International

Chine/USA: Des concessions pour clore la guerre commerciale

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5446 Le 05/02/2019 | Partager
La trêve instaurée entre les deux pays prendra fin le 1er mars
Faute d’accord, de nouvelles taxes s’abattront sur Pékin
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Les Etats-Unis et la Chine ont émis des signaux encourageants sur leurs négociations commerciales. Le locataire de la Maison-Blanche a annoncé une prochaine rencontre avec son homologue chinois Xi Jinping pour tenter de trouver une issue à la guerre commerciale que se livrent les deux puissances.

Pékin a d’ores et déjà accepté d’accroître ses importations de produits agricoles américains, de produits énergétiques, de biens industriels manufacturés et de services. Une preuve que le géant asiatique est disposé à ouvrir davantage son marché, une des conditions posées par l’administration Trump pour signer un accord.

Face à l’échéance particulièrement courte qui a été fixée par les deux présidents pour trouver un consensus (90 jours, soit d’ici le 1er mars), les experts s’accordent à penser que «seul un accord partiel, portant sur des mesures immédiates, est sérieusement envisageable».

Pour contraindre Pékin à corriger ces distorsions commerciales, la Maison-Blanche a déjà infligé des taxes douanières supplémentaires sur 250 milliards de dollars d’importations chinoises. Elle menace de porter de 10 à 25% le niveau de taxes sur 200 milliards de dollars de biens importés si les négociations en cours n’aboutissent pas. Pékin a rétorqué en imposant des tarifs douaniers additifs sur 110 milliards de dollars de biens américains.

«Dans un contexte de hausse des tarifs douaniers, les échanges commerciaux sont détournés et une poignée de pays vont capter une partie des exportations des deux géants du commerce international», estime la Cnuced dans une nouvelle publication intitulée «Key Statistics and Trends in Trade Policy 2018».

L’étude examine les répercussions des hausses tarifaires en vigueur aux Etats-Unis et en Chine sur les pays en développement, ainsi que les effets de la prochaine augmentation annoncée pour le 1er mars. Elle montre aussi que dans une économie mondiale interconnectée, la guerre commerciale pourrait entraîner des effets dominos au-delà des pays et des secteurs visés.

Satisfaire les demandes américaines reviendrait donc pour la Chine à consentir à changer sa stratégie et à diminuer le rôle de l’Etat dans son économie. Pour montrer sa bonne foi, l’empire du Milieu se précipite pour voter une loi sur les investissements étrangers.

Parmi ses nouveautés: «les compagnies ne seront plus obligées de transférer leurs technologies à leurs partenaires chinois et davantage d’équité devrait être assurée entre firmes locales et internationales. Une demande depuis longtemps réclamée par les sociétés occidentales».

Le Parlement chinois, soumis au Parti communiste chinois (PCC) au pouvoir, devrait, sauf surprise, voter la loi lors de sa session plénière annuelle d’environ 10 jours qui débute le 5 mars (soit à peine deux mois après l’étude de la version préliminaire). Cependant, des entreprises étrangères s’inquiètent des formulations parfois vagues et générales du texte.

Aussi, Pékin est invité par les Américains à mettre fin à certaines pratiques jugées déloyales (telles que le transfert forcé de technologies américaines, «vol» de la propriété intellectuelle américaine, piratage informatique ainsi que les subventions massives accordées aux entreprises chinoises d’Etat pour en faire des champions nationaux…).

Washington risque toutefois de se heurter aux ambitions de son partenaire chinois via son plan «Fabriqué en Chine 2025». Lancé en 2015, il a été conçu pour hisser le pays au rang de leader mondial des hautes technologies du futur comme l’intelligence artificielle ou les véhicules à énergie nouvelle.

F. Z. T.

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