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    Fès/Complexe sportif: Infrastructure et personnel à l’abandon

    Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5438 Le 24/01/2019 | Partager
    Pas de budget depuis un an
    Les travaux de sa mise à niveau reportés… sine die
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    Pelouse asséchée, équipements mal-entretenus, personnel anxieux… C’est le triste visage que présente désormais le complexe sportif de Fès. Les travaux de sa mise à niveau ont été reportés à une date ultérieure… Ceci, afin de ne pas priver les clubs locaux de jouer à domicile (Ph. YSA)

    Que se passe-t-il donc au complexe sportif de Fès? Lancés en décembre dernier, les travaux de mise à niveau de l’unique stade opérationnel de la ville ont été reportés à une date ultérieure. «Une décision qui est intervenue alors que les sociétés mandataires venaient de déployer leurs équipes et installer leur matériel de chantier», précise un responsable du complexe, sous couvert d'anonymat.

    Selon lui, «les premiers sondages des sols ont été réalisés et la société d’éclairage a commencé les travaux aux abords des terrains… mais le ministère a décidé de tout reporter et appelé à la réouverture immédiate du complexe». Une décision qui a été prise en concertation avec les clubs résidents MAS et WAF, et par leurs supporters.

    En effet, dans un communiqué conjoint du ministère et de Société nationale de réalisation et de gestion des stades (Sonarges), daté du 21 décembre, l’on précise que «les travaux seront entamés selon le programme préétabli».

    En revanche, l’administration du stade de Fès n’est «au courant d’aucun programme». Il en est de même pour les sociétés en charge du jardinage, gardiennage, pelouse et autres. «C’est le flou total… nous n’avons aucun répondant au niveau du ministère. Nos salariés n’ont pas été payés depuis plus de 3 mois et nous ne pouvons plus supporter leurs charges», déplorent-ils.   

    Sur place, quelque 40 salariés «militent pour que la pelouse ne périsse pas». Rencontrés le 17 janvier par L’Economiste, ces derniers affirment qu’ils ne reçoivent plus leurs salaires depuis octobre et ne sont plus déclarés à la CNSS depuis plus d’un an.

    Pourtant, ils continuent de travailler espérant que leurs employeurs puissent être indemnisés par le département de Rachid Talbi Alami. Ce afin qu’ils soient payés… un jour. Signalons que la majorité d’entre eux ne perçoivent même pas le Smig!. «Alors que le budget annuel de ce complexe est de l’ordre de 6 millions de DH, nous n’avons reçu que 500.000 DH au titre de 2018», confie une source proche du dossier.

    Et de poursuivre: «Nous sommes lassés de payer de notre poche pour un équipement de l’Etat». En fait, la pelouse nécessite un traitement régulier, des semis et un vrai travail du sol. Mais, faute de solvabilité, la société en charge du gazon a claqué la porte. Aujourd’hui, le terrain de jeu ressemble à un champ de patates.

    «Nous avons une pelouse de qualité. Il faut juste l’entretenir», estime un responsable du complexe. Sur place, une dizaine de femmes restent pliées à longueur de journée pour chasser les mauvaises herbes. A noter qu’il y a des machines pour assurer le traitement du gazon.

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    «Mais, l’approvisionnement en carburant et les pièces de rechange ne sont pas pris en charge par le ministère». En ce sens, l’administration du complexe avait demandé 20.000 DH pour la réparation d’une fuite d’eau… mais en vain. «Au lieu de résoudre le problème des puits alimentés gracieusement à partir de la Commune de Aïn Beida, nous consommons l’eau de la Radeef, au risque d’une facture trop salée», s’indigne notre source qui qualifie «la gestion de grand gâchis opéré dans l’indifférence des responsables du ministère».

    A noter que les contrôleurs de la Cour des comptes ont «esquissé la situation du complexe sportif de Fès». «Ils sont restés bouche-bée devant notre situation et comment nous avons pu maintenir la qualité et la propreté du site, sécurité et gazon… malgré l’absence des moyens», rapporte un responsable du complexe.

    Pour rappel, cette infrastructure avait nécessité quelque 500 millions de DH et une dizaine d’années pour sa réalisation. Lors de notre visite, plusieurs responsables du stade affirment que «la Société nationale de réalisation et de gestion des stades (Sonarges) a repris la gestion du stade, à la veille de l’annonce de la fermeture du complexe pour des travaux de mise à niveau en décembre dernier». «Mais depuis le report du projet, aucun dirigeant de Sonarges n’a repris le contact avec eux».

    Assuré par une quarantaine de personnes, dont 7 cadres relevant du ministère, le fonctionnement de ce stade nécessite un budget annuel de 6 millions de DH. Ce qui lui permet de payer des prestataires chargés notamment du jardinage, la sécurité, l’entretien des équipements, le service de propreté, ainsi que l’entretien de la pelouse. Il s’agit principalement de PME, qui faute de paiement, risquent de mettre la clé sous le paillasson.

    Résultat: «Ces sociétés n’ont pas été payées et ne peuvent se permettre de continuer davantage». Ainsi, une réduction du personnel a été opérée.

    Travaux suspendus

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    A l’entrée du complexe sportif de Fès, deux pancartes font office d’accueil. On y voit le détail de deux marchés (17/2018 et 19/2018) relatifs aux travaux d’aménagement en gazon naturel du terrain principal et de deux terrains annexes ainsi que les travaux d’éclairage spécialisé de deux terrains d’entraînement. Dans l’ordre, le premier marché, d’une durée d’exécution de 4 mois, est confié à la société Valtech SA et aux laboratoires Labotest et Labosport, pour un budget de 23,11 millions de DH. Le but est de rendre la pelouse du terrain principal aux normes FIFA. S’agissant de l’éclairage des terrains d’entraînement, il sera effectué par la société Shaper, sous le contrôle du bureau Socotec, moyennant une enveloppe de 5,34 millions de DH. Pour l’heure, le chantier de mise à niveau est à l’arrêt. Certains espèrent la relance des travaux vers la fin de la saison sportive en mai prochain.

    De notre correspondant permanent, Youness SAAD ALAMI

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