×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Analyse

    Pêche: Les volumes plafonnent à 1,3 million de tonnes

    Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5457 Le 20/02/2019 | Partager
    8 nouvelles conserveries en phase d’installation
    Explosion de l’activité de congélation: 50% des captures
    peche_057.jpg

    La hausse en valeur des captures s’explique par l’effet prix. Surtout sur le marché local. L’industrie de congélation permettant une meilleure gestion des mises sur le marché

    A une année de l’échéance de la stratégie Halieutis, quelle évaluation  se dégage pour le secteur des pêches maritimes? L’organisation de la 5e édition du salon éponyme du 21 au 24 février à Agadir devrait permettre aux opérateurs de se fixer sur les avancées franchies par le secteur.

    Selon les données émanant du département de la Pêche, ce secteur contribue à hauteur de 7,3% au total des valeurs ajoutées des activités primaires pour une  production  qui se stabilise à 1,3 million de tonnes sur les 5 dernières années. En 2018, les débarquements du poisson ont atteint 1,37 million de tonnes pour une valeur de 11,6 milliards de DH.

    Les grands changements ont concerné la structure des utilisations. Ainsi, la congélation qui représentait moins de 4% en 2010 concerne désormais la moitié des captures. En particulier des petits pélagiques qui pèsent pour 80% dans  la totalité des volumes. En revanche, les autres destinations ont vu leur part baisser

    . C’est le cas de l’activité de conserve. Sa part a perdu 3 points sur la même période: 17,8% en 2018 contre 20,8% en 2010. Cette activité qui valorise au mieux les petits pélagiques tourne toujours à moins de 50% de sa capacité. En l’absence d’un redressement, la situation risque de s’aggraver pour les 45 unités existantes avec l’entrée de nouveaux arrivants.

    Cela renseigne sur l’échec du modèle de partenariat que la stratégie voulait mettre en place entre armateurs et industriels de la conserve. Au total, 8 nouvelles conserveries sont en cours d’installation à Dakhla et Boujdour. Elles relèvent de conventions conclues entre le ministère et les opérateurs. Pour la création à terme de 4.500 emplois directs.

    Le recul d’approvisionnement a également concerné l’industrie des sous-produits et la consommation du marché local. Cette dernière est passée de 43,5%  il y a huit ans à 25% actuellement. Les sous-produits (farine et huile de poisson) qui prélevait 31% des volumes ont vu leur part dégringoler à 7,1%.    

    Pourtant, de nombreuses actions structurantes ont été menées. (Lire article page suivante) dans l’objectif d’une meilleure valorisation et d’une exploitation durable de la ressource halieutique.

    investissemnt_peche_057.jpg

    Les flux d’investissement restent modestes par rapport aux coûts des mesures d’accompagnement. Et l’essentiel a été destiné aux nouvelles conserveries en cours d’installation

    Aujourd’hui, les résultats sont visibles pour certains indicateurs liés à l’exploitation. Le volume des prises s’établit à 84% de l’objectif fixé à l’horizon 2020. L’export est estimé à 22 milliards de DH en 2017, soit 70,5% de l’objectif de la stratégie. Le chiffre porte la contribution du secteur à 58% des exportations agroalimentaires. Et l’activité, avec toutes ses composantes,  assure également 700.000 emplois directs et indirects, selon le département de la Pêche.

    Au-delà de ce tableau, il reste de nombreuses insuffisances, compte tenu de l’importance du potentiel mobilisable. 

    En effet, une grande partie de la production halieutique est exportée à l’état frais sans aucune transformation (41% du volume total à l’export). Bien que cette part s’inscrive dans une tendance baissière, elle représente néanmoins  un manque à gagner en termes de création d’emplois et de valeur ajoutée au niveau national et local.

    En outre, les exportations du secteur demeurent caractérisées par une forte polarisation sur les marchés de l’Union européenne, qui absorbent 60% des ventes. L’ouverture sur de nouveaux marchés dont notamment l’Afrique, conjuguée à une meilleure valorisation des produits, en plus de la dilution du risque conjoncturel créeraient de nouvelles opportunités.

    Sur un autre registre, l’optimisation des efforts consentis sur le plan des infrastructures et de la modernisation de l’outil de production rendrait nécessaire de remédier aux insuffisances relevées tout au long de la chaîne de valeur du secteur. Outre la nécessité d’une meilleure maîtrise de la chaîne de froid, l’accent devra être mis sur l’adaptation des infrastructures de débarquement à la flotte à grand tonnage pour permettre le débarquement de la totalité des captures dans les ports marocains.

    Autre volet important, le développement à terme d’une flotte industrielle performante comparable à celle des pays européens. Dans ce domaine, l’investissement ne semble pas bouger et reste concentré pour l’essentiel dans la maintenance.

    S’ajoute également le manque d’innovation en ce qui concerne de nouveaux produits compétitifs avec des emballages attractifs et à forte valeur ajoutée. Surtout que la demande mondiale ne cesse de se développer. A charge donc pour les opérateurs d’en saisir l’opportunité.

    A.G.

    Retrouvez dans la même rubrique

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc