Culture

Spectacle: Jamel Debbouze, la grenouille et la belette

Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5430 Le 14/01/2019 | Partager
L’humoriste retrouve son public casablancais
Une heure et demie de fous rires et de vannes désopilantes
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Dans son spectacle Jamel raconte sa vie, celle des siens, ses parents, ses enfants et leur double culture devant un public emporté par les vannes typiques de l’enfant de Trappes, gouailleur, l’air terriblement juvénile malgré ses 44 ans (Ph.Véronique Fel)

L’humoriste était de retour sur scène à Casablanca du 8 au 12 janvier 2019, après presque une décennie d'absence, avec son one-man-show intitulé «Maintenant ou Jamel». Car si le public marocain a l’habitude de retrouver l’humoriste chaque année à Marrakech, les casablancais qui ne font pas le déplacement à la ville ocre devaient se contenter de quelques passages télévisés.

Une absence qui a manqué autant à l’artiste qu’à son public: «ça m’a sauté au visage en montant sur scène à Casablanca, j’ai vu passer 15 ans de ma vie, entre le mariage, les enfants, le Marrakech du rire, les projets extraordinaires… la vie. J’étais très ému, c’est comme venir voir sa famille après une longue absence», déclare Jamel Debbouze, un brin nostalgique. Touché et heureux d’être là! Jamel le clame haut et fort dès son entrée sur scène. 

L’œil pétillant et le sourire radieux, il entre en scène en bondissant, comme à son habitude, et c’est parti pour une heure et demie de fous rires. Un public emporté par les vannes typiques de l’enfant de Trappes, gouailleur, l’air terriblement juvénile malgré ses 44 ans, et ses jeux de mots délectables.

Dans son spectacle Jamel raconte sa vie, celle des siens, ses parents, ses enfants et leur double culture. Il scrute d’abord l’assemblée, chambre un peu les premières rangées, «les riches», «les vip qui ne payent jamais leurs tickets», serre des mains, puis s’adresse aux sièges arrières, «les pauvres, à qui il faut donner la parole».

La discussion s’engage. Il parle du Maroc, du festival le Marrakech du rire qu’il a créé il y a sept ans, raconte d’une manière désopilante «le système D», la débrouille ainsi que la tentative infructueuse d’une entreprise allemande, de structurer le festival. «Ce festival est comme le Maroc, on y va doucement, mais on avance tout de même alors que d’autres pays régressent. «La France», désignent plusieurs voix dans le public.

«La France? Nonnnnn,  c’est extraordinaire la France, on a la Sécurité sociale, l’école gratuite, Michel Drucker!», réplique-t-il. «Et on a Macron» ajoute-t-il en s’esclaffant «Il est plus petit que moi, c’est incroyable!!!! 39, c’est pas un âge présidentiel, c’est à peine une pointure! Moi je chausse du 39». Debbouze taille au passage un joli costume à Trump: «Je crois qu’il a un seul cheveu, mais long, genre 100 mètres, qu’il enroule tous les matins pour avoir cette coiffure».

Le showman évoque aussi ses enfants, Léon qui essaye de gérer sa double culture. «Papa, c’est vrai que c’est les Arabes qui ont inventé la bagarre?» «Ah non. Les Arabes ils ont inventé les mathématiques, le diabète, la sieste… C’est les gitans qui ont inventé la bagarre». I

l y a aussi, Lila, qui rend Jamel gaga, il fait tout pour elle, va aux réunions parents profs, supporte même la directrice d’école de sa fille, qui n’arrête pas de lui demander des services… jusqu’au jour où elle lui demande de jouer au  terroriste pour l’exercice d’évacuation de l’école: «Et vous, vous ne voulez pas faire connasse dans mon prochain spectacle?» Il réinvente au passage les fables de La Fontaine: la grenouille et la belette.

«La grenouille, c’est les Français, la belette c’est les arabes et les noirs…» d’un côté la grenouille avec dans son bec argent et visas qui ne lâche rien. De l’autre, la belette qui n’a «que des sandalettes toutes pourries et beaucoup trop de frères et de sœurs». Morale de l’histoire rédigée avec l’aide du public: «La grenouille aura beau fermer la porte, la belette reviendra toujours par la fenêtre».

Amine BOUSHABA

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