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Brexit: Après le rejet de l’accord, les différents scénarios

Par L'Economiste | Edition N°:5433 Le 17/01/2019 | Partager
Une motion de censure contre le gouvernement
Période d'incertitude économique

Le Royaume-Uni et l'Union européenne sont plongés dans l'incertitude à deux mois et demi de la date prévue du Brexit, le 29 mars 2019. Et pour cause, les députés britanniques ont massivement rejeté, mardi 15 janvier dans la soirée, l'accord de Brexit négocié par la Première ministre Theresa May avec Bruxelles.

Voici les principaux scénarios possibles après ce vote:

■ Essayer à nouveau:
Rien n'empêche légalement le gouvernement de soumettre une nouvelle fois le même accord, jusqu'à ce qu'il reçoive le sceau des députés. Pour Theresa May comme l'UE, l'accord de divorce issu de longues négociations est le seul et le meilleur possible. Malgré sa sévère défaite au Parlement, elle a prévenu qu'il n'y avait pas d'alternative possible. La cheffe du gouvernement a toutefois proposé des discussions entre partis pour déterminer la voie à suivre.

■ «No deal»:
 Après son rejet par la Chambre des communes, l'un des scénarios envisageables est celui d'un Brexit sans accord, particulièrement redouté par les milieux économiques, avec le spectre d'un effondrement de la livre et d'une montée du chômage. Il s'agirait alors d'une sortie désordonnée, sans période de transition pour amortir le choc. Les relations économiques entre le Royaume-Uni et l'UE seraient régies par les règles de l’OMC et une multitude de contrôles douaniers et réglementaires devraient être mis en place en urgence.

■ Second référendum:
Jusqu'ici exclue par Theresa May, cette possibilité est réclamée par les europhiles dans l'espoir qu'il inverse le résultat de la consultation du 23 juin 2016 et par certains responsables politiques pour débloquer la situation. Reste à définir les modalités: maintien dans l'UE ou plan de Theresa May? Ou sortie sans accord? Sans garantie que la consultation donnerait un résultat différent de celui de juin 2016. Le Parti travailliste, principale formation d'opposition, se rangerait à cette option s'il n'obtenait pas les élections anticipées qu'il souhaite.

■ Nouvelles élections:
Le Parti travailliste a déposé, immédiatement après le rejet de l'accord, une motion de censure contre le gouvernement, qui devait être débattue hier mercredi dans la soirée. Si cette motion est adoptée par une majorité de députés, un nouveau gouvernement doit être formé et recevoir la confiance du Parlement dans les quatorze jours. Les partis d'opposition peuvent eux aussi chercher à former un gouvernement de coalition. Si aucun nouveau gouvernement n'est constitué, ou si celui-ci n'obtient pas la confiance des parlementaires, de nouvelles élections législatives sont convoquées.

■  Report du Brexit:
Le faire via une extension de l'article 50 du Traité de l'UE, qui régit le départ d'un Etat membre, apparaît de plus en plus comme une éventualité crédible. L'organisation d'un second référendum ou d'élections législatives anticipées nécessiterait aussi de repousser la date du Brexit. Une centaine de députés européens de différents bords politiques se sont engagés à soutenir une demande de report de Londres. Mais dans ce cas, quid des élections européennes, qui se dérouleront entre le 23 et le 26 mai prochain?

Plan d’urgence

La Commission européenne a présenté récemment une série de mesures afin d'atténuer les conséquences d'une sortie sans accord pour les secteurs susceptibles d'être les plus affectés: transport, finances, douanes,  environnement... (Voir notre édition N° 5417 du 21/12/2018). En ouverture du débat sur le Brexit au Parlement européen, la présidence roumaine de l'UE s'est engagée à faire adopter ces mesures en temps utile.

F. Z. T. avec AFP

 

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