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    Fès-Meknès: Une saison oléicole record

    Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5424 Le 03/01/2019 | Partager
    La production bondit de 40%
    A partir de 26 DH le litre d’huile d’olive, soit -50% sur un an

    Un litre d’huile d’olive se négocie entre 26 et 40 DH à Fès-Meknès. L’an dernier, il était à plus de 50 DH. Cette baisse de prix s’explique essentiellement par une récolte record et une abondante production d’huile d’olive. A telle enseigne que les unités de trituration, qui ont tourné à plein régime durant les mois de novembre et de décembre, refusent désormais le broyage des olives. L’Economiste revient sur les raisons derrière cette saison oléicole exceptionnelle.

    ■ A Taounate, des unités de trituration submergées

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    Les professionnels de la filière oléicole de la région Fès-Meknès affichent bonne mine. Le secteur a enregistré cette année un record de production et de rendement.  Vu l’abondance de l'offre sur le marché local, le prix des olives varie désormais  entre 2,5 et 3,5 DH/kg. Dans la province de Taounate, connue par ses huiles de qualité, les olives sont vendues en ce début d’année en vrac. Les unités de trituration n’ont pas chômé durant les dernières semaines provoquant une forte masse de margines. Elles sont contraintes de stopper la trituration pour ne pas polluer les ressources hydriques. Hier mercredi 2 janvier, les olives sont proposées à partir de 2 DH/kg, tout au long de la route menant vers la petite bourgade. A noter que le rendement par quintal varie entre 14 et 25 litres, selon les racines de l’olivier et la méthode de trituration adoptée.

    ■ 2 millions de tonnes d’olives cette année

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    Globalement, les oléiculteurs  de la région avancent une hausse de production qui avoisine les 40% par rapport à 2017. Ainsi, le consommateur pourra savourer une huile de qualité  entre 26 et 40 DH/litre, alors qu’elle était à plus 50 DH, voire parfois 65 DH, l’année d’avant. En termes de production, les unités de la capitale ismaïlienne et ses environs produisent en moyenne près de 5.600 tonnes. Confortés par les mesures d’appui du Plan Maroc Vert (PMV), les agriculteurs investissent dans la filière oléicole. Laquelle occupe une superficie de plus de 50.000 Ha au niveau de la région (1,2 million Ha à l’échelle nationale. «La production nationale oléicole devrait atteindre 2 millions de tonnes pour la campagne 2018-2019, marquant ainsi une hausse de 28% par rapport à l'année dernière», indique Rachid Benali, président de l’Interprolive.

    ■ Reconnaissance, promotion et trophées internationaux

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    Le Trophée Volubilis Extra-vierge Maroc est devenu au fil des années un vrai outil de promotion à l’international de l’huile d’olive marocaine de qualité. Initiée par l’Agropôle Olivier Meknès, la 10e édition de ce concours (20-25 octobre) était l’occasion de tester la qualité des huiles marocaines. Le concours est ouvert aux producteurs des meilleures huiles d’olive marocaines extra-vierges conditionnées, sous la responsabilité d’un jury de dégustation international. Il a pour objectif de promouvoir la qualité de l’offre marocaine au niveau du marché national et international. Cette année, 10 experts appartenant à des jurys internationaux d’Italie, d’Espagne, de France, d’Allemagne, et de Brésil, agréés par le Conseil Oléicole International, ont été invités. Ils représentent les plus grandes sociétés de distribution et centrales d’achat d’huile d’olive en Europe, dont la société italienne Monini, avec un programme annuel de commercialisation de 120.000 T.
    Parmi les 32 marques en compétition, l’huile d’olive Volubilia de la société Olivinvest de Meknès a remporté le Prix Rameau d’Or (1er Prix) dans la catégorie «Fruitée Intense». Le Prix Rameau d’Argent (2e Prix) a été attribué à l’huile d’olive AICHA de la société LCM-Aïcha de Meknès. Dans la catégorie «Fruitée Moyen», le Prix Rameau d’OR (1er Prix) a été attribué à l’Huile Caractère de la société Les Domaines Brahim Zniber de Meknès.Le Prix Rameau d’Argent (2e Prix) a été remporté par l’Huile d’Olive Elyxus Prestige de la société Olea Capital de Meknès.

    ■ Des sous-produits hautement polluants!
    La problématique environnementale demeure au cœur des préoccupations de la filière oléicole. Pour y remédier, les experts recommandent vivement la valorisation des sous-produits oléicoles (grignons, margines…). Pour Noureddine Ouazzani, responsable de l’Agropôle olivier ENA-Meknès, «les nouvelles orientations du PMV, qui vont de pair avec les exigences environnementales internationales, incitent et favorisent l’adoption du système moderne à 2 phases, jugé le plus écologique. C’est un système qui produit moins d’eau et réduit la pollution». De l’avis de cet expert, «on peut mieux valoriser les sous-produits en mettant des séparateurs de noyaux». Signalons que 2 kg de noyaux représentent l’équivalent de l’énergie d’un litre de gasoil, soit presque 10 Kw, «un chiffre très intéressant pour valoriser le potentiel énergétique de cette biomasse». S’agissant des margines, la production nationale est estimée à plus de 700.000 m3/campagne. Rejetées dans la nature, ces quantités pourraient avoir des effets néfastes sur la faune et la flore. Notons que 1 m3 de margine est l’équivalent de 200 m3 d’eau usée domestique. «A elle seule, la région de Meknès produit plus de 55.668 m3 de margines, soit l’équivalent de la pollution de plus d’un million d’habitant, avec un coût de traitement qui s’élève à 10 millions de DH», explique Ouazzani.

    Un gisement d’énergie à explorer

    Le Maroc, peu doté en ressources énergétiques conventionnelles, dépend quasi totalement de l’extérieur pour son approvisionnement en sources d’énergies modernes. Ce, afin de satisfaire sa demande croissante inhérente à son essor économique et à sa progression démographique. Cette dépendance énergétique était de l’ordre de 95,5% en 2011 soit l’équivalent de 16,9 millions Tonne Equivalent Pétrole (MTEP) qui correspond à une facture énergétique globale du Maroc de 89,8 milliards de DH, dont 81,4 milliards de DH pour les produits pétroliers. La facture énergétique pèse lourdement sur les équilibres économiques et financiers. Ce qui a obligé le Maroc à adopter une loi relative aux énergies renouvelables reposant sur la diversification des sources d’énergie et l’exploitation des ressources naturelles d’énergies renouvelables. Outre les éoliennes et les panneaux solaires, les co-produits de l’oléiculture présentent un énorme gisement énergétique…A explorer.

    De notre correspondant permanent, Youness SAAD ALAMI

     

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