Economie

L’Acaps au Club de L’Economiste: La tarification auto revue de fond en comble

Par Hassan EL ARIF | Edition N°:5456 Le 19/02/2019 | Partager
Elle était fixée selon le carburant et la puissance fiscale
De nouveaux paramètres: comportements, expérience de conduite…
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Hassan Boubrik, président de l’Autorité de contrôle des assurances et de prévoyance sociale: «En matière d’assurance automobile, il est temps que nous passions à une étape plus moderne en termes de tarification, de moralisation des risques, de réduction de la sinistralité…» (Ph. Jarfi)

Malgré la libéralisation des tarifs de l’assurance automobile, les opérateurs ne sont pas allés loin dans le jeu de la concurrence. De plus, les critères de tarification sont restés encadrés par voie réglementaire puisqu’ils étaient limités à la puissance fiscale du véhicule et au type de carburant.

Pour pousser les assureurs vers plus de compétitivité, l’Autorité de contrôle des assurances et de prévoyance sociale (Acaps) compte revoir les règles du jeu. «Nous allons entamer des discussions avec la Fédération sur des mesures qui changeront le paysage de l’automobile au cours des prochaines années.

Le premier sujet porte sur l’assouplissement des critères de tarification qui ne devraient plus être limités à des paramètres tels que le type de carburant ou la puissance fiscale car ils ne permettent pas d’approcher le risque automobile et individuel de manière plus intéressante», annonce Hassan Boubrik, président de l’Acaps.

Le fait d’introduire plus de flexibilité dans les critères de tarification vise à renforcer la concurrence et de moraliser le risque. Ce qui se traduirait par des niveaux de tarification modulés selon le degré de sinistralité de chaque assuré. En effet, il n’est pas normal que le tarif de la responsabilité civile soit, par exemple, le même pour tous les conducteurs. L’enjeu sera d’éviter que le prix de cette assurance, obligatoire, augmente de manière trop importante. Elle devrait rester à la portée de tous les conducteurs.

A ce niveau, le régulateur prône une approche graduelle pour éviter un choc de tarification qui dépasse le pouvoir d’achat des assurés. Ainsi, dans un premier temps, l’écart entre les prix pourrait être limité à une certaine fourchette qui pourrait être élargie en fonction de l’évolution du réajustement. Les discussions entre l’Acaps et les assureurs vont démarrer dans les prochaines semaines.

L’autorité de régulation dispose d’une grande marge d’action à ce niveau puisqu’elle n’est pas obligée de passer par une loi ni un décret. Les critères de tarification peuvent donc être modifiés via une circulaire. Il ne s’agit pas de réinventer le fil à couper le beurre.

Dans d’autres pays, la tarification de l’assurance automobile est basée sur une large gamme de critères que le Maroc a pris du retard à adopter. Il s’agit par exemple de ceux relatifs au conducteur lui-même tels que l’ancienneté du permis, le nombre de conducteurs potentiels et leurs éléments d’information, l’expérience en matière de conduite puisque la date d’obtention du permis ne veut pas toujours dire que la personne a l’habitude de conduire.

L’assureur peut également demander à son client le trajet parcouru par jour ou par semaine parce qu’il constitue un indicateur du risque d’accident. D’autres critères sont pris en considération pour déterminer le tarif d’une prime d’assurance. Ils concernent le véhicule: l’âge, le type de carburant, le type de boîtes de vitesses (manuelle ou automatique), l’état mécanique, le fait que le véhicule a déjà été impliqué dans un accident ou s’il a modifié des modifications par rapport à son état neuf…

Dans une seconde étape, le régulateur pense aller plus loin dans la révision des critères de tarification en se basant sur les nouvelles technologies permettant de renseigner notamment sur le comportement des usagers et de déterminer leur niveau de risque. Des informations qui seraient utilisées pour personnaliser les tarifs. L’un des exemples qui vient tout de suite à l’esprit porte sur l’examen des procès-verbaux des radars de vitesse.

«Pour l’Acaps, le plus important est de commencer par étendre les critères de tarification mais de manière progressive. En effet, puisque la RC est une assurance obligatoire, l’usager ne doit pas se voir réclamer un tarif largement supérieur à ce qu’il a l’habitude de payer», temporise le président de l’autorité de régulation.

Les mauvais conducteurs auront ainsi une occasion de corriger les risques de la hausse de leur prime d’assurance. A l’inverse, les bons verront leur tarif baisser de manière notable. La révision des critères de tarification pourrait avoir aussi comme impact la réduction de la sinistralité qui reste l’une des plus élevées dans la région.

Hassan EL ARIF

                                                                                         

L’attestation automobile sera dématérialisée

Un appel d’offres conjoint vient d’être lancé par  l’Autorité de contrôle des assurances et de prévoyance sociale (Acaps) et la Fédération marocaine des sociétés d’assurances et de réassurance (FMSAR). Il porte sur une étude de faisabilité de la dématérialisation de l’attestation automobile.

Le dispositif permettra également de créer et d’alimenter régulièrement une base de données unifiée sur la production et la sinistralité. Le marché devrait être adjugé au cours du mois de mars prochain pour que les résultats sur l’étude de faisabilité soient prêts vers juin pour une implémentation rapide.

Pour l’assuré, la digitalisation se traduira par la possibilité de souscrire son assurance automobile et de la régler via le net. La police d’assurance pourra ensuite être imprimée comme pour la vignette automobile.

De plus, dès qu’un contrat d’assurance automobile est signé, il sera automatiquement intégré dans la base de données et permettra en temps réel de disposer d’une mine d’informations exploitables à des fins d’analyse.

 

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