International

Brexit: Bruxelles et Londres se renvoient la balle

Par L'Economiste | Edition N°:5439 Le 25/01/2019 | Partager
Les deux parties cherchent des pistes pour parvenir à débloquer la crise
Pas d’accord sans «backstop»

Le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, a espéré que le «débat organisé la semaine prochaine au Parlement britannique fasse émerger des pistes pour parvenir à débloquer la crise autour du Brexit». Il a été interrogé lors du Forum économique mondial de Davos (du 22 au 25 janvier 2019) où les soubresauts du divorce entre le Royaume-Uni et l’UE sont dans tous les esprits.

L’accord négocié entre Londres et Bruxelles a été rejeté à une très large majorité par le Parlement britannique, faisant courir le risque d’un Brexit sans accord à la date butoir du 29 mars. La Première ministre, Theresa May, s’est engagée à organiser un débat suivi d’un vote pour trouver une issue à la crise le 29 janvier. Plusieurs députés envisagent de demander un report de la date de sortie de l’UE, voire un nouveau référendum.

«Le Parlement européen ne ratifiera pas le traité de retrait du Royaume-Uni s’il ne contient pas de filet de sécurité, cette mesure visant à empêcher le retour d’une frontière physique en Irlande», a prévenu de son côté le groupe de pilotage des eurodéputés sur le Brexit. Cette disposition, appelée «backstop» en anglais, suscite une large opposition au sein du Parlement britannique.

Les partisans d’un divorce net avec l’UE voient cette mesure comme un piège, qui arrimerait leur pays indéfiniment à l’Union malgré le Brexit. Theresa May a assuré qu’elle chercherait à obtenir de nouvelles garanties auprès de l’UE pour les rassurer. «L’accord de retrait est équitable et ne peut être renégocié», a toutefois insisté le groupe de pilotage du Brexit au sein du Parlement européen, faisant écho à la position maintes fois répétée des 27.

«Cela s’applique en particulier au filet de sécurité, car c’est la garantie qu’il n’y aura en aucun cas un durcissement de la frontière sur l’île d’Irlande, tout en préservant l’intégrité du marché unique», a-t-il ajouté. «Sans une telle assurance à toute épreuve, le Parlement européen ne donnera pas son accord à l’accord de retrait», a ainsi prévenu le groupe de pilotage, à deux mois environ de la date du Brexit.

Le filet de sécurité pour la frontière irlandaise n’entrerait en vigueur qu’à défaut d’autre solution à l’issue d’une période de transition post-Brexit. «L’UE est déterminée à faire tout ce qu’elle peut, accord ou pas accord, pour éviter le besoin d’une frontière et protéger la paix en Irlande du Nord», avait assuré le porte-parole de la Commission européenne.

Le plan de Paris

La France se prépare à rétablir les contrôles douaniers aux frontières avec le Royaume-Uni dès le 30 mars en cas de Brexit sans accord, en y affectant 580 personnes, a annoncé la ministre des Affaires européennes Nathalie Loiseau. Paris a préparé cinq ordonnances, dont la première prévoit de construire dans l’urgence les infrastructures nécessaires pour rétablir des contrôles douaniers, sanitaires et phytosanitaires ainsi que les contrôles de police aux frontières. Un site internet a été mis en place (brexit.gouv.fr) pour les entreprises et les citoyens. S’agissant des contrôles frontaliers, le plan prévoit des travaux par les gestionnaires d’infrastructures pour un montant d’environ 50 millions d’euros. Quatre autres ordonnances seront présentées en Conseil des ministres d’ici au 6 février. Elles portent notamment sur les droits des citoyens britanniques en France, le transport routier, la continuité de certaines activités financières ou la poursuite des transferts de matériels de défense entre la France et le Royaume-Uni.

F. Z. T. avec AFP

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