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    International

    Pourquoi la Tunisie maintient l’état d’urgence

    Par Jihad RIZK | Edition N°:5426 Le 07/01/2019 | Partager
    Un Etat face aux attaques terroristes depuis 2015
    Un risque persistant en Afrique du Nord

    La présidence de la République tunisienne annonce la prolongation jusqu’au 4 février de l’état d’urgence. Cette situation est en vigueur dans le pays depuis une série d’attaques terroristes sanglantes en 2015.

    Le chef de l’Etat, Béji Caïd Essebsi, «a décidé de prolonger l’état d’urgence d’un mois à compter du 6 janvier. Sa décision est intervenue suite aux concertations avec le chef du gouvernement et le président de l’Assemblée des représentants du peuple», indique la présidence tunisienne.

    Cette prolongation «serait probablement la dernière» en attendant l’adoption par le Parlement d’un projet de loi réglementant l’état d’urgence. Pour l’heure, il est régi par un décret datant de 1978. Ce texte remonte à l’ère du premier président de la Tunisie, Habib Bourguiba (1956-1987).

    Cette nouvelle prolongation intervient au lendemain d’une opération sécuritaire antiterroriste dans le centre-ouest du pays. Deux terroristes présumés ont été tués. Ils se sont retranchés dans une maison à Jelma dans la région de Sidi Bouzid.

    Par ailleurs, des heurts nocturnes avaient été enregistrés fin décembre 2018 dans plusieurs villes notamment au centre-ouest défavorisé du pays. Un journaliste s’est immolé par le feu pour dénoncer les inégalités dans un pays englué dans le marasme économique. Et ce, malgré les acquis démocratiques de la révolution de 2011.

    L’état d’urgence avait été réinstauré le 24 novembre 2015. A son origine, l’attentat perpétré en plein Tunis contre un bus de la sécurité présidentielle (12 agents tués) et revendiqué par un groupe affilié à Daech. La même année, deux autres attentats sanglants de Daech ont eu lieu. Le premier contre des touristes au musée de Bardo à Tunis. Le second dans une zone touristique de Sousse. Les autorités ont comptabilisé 60 morts au total.

    Depuis la révolution de 2011, la Tunisie fait face à l’essor des groupes terroristes armés et les forces de sécurité sont régulièrement visées. Ces groupes opèrent notamment dans les zones montagneuses à la frontière avec l’Algérie.

    A l’instar d’autres régions du monde, la menace terroriste plane sur les pays d’Afrique du Nord. Au Maroc, l’enquête est toujours en cours sur l’assassinat fin 2018 à Imlil de deux jeunes femmes scandinaves. Le Parquet a déféré, jeudi 3 janvier à Rabat, sept personnes devant le juge d’instruction antiterroriste. Elles sont soupçonnées d’être liées au meurtre commis dans la région de Marrakech. 

    En Egypte, un policier spécialisé dans les explosifs a été tué samedi soir au Caire. Il tentait  de désamorcer une bombe repérée devant une église copte. Les Coptes sont régulièrement pris pour cible par les extrémistes.

    La Tunisie sur les pas du Maroc

    L’Instance tunisienne chargée de rendre justice aux victimes des dictatures a annoncé lundi, date de la fin de sa mission, avoir transféré aux cours spécialisées 72 instructions judiciaires relatives à des violations graves commises entre 1955 et 2013. L’Instance vérité et dignité (IVD) a pour mission de «dévoiler la vérité sur les violations des droits de l’Homme commises entre le 1er juillet 1955 et le 31 décembre 2013», une période couvrant la présidence de Habib Bourguiba (1957-1987), de son successeur Zine el Abidine Ben Ali (1987-2011), mais aussi les troubles postrévolutionnaires. Créé en 2014, dans le sillage de la chute de Ben Ali le 14 janvier 2011, cet organisme indépendant a présenté lundi au président tunisien Béji Caïd Essebsi son rapport final contenant des recommandations et des propositions pour mettre fin à l’impunité en Tunisie. Ce rapport va être publié sur le site de l’IVD.

    J.R

     

     

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