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    Tribune

    L’expérience innovante de l’enseignement clinique du droit

    Par Ilham HAMDAI | Edition N°:5426 Le 07/01/2019 | Partager

    Ilham Hamdai est professeur universitaire, responsable de la clinique juridique à la faculté de droit Agdal (Ph. IH)  

    L’enseignement clinique connaît ces dernières années un intérêt grandissant dans les pays de tradition juridique Romano-Germanique. En effet, de par l’histoire de leurs législations et les modes d’évolutions et de développement de celles-ci, plus portées sur la codification, ces pays ont, au cours des cursus de formation, quelque peu négligé la pratique.

    Au contraire, dans les pays du Common Law, la pratique est portée aux nues et les facultés, dès les années 40 du siècle dernier ont ouvert des Law Clinics dans lesquelles les étudiants s’initient au droit à travers le travail sur des cas concrets de problématiques vécues par des citoyens.

    Au Maroc, le peu d’intérêt accordé à la pratique du droit et à l’implication des étudiants dans la résolution des cas concrets et l’adaptation de leurs connaissances théoriques aux problèmes réels, combiné à la relative marginalisation des travaux dirigés, ne facilitent pas l’insertion professionnelle des lauréats. Cette situation est aujourd’hui aggravée par l’insuffisante ouverture des institutions universitaires sur le monde socio-économique et la société.

    Afin de dépasser ces limites et de mieux préparer les étudiants à l’insertion professionnelle, l’Université Mohammed V (UM5), dans le cadre de son partenariat avec l’Université de Bordeaux, a ouvert la voie en avril 2015 par la création de la première Clinique de droit au Maroc dans l’enceinte de la Faculté des sciences juridiques économiques et sociales – Agdal. Elle sera suivie par la suite par d’autres cliniques juridiques à travers le Maroc (Tanger, Settat, Mohammedia, …).

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     La clinique juridique va pouvoir contribuer aux objectifs du  HCR visant notamment la sensibilisation sur les questions des droits des réfugiés et la formation des étudiants des filières juridiques en matière de droits des réfugiés et des migrants (Ph. L’Economiste)

    Des étudiants, sous l’encadrement de professeurs référents, accueillent les citoyens -souvent de condition modeste -, étudient leurs doléances, procèdent à la qualification juridique de leurs problèmes et leur fournissent information et orientation. Il y a là, au-delà de la dimension pédagogique, un engagement citoyen des étudiants et leur implication agissante dans la vie de la cité.

    Trois années après sa création, le bilan de la première clinique juridique du Royaume est encourageant, à plus d’un titre. Il a permis de faciliter et d’accroître l’insertion de nombreux étudiants qui ont pu, grâce à la clinique, se prévaloir d’une connaissance pratique agissante. Encourageant également par la densité des partenariats que la clinique a pu établir afin de diversifier son offre, d’augmenter le nombre de ses bénéficiaires et de répondre encore davantage aux attentes des citoyens.

    L’Association Ribat Al Fath pour le développement durable, véritable partenaire stratégique de la Clinique, l’Institut supérieur de la magistrature, le Conseil régional des notaires de Rabat figurent parmi les institutions résolument engagées pour la réussite de cette expérience innovante.

    Tout récemment et avec le Haut-commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR – Rabat), une convention de partenariat couronnant une collaboration de plusieurs années au profit des étudiants d’une part et des demandeurs d’asile et des migrants d’autre part vient d’être signée. Les réfugiés et autres migrants constituent une population vulnérable souvent en mal d’information juridique et d’orientation dans le dédale des réglementations.

    La clinique juridique va ainsi pouvoir contribuer aux objectifs du  HCR visant notamment la sensibilisation sur les questions des droits des réfugiés et la formation des étudiants des filières juridiques en matière de droits des réfugiés et des migrants.

    Cette démarche s’inscrit dans le droit fil des Orientations de Sa Majesté le Roi visant l’adoption et l’exécution d’une nouvelle politique nationale d’immigration et d’asile et le pacte mondial sur les migrations adopté à Marrakech et dont le Souverain dira qu’il «n’est pas une fin en soi. Il ne fait sens que par sa mise en œuvre effective. C’est pourquoi la conférence de Marrakech est, avant tout, un appel à l’action».

     

     

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