×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Competences & rh

    Toutes les écoles et universités bientôt évaluées

    Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5451 Le 12/02/2019 | Partager
    L’Agence d’évaluation du supérieur se donne 5 ans pour tout scruter, public et privé
    Pour la première fois, une véritable radioscopie du secteur!
    Le référentiel d’évaluation incessamment examiné en conseil de gouvernement
    etablissement_concernes_051.jpg

    Dans le supérieur, il existe environ 393 établissements, publics et privés. Tous sont concernés par les tests d’évaluation de l’ANEAQ. Un premier échantillon sera pris dès cette année. L’opération devrait commencer entre mars et avril prochains.

    Le chantier est énorme et, surtout, inédit: L’évaluation de tous les établissements de l’enseignement supérieur, publics et privés, à partir de cette année. Quelque 393 écoles, facultés et instituts sont concernés par cette opération (voir illustration).

    L’Agence nationale d’évaluation et d’assurance qualité de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique (ANEAQ) se donne cinq ans pour tout évaluer. «La cadence dépendra de nos moyens. Nous démarrerons probablement avec un petit nombre. Une fois la machine rodée, nous passerons à une vitesse supérieure», précise El Mokhtar Bakkour, directeur de l’agence depuis 2015.

    Des commissions de 3 à 4 experts par établissement seront formées, pour examiner les formations, programmes de recherche, projets de coopération (nationale ou internationale), gouvernance, ouverture sur le monde socioéconomique, l’adéquation formation/emploi… tout devrait y passer. Une véritable radioscopie du secteur.

    «Les établissements devront d’abord procéder à une auto-évaluation et produire un rapport. C’est sur cette base que nos experts entameront leur travail. Nous commencerons donc avec ceux qui ont déjà procédé à leur évaluation interne», révèle Bakkour. 

    L’ANEAQ dispose d’une base de données d’environ 350 experts, dont 150 sont déjà engagés par contrat pour une durée de deux ans. Des profils supplémentaires d’experts pourraient être recrutés. Les rapports d’évaluation seront transmis aux établissements concernés, ainsi qu’au chef de gouvernement. Ils seront ensuite publiés, offrant au public de précieuses informations sur l’ensemble des établissements.

    L’agence, créée en 2014, mais mise en stand-by jusqu’en 2016, a dû se construire petit à petit. Aujourd’hui, elle dispose de pratiquement tous les outils lui permettant de passer à cette étape supérieure. 24 personnes y travaillent désormais à temps plein. Il ne reste plus que 6 à 8 postes à doter pour que son organigramme soit au complet.

    Pour son référentiel d’évaluation, elle a bénéficié de l’assistance technique d’experts de l’Union européenne (de novembre 2016 à novembre 2017), dans le cadre du projet «Réussir le statut avancé». Validé par son conseil d’administration, le référentiel a fait l’objet d’un projet de décret. Il passera incessamment en conseil de gouvernement.

    «Le référentiel se veut dynamique. Nous avons choisi de le publier sous forme d’un arrêté, afin de bénéficier de plus de flexibilité si nous souhaitons y apporter des changements», précise Bakkour.

    Toutefois, certains détails restent à clarifier. Par exemple, comment choisir les établissements? L’Agence les sélectionnera-t-elle, ou bien lancera-t-elle des appels à manifestation d’intérêt (ceux qui s’estiment prêts peuvent ainsi se porter volontaires)?

    Les experts de l’UE souhaitaient commencer avec trois structures pilotes: L’ENSA de Kénitra, l’EST de Salé et la faculté des sciences-Aïn Chock de Casablanca. La mission européenne n’a, cependant, pas été prolongée, et le projet a été abandonné.  

    Par ailleurs, l’agence va-t-elle procéder par type d’établissement, ou bien par université? Toutes ces questions seront traitées lors du prochain conseil d’administration de l’agence. Le conseil tranchera aussi sur le choix des experts et la date de début de la première vague d’évaluations, qui devrait être lancée entre mars et avril prochains.  

    Autre mission de l’ANEAQ, qui devrait être activée cette année, l’évaluation de l’équivalence des diplômes, jusque-là assurée par le département de l’Enseignement supérieur. Un projet d’arrêté a été préparé afin de lui permettre de remplir cette tâche le plus rapidement possible.

    L’évaluateur évalué

    La mesure est d’usage à l’international, les organismes d’évaluation doivent aussi se soumettre à un examen d’experts. L’ANEAQ s’est aussi prêtée récemment à cet exercice. «Nous avons subi des tests dans le cadre d’un projet euro-africain, doté d’un financement européen. Il est baptisé l’initiative africaine d’évaluation de l’enseignement supérieur», explique El Mokhtar Bakkour. L’ANEAQ a d’abord procédé à son autoévaluation. Entre novembre et décembre derniers, deux experts ont été dépêchés à Rabat, pour une série de rencontres avec les responsables de l’Agence, ainsi qu’avec ses partenaires, dont des présidents d’université, doyens et chefs d’établissements, étudiants, représentants du monde socioéconomique… Un rapport est en cours de rédaction.

                                                                                 

    Evaluation de filières: Une baisse de cadence

    evaluation_flieres_051.jpg

    Le démarrage de l’ANEAQ a été progressif. L’agence a d’abord entamé son activité avec l’évaluation de filières de formation. Plus de 1.000 ont été traitées la première année. Le nombre dépend des demandes d’accréditation de filières des établissements.

    Toutefois, en 2019, le nombre a chuté de moitié, et pour cause. Le département de l’Enseignement supérieur a décidé de mettre en stand-by les accréditations de licences et les renouvellements de masters pendant un an. Seulement 443 filières ont donc été reçues cette année, entre le public et le privé. Les premiers rapports d’évaluation de 2019 devraient tomber à partir de cette semaine.

    En 2017, l’ANEAQ a mené une enquête pour le compte de l’Enseignement supérieur, publiée en 2018, sur un échantillon de 158 filières à accès régulé dans 51 établissements. Notamment de master, master spécialisé et licence professionnelle. Des commissions de 5 experts se sont déplacées in situ.

    Globalement, les filières répondent aux cahiers de normes pédagogiques. Cependant, des irrégularités ont été constatées. Certaines fonctionnent, par exemple, sans concertation avec la direction de leur établissement, ne respectent pas les conditions d’accès prévus, changent d’enseignants ou de modules en cours de route, engagent des profils non spécialisés dans les modules enseignés, n’assurent pas les TD/TP programmés… «Notre rôle n’est pas de faire le gendarme. Notre mission se limite à l’évaluation», tient à préciser le directeur de l’Agence, El Mokhtar Bakkour.

    Avec moins de filières à examiner cette année, l’ANEAQ disposera de plus de temps  pour l’évaluation des établissements.

    Ahlam NAZIH
     

     

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc