Politique

PAM: Benchamach poussé vers la sortie?

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5428 Le 09/01/2019 | Partager
La montée en puissance de Akhchichène, pourtant blâmé il y a quelques semaines
Le congrès national avancé à octobre prochain
Nouveau patron pour le bureau fédéral

Le PAM est-il vraiment sorti de la zone de turbulences? Difficile de répondre par l’affirmative surtout au lendemain de la tenue d’une réunion au sommet samedi dernier ( bureau politique et bureau fédéral) destinée à mettre de l’ordre dans la maison, après des sorties de route publiques de responsables du parti.

Au final, plusieurs décisions ont été prises. Ahmed Akhchichène, président de la région Marrakech-Safi, qui avait essuyé un blâme du secrétaire général il y a quelques semaines, vient d’être promu secrétaire général par intérim, un poste supérieur au grade de SG-adjoint.

Cela peut être interprété comme un pas en arrière de Abdelhakim Benchamach pour laisser à l’ancien ministre le champ libre pour diriger le PAM pendant la période de transition qui va jusqu’en octobre prochain, date du prochain congrès. Ce rendez-vous était initialement prévu pour janvier 2020 mais la pression de la contestation a été telle qu’il a été avancé de quelques mois.

La plupart des responsables ont pris conscience que sur le plan organisationnel, la paralysie a pris une grande ampleur dans les sections régionales et provinciales. Ils espèrent que le nouveau secrétaire général par intérim, membre fondateur et figure respectée au sein de la formation, puisse revitaliser le PAM et le remettre en ordre de bataille. Toutefois, certains d’entre eux craignent qu’il ne soit fragilisé par le rapport de la Cour des comptes sur le programme d’urgence du ministère de l’Education nationale.

Qu’importe, il y a de fortes chances qu’il succède à Benchamach  à la tête du parti en octobre prochain. Pour renforcer ses chances, il est attendu sur les moyens pour améliorer l’attractivité du parti et élaborer un projet politique. S’il veut croiser le fer avec le PJD, il devra renforcer ses arrières, en évitant les sorties contre-productives. Car, depuis le départ d’Ilyas El Omari, le parti ne s’est pas rénové pour mieux se préparer au rendez-vous de 2021, qui sera une année électorale par excellence (élections législatives, communales, régionales, chambres professionnelles,…).

Pour maintenir les scores réalisés sous l’ancienne direction, le PAM devra se réveiller. Tel que c’est parti, même les militants les plus aguerris ne croient pas pouvoir décrocher notamment 106 sièges à la Chambre des représentants et 5 présidences de régions.

5 secrétaires généraux en moins de dix ans d’existence

Par ailleurs, pour des observateurs, cette étape signe le début de la fin de l’ère de Abdelhakim Benchamach, porté à la tête du PAM en mai dernier, sans un adversaire coriace. Le congrès a été organisé, à quelques mois du renouvellement de la présidence de la Chambre des conseillers, pour lui permettre de rempiler au Parlement.

A cette occasion, des dirigeants se sont consultés pour organiser la sortie d’Ilyas El Omari et obtenir un compromis en offrant la présidence du groupe parlementaire au député Abdelatif Ouahbi et l’intégration du bureau politique de jeunes figures comme Mehdi Bensaid ou Rachid Abdi.

A cause de manœuvres en coulisses, ce calcul a fait long feu. Depuis, le moindre vent soufflant sur les braises risquait de provoquer des incendies dans la maison PAM. En plus, ces manœuvres n’ont pas cherché néanmoins à atténuer le contrôle exercé par le courant des rifains très influents au sein du parti.

Il faut noter que le PAM est le seul parti qui aura consommé 5 secrétaires généraux en moins de dix ans d’existence, soit une moyenne de deux ans pour chacun. Il s’agit d’un rythme de rotation accéléré. En effet, le parti a démarré par Hassan Benaddi, suivi de Mohamed Cheikh Billadillah, Mustapha Bakkouri, Ilyas El Omari et Hakim Benchamach.

En tout cas, l’autre décision sortie du conclave de samedi dernier confie la présidence du bureau fédéral du PAM à Mohamed Hammouti. Ce proche de Ilyas El Omari a posé ses conditions afin d’avoir comme premier adjoint Samir Kodar, le coordinateur provincial du parti à Marrakech, qui a été exclu quelques semaines auparavant par Abdelhakim Benchamach.

Le deuxième adjoint du président est Mohamed Ghayat.  C’est le bureau fédéral qui gère les commissions chargées de l’organisation, celle des finances et celle des élections. C’est cette dernière qui aura le dernier mot sur les demandes d’accréditations des candidats lors des différents scrutins.

Un conseil national en avril

Une commission, créée et chapeautée par Ahmed Akhchichène, est chargée de préciser et de développer la feuille de route présentée par Abdelhakim Benchamach. Une autre structure commune, entre le BP, le BF et le conseil national. Elle se penchera sur le suivi de l’exécution et la mise en œuvre de cette feuille de route.
Autre résolution, la tenue d’une session du conseil national en avril prochain. Cette étape servira également à constituer la commission préparatoire du prochain congrès. La tenue de ce rendez-vous a été avancée sous la pression des contestataires qui réclamaient la dissolution du bureau politique et la tenue d’un congrès extraordinaire. Ce rendez-vous sera également décisif pour le lancement des préparatifs pour les prochaines échéances électorales. Affaibli par ces querelles internes, le PAM devra resserrer les rangs pour éviter un échec retentissant. Surtout face à des concurrents de taille et bien organisés comme le RNI de Aziz Akhannouch ou l’Istiqlal qui affiche de grandes ambitions depuis l’élection de Nizar Baraka au secrétariat général. 

M.C.

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