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    Fès/Artisanat: La tannerie Aïn Nokbi bientôt opérationnelle

    Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5434 Le 18/01/2019 | Partager
    Elle a coûté 50,5 millions de DH et bénéficiera à 350 artisans
    Elle remplacera les tanneries actuelles qui se trouvent en médina
    Conditions de travail, promotion, rendement… en priorité
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    D’un investissement de plus de 50 millions de DH, la nouvelle tannerie est située au quartier des tanneurs à Aïn Noqbi. Ce projet, qui est le premier du genre au Maroc, vise à doter la capitale spirituelle d’une tannerie moderne «complémentaire traditionnelle» (Ph. YSA)

    C’est fait. Le financement des travaux de finalisation de la nouvelle tannerie Aïn Nokbi vient d’être acté. Il sera pris en charge par les Conseils régional et préfectoral, ainsi que le ministère de l’Artisanat. C’est Houssine Abbadi, président du Conseil préfectoral de Fès, qui l’a annoncé lors de la dernière session de son conseil.

    Selon lui, «ce projet devait coûter initialement 42 millions de DH. Finalement, son budget a été revu à la hausse. Il est désormais de 50,5 millions de DH». Ce qui permettra de financer le raccordement de la tannerie aux réseaux d’eau et d’assainissement, ainsi que d’autres aménagements. La livraison du projet est prévue dans 6 mois.

    Le projet de la nouvelle tannerie est situé à Aïn Nokbi. «Il remplacera les tanneries de Guerniz Sidi Moussa et Aïn Azleiten en médina», soulignent les initiateurs du projet. «Implantée dans le quartier des tanneurs, la future tannerie offrira un espace moderne permettant d’améliorer les conditions de travail des tanneurs, de développer la qualité des produits, d’augmenter les revenus des artisans, de créer de nouvelles opportunités d’investissement et d’emploi et de renforcer l’attractivité de tels espaces artisanaux», promettent-ils.

    Les responsables et acteurs du secteur y voient aussi un facteur de promotion de l’équilibre du circuit de production au sein de la zone d’Aïn Nokbi. Le projet vise aussi la contribution à la création d’un pôle artisanal englobant, outre les 235 unités de production, un nouveau marché de cuir (déjà opérationnel) et une tannerie traditionnelle.

    S’étalant sur une superficie de 1,08 ha, mitoyenne du marché des peaux brutes, la première tranche de ce projet a nécessité un investissement de 42 millions de DH, dont 35 millions financés par le département de l’Artisanat et 7 millions de DH par le Conseil régional Fès-Meknès.

    Pour ce qui est de sa deuxième tranche, elle comporte la réalisation d’une station de prétraitement des eaux usées. D’une enveloppe de 14 millions de DH, ce projet est le premier du genre au Maroc. Il vise à doter la capitale spirituelle d’une tannerie moderne «complémentaire traditionnelle».

    Concrètement, la nouvelle tannerie est dotée, entre autres, de 600 cuves, 5 puits, 132 ateliers, un café, un centre de soins, et une salle d’exposition des produits. L’ensemble de ces dépendances épouse en parfaite harmonie un espace de travail qui assurera la qualité des productions et leur commercialisation, la sécurité des travailleurs et de leurs clients et le transport.

    La réalisation de cette tannerie s’inscrit dans le cadre du Programme du développement régional de l’artisanat (PDRA). Lancé en 2011, sa réalisation devrait insuffler une nouvelle dynamique au secteur du cuir. Parmi les partenaires de ce projet figurent d’ailleurs le ministère de l’Artisanat, la wilaya, les Conseils communal et préfectoral et la Confédération des chambres d’artisanat.

    Par ailleurs, environ 350 tanneurs travaillant, en effet, le cuir dans les tanneries de Sidi Moussa et Aïn Azleten seront recasés dans la nouvelle tannerie. Celle-ci leur garantira le tannage végétal dans son état traditionnel et original. En plus, les artisans-tanneurs seront initiés aux techniques modernes plus respectueuses de l’environnement.

    Rappelons à ce titre que la mairie de Fès avait promulgué un arrêté approuvé en avril 2015 interdisant l’utilisation des produits chimiques au sein des tanneries traditionnelles de la médina (Sidi Moussa, Aïn Azleiten et Chouara). Parallèlement à cela, l’Ader avait chapeauté une vaste opération de réhabilitation et de restauration dans le cadre du projet royal des trois sites pour un budget global de 75,5 millions de DH.

    La restauration de ces tanneries devait donner un nouvel élan à un secteur artisanal, grand pourvoyeur d’emploi et d’attraction touristique par excellence. Toutefois, les tanneurs, eux, évoquent  une activité en perte de vitesse, et tablent sur l’appui du gouvernement pour enclencher une nouvelle dynamique, nécessaire au secteur.

    De notre correspondant permanent, Youness SAAD ALAMI

                                                                                       

    Les touristes émerveillés

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    La tannerie Chouara, située dans le quartier Blida, avait été restaurée à l’initiative du Roi. Elle attire désormais plus de 90% des visiteurs marocains et étrangers. Pour y accéder, il faut emprunter la rue Mechatine pour remonter l’histoire de l’époque médiévale du Royaume.

    En accédant à ce quartier, les touristes «émerveillés» sont aussitôt plongés au cœur de l’artisanat en découvrant des peaux acheminées à dos d’ânes pour sécher au soleil ainsi que des séries de bassins où la couleur est plus que jamais présente.

    Dans le quartier des tanneurs, la plupart des maroquiniers disposent d’une terrasse leur permettant d’observer les puits en brique de terre séchée et en carreaux où sont réalisés le tannage et la teinture des peaux: un spectacle de couleurs ensoleillées au grand bonheur des visiteurs.

    Malgré les odeurs, certes beaucoup moins agréables, la visite de ces tanneries constitue une expérience fort intéressante qui offre la possibilité de découvrir le processus de fabrication des babouches, sacs, portefeuilles…, confectionnés grâce au savoir-faire pluriséculaire de ces artisans.

    B.B.

     

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