Régions

Fès: La grogne des petits taxis enfle

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5437 Le 23/01/2019 | Partager
Ils réclament l’évacuation des grands taxis en dehors du périmètre urbain
Près d’une semaine de grève sans aucune réaction des autorités
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Stationnant tout au long de l’avenue Hassan II, les taximen réclament la lutte immédiate contre «l’invasion» des grands taxis et le transport clandestin. Les chauffeurs qui n’adhèrent pas au mouvement sont arrêtés par les grévistes (Ph. YSA)

Les taximen de Fès ne décolèrent pas. Ils ont entamé hier mardi leur 7e journée de grève. Munis d’un communiqué avalisé par les différentes organisations syndicales et associatives, ils ont installé, depuis mercredi dernier, leurs véhicules au milieu du boulevard Hassan II, en guise de contestation.

En effet, les conducteurs des petits taxis mènent une grève depuis le 16 janvier pour protester contre l’anarchie que connaît leur secteur. «Nous dénonçons la prolifération des transports clandestins, l’invasion des grands taxis, et la non-application de la décision préfectorale de 2009», disent-ils. Les manifestants s’insurgent également contre «les agressions dont certains d’entre eux ont été victimes… parfois orchestrées par les chauffeurs des grands taxis».

«Ils s’en prennent aux petits taxis et leur livrent une concurrence déloyale dans le périmètre urbain», critiquent-ils. Pour la plupart des manifestants, «ce périmètre doit être redéfini vu la croissance de la ville». En attendant, et malgré la grogne, «la wilaya fait la sourde oreille».

Décidé conjointement par les responsables de plusieurs centrales syndicales, ce mouvement se prolonge depuis près d’une semaine. «Si les habitants de Fès optent pour des alternatives (covoiturage, bus et transport clandestin) durant les jours ouvrables, les touristes et autres visiteurs de la ville restent bloqués au niveau de la gare», rapporte un militant associatif.

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Pour lui, cette grève est inopportune surtout qu’elle intervient dans un moment où les petits taxis rouges sont très sollicités. Signalons que les taximen qui n’adhérent pas à la grève sont arrêtés par les protestataires, sous le regard indifférent des autorités. Leurs clients sont priés de continuer leur trajet à pieds. Face à cette situation, une campagne de boycott des petites voitures rouges est lancée, depuis dimanche, sur les réseaux sociaux. Les usagers y dénoncent le comportement des chauffeurs de taxis qui «vous imposent leur circuit».

Par ailleurs, dans un communiqué publié le 21 janvier, les conducteurs des petits taxis ont présenté leurs excuses aux usagers pour avoir perturbé le bon déroulement de leurs affaires quotidiennes et ont affirmé que la grève se poursuivra tant que leurs revendications ne seront pas entendues.

Dans ce même communiqué, la coordination locale des taximen précise que «ce mouvement intervient à la suite des discussions et des réunions stériles qui se poursuivent depuis deux ans maintenant sans aboutir à des résultats positifs qui pourraient servir les intérêts du secteur et de ses professionnels». Affaire à suivre...

De notre correspondant permanent, Youness SAAD ALAMI

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