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Assurances: Les intermédiaires prêts pour l'armistice!

Par Franck FAGNON | Edition N°:5452 Le 13/02/2019 | Partager
La Fnacam et l'Umac se regrouperaient au sein d'une confédération
Farid Bensaid espère faire aboutir ce projet avant fin juin
Plusieurs acteurs désarmés face aux mutations qui touchent le secteur
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Pour Farid Bensaid, président de la Fnacam, la création d'une confédération regroupant les deux fédérations est fondamentale pour faire avancer l'ensemble des sujets clefs pour le secteur de la distribution. Parmi les dossiers urgents sur la table figure la révision des taux des commissions surtout pour l'automobile et la fiscalité (Ph. L'Economiste)

Malgré un marché de l'assurance en forte croissance ces dernières années - soutenu par le dynamisme de la branche vie dont les primes ont augmenté de 16% en moyenne sur les cinq dernières années contre 5% pour le segment non-vie - la conjoncture demeure difficile pour les intermédiaires. L'atomisation de la profession  (2.100 agents et courtiers recensés) et la concurrence de nouveaux circuits de distribution ont fragilisé de nombreux courtiers. 

Par ailleurs, la requête récurrente sur la révision des commissions ne trouvent pas écho auprès des assureurs qui ne veulent pas en entendre parler à un moment où ils subissent les assauts de la fraude et la hausse de la sinistralité dans la branche automobile.

«Il faut une discussion constructive et en bonne intelligence avec les compagnies d'assurance sur le taux de commissionnement, surtout pour l'automobile», espère pourtant Farid Bensaid, tout nouveau président de la Fédération nationale des agents et courtiers d'assurances au Maroc (Fnacam). Le taux de commissionnement n'a pas bougé depuis plusieurs années se plaignent les intermédiaires.

«Les discussions n'ont pas beaucoup avancé», concède Bensaid. Pour peser face aux  assureurs, les intermédiaires minés par des divisions doivent accorder leurs violons et en finir avec les querelles entre la Fnacam et l'Union marocaine des agents et courtiers d'assurances (Umac) affaiblissent les actions de la profession.

Aujourd'hui, la Fnacam espère convaincre l'Umac de se regrouper  au sein d'une confédération. Sur le principe, les deux fédérations sont en harmonie. Il reste à s'entendre sur les statuts. Un projet a été soumis à l'Umac. «Le regroupement au sein d'une confédération est fondamental pour faire avancer l'ensemble des sujets clefs pour le secteur de la distribution des assurances», estime le président de la Fnacam.

Ce dernier voudrait finaliser ce chantier avant fin juin. La coordination au sein de la profession faciliterait le dialogue avec les assureurs. «Je suis convaincu qu'avec une confédération, nous trouverons plus facilement une solution avec des mécanismes qui in fine permettront d'augmenter le revenu, surtout des petits intermédiaires», escompte Bensaid.

Au-delà des attentes sur le taux de commissionnement, la profession souhaite aussi une évolution de la fiscalité. La suppression ou tout au moins, la réduction de la TVA de 14% sur les commissions sera défendue lors des assises de la fiscalité en mai prochain avec l'espoir d'obtenir gain de cause pour la prochaine loi de finances . «C'est un sujet vital», résume le président de la Fnacam.

Ce qui est vital aussi, c'est que les intermédiaires fassent évoluer leur business model. Le risque est plus élevé pour les petits acteurs qui dépendent uniquement de l'assurance automobile. Les transformations dans le secteur remettent de plus en plus en cause le rôle des intermédiaires.

Cela ne signifie pas qu'ils vont disparaître. Leur expertise et leur intervention resteront indispensables pour un certain nombre de produits. Mais, ils doivent s'adapter aux évolutions des habitudes de consommation en revoyant les canaux de distribution qui passeront de plus en plus par des plateformes digitales à l'avenir.

Une bonne partie du marché ne semble pas avoir encore intégré ces enjeux. «La vague du digital doit passer et il faudra s'y préparer d'une manière ou d'une autre», prévient Farid Bensaid. La préparation passe aussi par la diversification des sources de revenus au risque de précipiter leur disparition. L'ouverture de certaines polices d'assurances aux banques accentuerait la concurrence.

Révision des conditions d'accès à la profession

La réforme du livre IV du code des assurances va apporter plusieurs changements dont de nouvelles exigences en termes de capital pour les courtiers et les agents. Si elle est validée, cette disposition va créer une sélection naturelle sur le marché. Les discussions dans le secteur se focalisent aussi sur les conditions d'accès au métier. A long terme, l'idée est de créer un ordre professionnel. Aujourd'hui, «Nous voulons redonner ses lettres de noblesse à notre métier. L'accès doit être mérité pour relever le niveau de compétences et la qualité de services», insiste Farid Bensaid. En attendant, la profession travaille sur un code de déontologie. Mais, sa portée dépendra de la réussite de la constitution de la confédération.

F.Fa

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