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    Economie

    Prix de L’Economiste: Les temps forts de la cérémonie

    Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5435 Le 21/01/2019 | Partager
    Vibrant hommage au regretté Pr. Ahmed Driouchi
    La recherche au cœur des débats en attendant un électrochoc
    Les Chinois scrutent nos travaux scientifiques
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    Chercheurs, hauts responsables universitaires et personnalités du monde des affaires sont venus nombreux à la 14e édition du Prix de L’Economiste (Ph. Bziouat)

    Merci Eco-Médias, merci L’Economiste. Les témoignages ne tarissaient pas ce mercredi 16 janvier à l’occasion de la cérémonie de remise du Prix de la recherche en économie et gestion. Les lauréats, leurs directeurs de recherche mais aussi les invités tenaient à féliciter le quotidien pour son initiative et son engagement. Une cérémonie qui a accueilli des chercheurs, de hauts responsables universitaires et des personnalités du monde des affaires.

    «Il s’agit d’un moment très important pour nous, nos lauréats, le monde universitaire et la recherche», a souligné d’emblée Meriem Oudghiri, secrétaire générale de la Rédaction de L’Economiste lors de l’ouverture de la cérémonie qui consacre les meilleures thèses de Doctorat, les meilleurs mémoires de Masters et les meilleurs mémoires de licences. Des travaux validés par des établissements publics ou privés.

    Le Prix de L’Economiste est né il y a 14 ans avec la volonté de contribuer à la création de ce «fameux» pont entre l’entreprise et l’université et soutenir les jeunes chercheurs. Et donc récompenser celles et ceux qui, à travers leurs travaux, peuvent faire progresser la recherche et la société.

    Reste que tous les candidats sont méritants puisqu’ils sont déjà titulaires du diplôme et que la qualité de leur travail a été reconnue au niveau académique.

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    Le Pr. Driss Alaoui M’Daghri, président du jury du Prix de L’Economiste (Ph. F. Al Nasser)

    Aux côtés de ces lauréats, poursuit Meriem Oudghiri, il y a également des laboratoires de recherche, des encadrants, des écosystèmes auxquels il faut aussi rendre hommage. Au fil des éditions, le jury du Prix a assisté à l’émergence d’une nouvelle génération de travaux, plus collés à l’actualité et aux préoccupations du moment.

    «C’est encourageant pour un domaine aujourd’hui qui doit être perçu comme hautement stratégique. Et c’est pour cette raison que l’innovation et la recherche doivent être développées et soutenues de façon active, cohérente et durable», dira-t-elle.

    Depuis, plusieurs lauréats du prix de L’Economiste ont fait beaucoup de chemin. Certains d’entre eux ont gravi des échelons en se hissant au grade de hauts gestionnaires dans des entreprises de renommée internationale, d’autres se sont installés pour leur propre compte alors qu’une frange s’est orientée dans la recherche scientifique.

    C’est donc un pari réussi pour l’institution, car au-delà de la récompense, le prix est devenu un label et une référence dans les milieux universitaires.

    Des moments forts marquent aussi la traditionnelle cérémonie. A l’ouverture, le président du jury, Driss Alaoui M’Daghri a rendu un vibrant hommage au regretté Pr. Ahmed Driouchi qui nous a quitté l’année dernière. Il avait siégé au jury pendant plusieurs années.  Et la circonstance était tout indiquée puisque la fête était consacrée à la recherche.

    Professeur d’économie et doyen de l’Institut d’analyse économique et des études prospectives à l’Université Al Akhawayn, il «avait la recherche chevillée au cœur», témoigne M’Daghri. Ayant  entièrement dédié sa carrière à l’enseignement, feu Driouchi «avait le souci constant de faire œuvre pédagogique sans se départir de son expertise exigeante», rappelle le président du jury. Le disparu, mais toujours présent à travers sa riche production scientifique, est aussi l’auteur de plusieurs ouvrages et articles liés à l’économie de la connaissance au Maroc et dans les pays arabes et méditerranéens.

    Le Prix de L’Economiste pour la recherche en économie et gestion est aussi l’occasion pour une personnalité de partager sa vision sur une question d’intérêt national. Cette année, le débat a été animé par le Pr. Mohamed Khalfaoui, directeur du Centre national pour la recherche scientifique et technique (CNRST). Cet organisme est un peu l’agrégateur et le hub de la recherche dans le pays.

    Le système est riche en structures. Outre le  CNRST, il compte une douzaine d’universités publiques, 5 privées et autant créées dans le cadre de partenariat public privé, 146 établissements d’enseignement supérieur ne relevant pas des universités et des établissements publics de recherche. 

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    Mohamed Khalfaoui, directeur du CNRST: «Nous n’arrivons pas à transformer nos brevets en création de richesses»  (Ph. F. Al Nasser)

    Son organisation est pilotée principalement par les pouvoirs publics. Il s’agit notamment du ministère de l’Education nationale, de l’Académie Hassan II des sciences techniques et du Comité permanent de la Recherche scientifique et du développement technologique. «Mais il reste à réinventer pour  qu’il puisse atteindre les objectifs qui lui sont assignés», concède Khalfaoui.

    Cadre juridique, financement et valorisation, le triptyque qui fait défaut au système. Une centaine de brevets sont déposés annuellement par les chercheurs mais trouvent peu de  preneurs auprès des structures d’accompagnement. Surtout le privé pour la recherche technique et technologique.

    Pour le moment, l’essentiel du financement provient du secteur public: 73% selon les dernières données communiquées par le professeur Khalfaoui. Le reste est départagé à hauteur de 22% entre le privé et 5% par la coopération internationale. Quant au montant, il n’est pas à la hauteur des ambitions. En tout cas, il reste très en dessous du 1% du PIB affiché comme objectif depuis de nombreuses années.

    Pourtant, la production scientifique indexée des universités est en forte hausse. Entre 2013 et 2017, elle a explosé de 78%. Ces publications se chiffrent annuellement à 6.500 ouvrages dont 2.000 doctorats soutenus par an.

    Au chapitre des ressources humaines, les enseignants-chercheurs se comptent par plusieurs milliers rien qu’au niveau de trois universités qui se placent en tête du peloton (en nombre): Rabat, Casablanca et Fès.

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    Au niveau du contenu, les publications en science physique et sciences de la santé prédominent. En revanche, les sciences humaines, notamment économiques, restent faibles. D’où le mérite du soutien de L’Economiste à cette discipline. Mais cela ne veut pas dire que le pays est performant en ce qui concerne l’innovation.

    Entre 2016 et 2018, il a dégringolé de la 72e à la 76e place sur 127 pays dans le classement de l’indice global de l’innovation (GIL). En Afrique, il est passé du 3e rang au 6e.

    Aujourd’hui, la révision de la stratégie à l’horizon 2025 s’impose. La réforme concerne le cadre juridique, la gouvernance et le financement. A commencer par la révision de la loi sur l’enseignement supérieur via l’introduction d’un chapitre spécifique à la recherche scientifique. Objectif: assurer le financement sur la base d’une contractualisation entre l’Etat et l’université.

    Le dispositif sera complété par la mise en place d’une réglementation régissant la relation entre les chercheurs et les institutions en matière d’innovation: brevets et valorisation des produits de la recherche.

    Le jury

    Le jury du Prix de L’Economiste est composé de personnalités d’horizons divers, d’universitaires, de dirigeants d’entreprises et de dirigeants de L’Economiste.
    Président du jury:
    - Driss Alaoui M’Daghri, ancien ministre et professeur universitaire
    Membres du jury:
    - Ahmed Rahhou, PDG du CIH
    - Asma Bellamine, ancienne directrice du crédit aux particuliers - Banque Centrale Populaire
    - Rachid Hamdad, DGA -Agence TBWA/Alif
    - Youssef Lakhiry, Risk Manager -BMCE Bank of Africa
    - Tarik El Malki, directeur chargé du Développement, des Relations internationales, de la Communication et de la Recherche scientifique, directeur par intérim de l’ISCAE Rabat
    - Nadia Salah, directrice des rédactions -Groupe Eco-Médias
    - Mohamed Benabid, Rédacteur en chef -L’Economiste
    - Meriem Oudghiri, secrétaire générale de la rédaction-L’Economiste
    - Abashi Shamamba, chef de rubrique-L’Economiste.

    A.G.

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