International

Conférence de sécurité: Le gap se creuse entre les Etats-Unis et l'Europe

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5455 Le 18/02/2019 | Partager
Merkel a qualifié «d'effrayantes» certaines mesures économiques américaines
Les pays de l'UE s'opposent au retrait de l'accord sur le nucléaire iranien
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Les débats tendus lors de la tenue de la Conférence de sécurité de Munich ont mis l'accent sur l'ampleur des divergences entre les partenaires américains et européens. Cela concerne aussi bien les relations économiques que la gestion de certains dossiers comme le nucléaire iranien ou le retrait des troupes de la Syrie (Ph. AFP)

Le gap entre les Etats-Unis et deux partenaires européens continue de se creuser. C'est ce qui ressort des positions divergentes, exprimées lors de la Conférence de sécurité de Munich.

Dans le domaine économique, Angela Merkel a qualifié «d'effrayante» la décision prévue de l'administration Trump d'ériger les automobiles européennes importées au rang de menace pour la sécurité nationale. Les Etats-Unis estiment que ces importations «affaibliraient leur propre industrie».

Côté européen, des responsables ont averti que «l'UE riposterait si les Etats-Unis décidaient d'adopter une quelconque mesure». Autre sujet de discorde: le dossier syrien. La chancelière allemande a mis en garde contre les conséquences de la décision américaine de quitter le bourbier syrien.

«Est-ce une bonne idée pour les Américains de se retirer soudainement et rapidement de Syrie? Cela ne renforcera-t-il pas encore la capacité de l'Iran et de la Russie d'exercer leur influence?», s'est-elle interrogée. Téhéran était également au centre des divisions entre Américains et Européens. Mike Pence, vice-président US, a rappelé que l'Iran était «le plus grand danger» au Moyen-Orient. Il a lancé un appel aux Etats européens de se retirer de l'accord sur le nucléaire iranien.

Washington s'était retirée de cette convention en 2018. Les Européens ont refusé de lui emboîter le pas. L'Union européenne avait rejeté cette demande. Ses responsables ont insisté sur l'importance de «préserver cet accord». Car, «la région ne serait    pas plus sûre et ferait un pas de plus vers une confrontation ouverte», selon le ministre allemand des Affaires étrangères.

La course aux armements est un sujet qui suscite la préoccupation des dirigeants européens. Surtout après que Washington a suspendu sa participation au traité INF, interdisant les missiles sol-sol, accusant la Russie d'avoir violé cet accord. Face à cette situation, Merkel a plaidé pour un retour à la table de négociations.

«Le désarmement nous concerne tous, et on se réjouirait si de telles négociations avaient lieu pas seulement avec les Etats-Unis, l'Europe et la Russie, mais aussi avec la Chine», a-t-elle affirmé. Pour l'instant, Pékin ne semble pas intéressée par ces négociations. Pour ses dirigeants, «la Chine développe ses capacités militaires en fonction de ses besoins de défense, et ne menace personne».

M.A.M.

 

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