de travail soient traités par le secteur privé. Il recommande de créer un outil public pour gérer ce dossier».

Dans la même lancée, il propose de «concevoir une protection sociale dans le sens le plus large. Nous ne parlons pas uniquement de retraités ou de l’assurance maladie, mais de filets sociaux comme l’assurance chômage qui peut être coûteuse. Aujourd’hui, il y a assez de moyens pour pouvoir commencer progressivement à aborder ces sujets», souligne-t-il lors de l’ouverture du Forum.

Pour convaincre, il cite l’exemple de l’AMO qui a été généralisé progressivement. L’assurance pour les indépendants n’a finalement abouti qu’après la signature du décret d’application le mois dernier. Par la même occasion, il propose de se concentrer sur «une vraie stratégie de l’unification et la pérennisation de tous les régimes de protection sociale».

Pour Hakim Benchamach, président de la Chambre des conseillers, la restructuration du système de protection sociale favorisera la réduction des disparités sociales et territoriales. Il a appelé, par la même occasion, à la construction d’une nouvelle plateforme nationale dédiée à la protection sociale.

De son côté, la présidente du CNDH, Amina Bouayach, est favorable à une rupture avec la logique des besoins pour adhérer à une approche des droits, conformément aux engagements internationaux du Maroc.

Pour l’ancienne ambassadrice, le nouveau modèle de développement est le seul capable d’être le fil conducteur pour les différentes dynamiques et cadres d’intervention.

L’idée est que l’ensemble des stratégies sectorielles et initiatives des affluents convergent dans la même direction. Toutefois, la réussite de cette démarche dépendra du nouveau modèle qui doit se baser sur les droits de l’homme, a-t-elle affirmé.

La 4e édition sans message royal

Les observateurs ont été étonnés de constater que, contrairement aux précédentes éditions, ce forum «n’a pas été honoré de message royal», pour reprendre l’expression de l’un d’entre eux. Pourtant, le programme initial prévoyait la lecture de la lettre royale. De même, à part le chef du gouvernement, aucun ministre n’a effectué le déplacement. Même ceux ayant des portefeuilles en relation avec la protection sociale, comme celui de la Santé ou encore l’Emploi, la famille et le développement social, n’ont pas participé à ce forum parlementaire.

M.C.

 

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