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    Emploi: Robotisation vs bas salaires

    Par Ali ABJIOU | Edition N°:5436 Le 22/01/2019 | Partager
    Pour l’heure, les patrons continuent de miser sur une main-d’œuvre peu qualifiée car moins onéreuse
    Profiter de ce répit, pour former des profils à plus forte valeur ajoutée et plus coûteux
    Le système d’enseignement sera-t-il capable de suivre le rythme?
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    La robotisation, freinée au Maroc par les bas salaires, est une nécessité qui permettra à la longue de créer d’autres emplois à plus forte valeur ajoutée. Encore faudra-t-il s’y préparer (Ph. Adam)

    Améliorer le revenu de la classe ouvrière, le credo des syndicats et l’un des écueils lors de l’actuel round du dialogue social n’est pas partagé par tout le monde. Pour certains responsables RH, le niveau relativement bas des salaires au Maroc a certains avantages, comme la préservation des emplois et la protection contre la robotisation.

    C’est le cas de Hicham Zouanat, DRH et président de la Commission Relations avec les partenaires sociaux de la CGEM, qui intervenait lors de la 5e édition des HR Days, organisée par l’Agef Chamal à Tanger, le week-end dernier. Pour ce dernier, le niveau des salaires dont jouit le Maroc constitue une barrière contre la robotisation.

    Tout le long d’une chaîne de production, même au niveau de la palettisation, un processus consommateur en main-d’œuvre, la robotisation est freinée par les bas niveaux de salaires pour une raison purement comptable. Selon Zouanat, pour les industriels le calcul est simple. Face au coût élevé d’une solution de robotisation qui pourrait atteindre ou dépasser le million de DH, le niveau du Smig actuel (2.570 DH) rend non rentable cette option.

    Sous d’autres cieux, les niveaux élevés du salaire minimum (1.204 euros en France par exemple, 13.000 DH environ) font de la robotisation une option tout à fait envisageable. Mais il ne s’agit pas de combattre les avancées et d’encourager les bas salaires mais plutôt de profiter de cette réalité pour mieux se préparer à cette fin inéluctable.

    Un maître mot, la formation. Car la robotisation et l’industrie 4.0 requièrent plus de connaissance et de maîtrise et restent des opportunités de création de nouveaux emplois à plus forte valeur ajoutée. «La robotisation est une obligation dans certains cas car elle permet de réduire l’écart technologique dans certains domaines», nuance par contre Mohamed Bachiri, directeur général de la Somaca et président de la Commission solutions sectorielles de la CGEM.

    Dans le monde de l’automobile, la robotisation a d’autres avantages comme la garantie d’une qualité minimale, quelle que soit la rémunération. C’est le cas de la soudure des caisses d’une voiture ou du montage de certaines pièces, qui ont besoin d’une grande dextérité.

    Une grande question cependant: Avec tous ses travers actuels, le système d’enseignement sera-t-il capable de suivre le rythme? Les filières de robotique commencent à peine à s’implanter dans les universités et la demande pour ce type de profils est très forte.

    Et là encore, le débat sur la formation resurgit avec d’autres problématiques d’actualité, à savoir la refonte des cursus, l’introduction de nouvelles filières et le passage à des méthodes ayant fait leurs preuves.

    Crises: Les DRH doivent se réinventer

    Il y a quelques mois, des rumeurs avaient circulé sur un câbleur, gros employeur à Tanger, qui était accusé à tort de vouloir faire fi de l’ancienneté des employés en changeant de dénomination sociale et en leur faisant signer de nouveaux contrats de travail. La riposte des employés, nourris par des intérêts occultes ou tout simplement mal informés, a mené à la grève et à la confrontation avec la direction. Il s’agit d’un cas typique qui démontre les nouvelles menaces auxquelles doivent faire face les DRH aujourd’hui. «Sont-ils préparés à les affronter?» se demande le patron de la Somaca. C’est le cas aussi devant la perte d’un profil clé ou de tout autre incident imprévu auquel les DRH en général sont mal outillés, sauf dans les grandes structures.

    Ali ABJIOU

     

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