International

Venezuela: Vers une issue à la crise

Par L'Economiste | Edition N°:5446 Le 05/02/2019 | Partager
Plusieurs pays européens ont fait leur choix
Une réunion d’urgence à Ottawa

Plusieurs capitales européennes (Madrid, Londres, Paris, Berlin…) ont reconnu hier lundi 4 février 2019, l'opposant Juan Guaido comme président par intérim du Venezuela. Et ce, après le refus de Nicolas Maduro de céder à un ultimatum en convoquant une élection présidentielle. La Russie, l'un des principaux alliés de Maduro, a aussitôt dénoncé ces reconnaissances.

Washington, qui avait reconnu Guaido dès le jour de son autoproclamation comme président, a de son côté réaffirmé que le recours à l'armée américaine était «une option envisagée face à la crise». L'Union européenne restait cependant divisée, des pays comme l'Italie ou la Grèce adoptant une position attentiste.

Au côté des Etats-Unis, le Canada et une douzaine de pays d'Amérique latine appartenant au groupe de Lima, dont la Colombie et le Brésil frontaliers du Venezuela, ont déjà reconnu Guaido. Ottawa devait d'ailleurs accueillir lundi une réunion de crise des ministres des affaires étrangères du Groupe de Lima, à laquelle le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo devait participer par vidéoconférence.

Soutenu par la Russie, la Chine, Cuba, la Corée du Nord et la Turquie, Maduro (56 ans) accuse les Etats-Unis d'orchestrer un coup d'Etat. L'héritier d'Hugo Chavez a rassemblé, samedi dernier, des milliers de ses partisans à Caracas, exhortant l'armée, pilier de son régime, à resserrer les rangs. Juan Guaido offre de son côté une amnistie aux militaires s'ils le rejoignent. Jusqu'ici sans succès.

Lors de son premier discours en public depuis six mois, Nicolas Maduro a relancé l'idée de législatives anticipées dans le courant de l'année. Le même jour, dans un rassemblement d'opposants, Guaido a annoncé l'arrivée dans les prochains jours d'une aide humanitaire dans des centres de collecte. Ils doivent être installés de l'autre côté de la frontière, en Colombie et au Brésil et sur une île des Caraïbes.

Les habitants du Venezuela, pays pétrolier et autrefois le plus riche d'Amérique latine, sont confrontés à de graves pénuries de vivres et de médicaments, ainsi qu'à une inflation galopante. Depuis 2015, quelque 2,3 millions d'entre eux ont choisi de s'exiler, sur une population totale de 31 millions d'habitants.

Poussés par la crise au Venezuela, les prix du pétrole ont augmenté, hier dans la matinée, en cours d'échanges européens à leur plus haut niveau de l'année. Le Brent a grimpé à 63,07 dollars et le WTI à 55,28 dollars.

F. Z. T. avec AFP

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