Régions

Oujda/Transport urbain: Le grand malentendu

Par Ali KHARROUBI | Edition N°:5427 Le 08/01/2019 | Partager
Autorité délégante et délégataire se rejettent la responsabilité des manquements
Un bureau d’études international pour évaluer le respect des engagements
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Mobilys.Dev devrait débloquer 390 millions de DH comme investissement global (130 nouveaux bus) pour assurer un service de qualité aux usagers. De son côté, la ville doit être capable de remplir sa part du contrat, à savoir l’aménagement de l’infrastructure (Ph. A.K)

Les différentes interprétations que font l’autorité délégante et la société délégataire du transport urbain d’Oujda du cahier des charges ne prévoient pas une solution immédiate à leur désaccord. Pour les autorités municipales, Mobilys Dev (société délégataire) s’est engagée à couvrir la ville avec 130 bus.

«De nouveaux véhicules devaient renforcer le parc en circulation, depuis ce 1er janvier. Or, ce  n’est pas encore le cas», indique un conseiller municipal. Le délégataire aurait dû mettre en circulation des bus à haut niveau de service (BHNS), mais il ne dispose pas pour cela de l’infrastructure dédiée.

La commune urbaine d’Oujda est appelée, pour sa part, à renforcer son réseau de circulation avec des couloirs de bus. La réalisation de ces tracés nécessite des centaines de millions de DH. Un engagement que la commune ne peut honorer avec son budget actuel.  Elle n’est même pas parvenue à lancer les travaux de la tranche prioritaire de son plan de mobilité urbaine (10 km avec 6 pôles d’échange et 5 pôles multimodaux).

De son côté, Mobilys Dev  explique qu’elle a mis au service des usagers un parc de bus de haute facture. Son programme prévisionnel d’investissement envisage l’augmentation graduelle du parc, étalée sur la durée du contrat afin de répondre à une demande croissante, tout en améliorant la qualité de service. 

«Malheureusement, la société est confrontée à plusieurs problèmes touchant le secteur, notamment le manquements par l’autorité délégante à certains de ses engagements contractuels», précise-t-on auprès de la direction de  Mobilys Dev. La société s’est vu également interdire l’exploitation  des lignes périurbaines, pourtant indispensables pour garantir l’équilibre économique du contrat.

Pour Ali Moutea, président du conseil de surveillance, Mobilys fait face à un déséquilibre financier qui menace dangereusement la pérennité de son contrat de gestion déléguée, et dont l’origine est à imputer aux conflits permanents qui déchirent les élus communaux. Mobilys demeure dans l’attente de la réalisation des infrastructures contractuelles promises (couloirs bus) pour pouvoir exploiter les lignes planes de développement urbain.

Pour mettre tout un chacun devant ses responsabilités, l’autorité délégante a mandaté un bureau d’études international, spécialisé dans le transport urbain, pour évaluer le respect des engagements des parties au contrat, ainsi que la qualité de service du transport urbain dans la capitale de l’Oriental. Dans ses conclusions et recommandations, il a invité les deux parties à adopter un avenant pour rétablir l’équilibre économique du contrat et améliorer la mission du service public.

De notre correspondant permanent, Ali KHARROUBI

 

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