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    Mezouar défend son style

    Par Mohamed BENABID | Edition N°:5438 Le 24/01/2019 | Partager
    Le patron des patrons monte au créneau pour répondre aux critiques
    Une crise de communication mais aussi la touche des «mauvais perdants»
    «Il n’y aura pas de rentes de position»
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    Mezouar (ici en campagne électorale avec son colistier Mekouar) attribue une partie du bashing médiatique dont il se dit victime aux résultats, mal digérés, des élections du 22 mai 2018 (Ph. F. Al Nasser)

    Faute avouée est peut-être à moitié pardonnée. En se livrant à un exercice de vérité devant un parterre de patrons de journaux, hier matin, le président de la CGEM, fin tacticien, sait que le meilleur moyen de redorer son image est de faire son mea-culpa. Avec tous les coups médiatiques qu’il a pris ces dernières semaines (et il en a plu des coups), difficile de faire autrement.

    Attentif aux critiques, Salaheddine Mezouar reconnaît quelques incidents de parcours comme celui de la communication au cœur du passif qui a écorné les six premiers mois de son mandat. Il avoue aussi avoir «sous-estimé l’ampleur des conservatismes».

    Mezouar ne tendra pas les deux joues pour autant. Endurci, accoutumé à des batailles politiques dans sa vie antérieure, il n’hésite pas à porter l’estocade. Une partie de la crise actuelle est attribuée aux résultats des élections qui l’ont porté à la présidence. «Résultats qui n’ont pas été digérés à aujourd’hui par de mauvais perdants».

    En revanche, aucun regret sur les arbitrages pour la composition du CA et du remue-ménage qui s’en est suivi. A commencer par la nomination d’un comité qui a travaillé sur les statuts, une orientation qui a été indûment présentée, aux yeux de Mezouar, comme un franchissement des lignes rouges de l’organisation patronale.

    «Ce n’est pas vrai, ça n’a jamais été une affaire sacrée à l’intérieur de la CGEM». L’ouverture d’un tiers des membres est inscrite dans le cadre d’une démarche volontariste qui «répondait au besoin de ceux qui ne sont pas dans la CGEM, mais qui ont refusé d’y être parce qu’ils la percevaient comme étant le club des grands».

    Pas trop éloigné des questions statutaires, l’autre sujet fâcheux se rapporte au groupe parlementaire de la CGEM. Là aussi, la préoccupation aura été de mettre de l’ordre, de codifier. «Quand vous prenez le temps de lire des statuts et règlements intérieurs de la CGEM, vous allez constater que la représentation n’existe pas. Le mode opératoire n’existe pas, c’est la volonté du prince. C’est le président qui va décider d’opter pour une catégorie de personnes, qui passent ensuite par la case élective. Trouvez-vous cela normal?» s’interroge Mezouar.

    «Toute représentation souhaitée à l’intérieur de la CGEM doit passer par la case élective. Il n’y a pas de rentes de position et je refuse qu’il y ait des rentes de position». Même si le casting de Abdelilah Hifdi, président du groupe parlementaire de la CGEM, a été jugé controversé par quelques confrères (au cours de la séance des questions-réponses ayant suivi le débrief), Mezouar botte un peu en touche ou du moins ne s’engage pas sur des critiques ad hominem, et répond procéder par pragmatisme, «d’autant que ce poste est très prenant et pas très convoité».

    Dans la foulée, il prend soin de rappeler sa philosophie d’action. La conception nouvelle est guidée par la nécessité de déployer «une organisation qui soit la plus représentative possible de ce qu’elle est censée défendre».

    Mezouar laisse aussi échapper sa perplexité face aux critiques sur la vacance à la présidence entre septembre et décembre alors qu’il situe son mandat dans des missions à la fois publiques et privées qui se sont traduites par près de « 50 actes en relation avec le Maroc et l’international, dont une grande partie à l’ONU». 

    Les questions statutaires, et les questions d’ego au sein de la commission parlementaire de la CCGEM ayant été particulièrement chronophages et énergivores, Mezouar veut que les choses aillent beaucoup vite sur le temps économique. Là aussi, il n’hésite pas à dérouler les réalisations. La première des priorités « était de rétablir dans un premier temps un choc de confiance, car les entreprises manquaient de visibilité ».

    La deuxième était d’ouvrir des soupapes pour la trésorerie des entreprises. D’où les discussions autour des arriérés de l’Etat sur la TVA dont le remboursement s’est accéléré (ndlr: même si ce chantier a été ouvert par son prédécesseur, Miriem Bensalah).

    La question du cash sera également sur la table à l’occasion de la réunion tripartite  CGEM/BAM/GPBM annoncée pour mars. Mezouar assure que d’autres mobilisations se poursuivent, souvent en sourdine, comme pour la réforme de la fiscalité, sur laquelle «il faut donner de la visibilité et de la stabilité», la charte de l’investissement ou encore la formation et l’emploi dans la perspective des prochaines assises.

    Toujours dans une logique de résultats. «Nous ne pouvons pas aller à des assises qui se contenteraient de recommandations. Les gens sont fatigués des recommandations sans lendemain».

    Verbatim

    mezouar_038.jpg

    Ce qu’il a dit sur:

    Les relations avec le gouvernement:
    «La première chose à faire c’est de soumettre une plateforme qui puisse structurer la relation et traiter les différentes questions qui sont sur la table en relation avec la dimension économique. Cette plateforme n’est toujours pas définitivement validée. Dès le premier jour, j’ai dit au chef du gouvernement que notre contexte exige un pacte pour la croissance et l’emploi».

    Le dialogue social:
    «Les questions du droit du travail et des relations avec les partenaires sociaux sont sur la table. Mais je considère que nous devons adopter une approche différente. La CGEM doit traiter directement avec les partenaires sociaux et avoir ses propres canaux».

    Le départ de Rahhou:  
    «C’est quelqu’un qui a beaucoup apporté à la CGEM. Il faut respecter les contextes et considérations de chacun. Si une personne à l’intérieur d’une organisation souhaite prendre du recul pour pouvoir s’occuper d’autre chose, compte tenu des charges, de responsabilités, il faut respecter son choix. C’est ce que j’ai fait, mais ça a pris une autre ampleur»

    M.B.

     

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