Culture

Expo: Habiter une cité ouvrière

Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5438 Le 24/01/2019 | Partager
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Dans cette expo, le mélange de regards extérieurs et intérieurs sur les cités ouvrières est complémentaire et permet de présenter différentes nuances plutôt qu’une vision monolithique (Ph. Youssef Ammal)

Une exposition multimédia mêlant photographie et vidéo pour illustrer la vie quotidienne dans les cités ouvrières de Cosumar et Socica à Aïn Sebaa Casablanca. C’est ce que propose le centre culturel l’Uzine de la fondation Touria et Abdelaziz Tazi, sis au même quartier.

L’évènement est le fruit d’un atelier encadré par le photographe Laurent Hou et le vidéaste Adil Chadli et réunit les œuvres de  24 participants. Un travail collectif qui assure une diversité des regards permettant d’accéder à différentes facettes de la réalité. Les œuvres s’attachent, en effet, à témoigner du patrimoine architectural et surtout social et humain des deux cités ouvrières, lieux historiques de Casablanca, construites dans les années 1930 par l’architecte Edmond Brion.

La cité de Cosumar est menacée de disparition tandis que celle de Socica pourrait être profondément remodelée. Disposer d’archives visuelles de qualité est donc un travail de mémoire crucial. Mais plus que de l’architecture, ce sont les histoires et l’expérience des habitants des cités ouvrières qui sont au cœur des travaux.

Ces habitants sont d’abord venus des quatre coins du Maroc avant de s’identifier fortement à leur lieu de vie qu’ils se sont approprié par des processus complexes, déplaçant et transgressant les limites d’origine d’un projet colonial et paternaliste.

L’approche adoptée est résolument humaniste et s’attache à dévoiler des facettes intimes des deux cités ouvrières, en amenant le spectateur au-delà des murs.

Le projet s’inscrit pleinement dans les pratiques les plus novatrices du courant du documentaire subjectif, où la priorité est donnée non pas à la recherche d’une objectivité impossible à atteindre, mais à la force du point de vue véhiculé, son impact émotionnel et esthétique. A voir à partir du 26 janvier à l’Uzine Gallery, à Casablanca.

A.Bo

 

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