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    Créer son entreprise: Les tuyaux pour se lancer

    Par Karim Agoumi | Edition N°:5423 Le 02/01/2019 | Partager
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    Mourad Touati est  consultant en organisation et gestion d’entreprise. Il est également membre du Centre des jeunes dirigeants (CJD) et coach executive (Ph. M.T.)

    Fonder sa propre entreprise intéresse de plus en plus de salariés, souhaitant changer d’horizons et se mettre à leur compte pour gagner en liberté de manœuvres. Une démarche ambitieuse, facilitée sous nos latitudes par les Centres régionaux d’investissement (CRI), qui nécessite de valider plusieurs étapes administratives pour être lancée et de faire preuve d’une bonne dose d’anticipation ainsi que d’un solide réseautage afin de porter ses fruits. Lancez-vous à votre tour tout dans cette grande aventure tout en assurant vos arrières grâce à Mourad Touati, consultant en organisation et gestion d’entreprise.

    ■ Décrocher le certificat négatif, la première étape!
    Pour créer sa propre boîte au Maroc, il faut tout d’abord déterminer avec précision la nature de son activité  ainsi que la forme juridique de sa future entreprise. «Une décision importante qui influera plus tard sur le mode d’imposition ou encore sur la responsabilité sur les dettes de l’organisme», précise ainsi le spécialiste. L’intéressé doit ensuite s’assurer que la dénomination de son «bébé» n’est pas déjà utilisée. Il doit alors décrocher le certificat négatif, délivré par l’Office marocain de la propriété industrielle et du commerce (OMPIC) pour une durée d’une année. Pour l’obtenir, plusieurs documents doivent être fournis parmi lesquels la carte d’identité nationale du demandeur ainsi qu’un formulaire à télécharger sur «www.ompic.org.ma».

    ■ Choisir judicieusement son siège social
    L’étape suivante, également essentielle, consiste à choisir un siège social pour son entreprise. Pour justifier ce dernier, un contrat de bail doit être signé avec son propriétaire. Il est également possible de fournir une attestation de domiciliation, laquelle ne doit néanmoins pas dépasser six mois à partir de la date de création de l’entreprise, explique Touati.

    ■ Rédiger les statuts
    L’entrepreneur doit ensuite s’appliquer à la rédaction des statuts, un document qui définit les règles de fonctionnement de sa société. Le créateur peut alors choisir de se faire accompagner par un professionnel qui partagera son expertise et prendra en charge tout ou une partie des opérations. Plusieurs mentions essentielles devront être remplies, dont notamment la dénomination sociale, le siège social, le montant du capital social, l’apport de chaque associé, la répartition des parts entre les associés ou encore la nomination du gérant.

    ■ Le blocage des fonds, essentiel!
    La phase suivante, particulièrement capitale, revient à bloquer ses fonds auprès d’un organisme bancaire. Si son capital dépasse 100.000 dirhams, l’entrepreneur doit déposer le quart de ses apports en espèce dans un compte bancaire bloqué. Il dispose alors de cinq ans pour compléter le reste de la somme, renchérit l’expert. Une opération qui nécessite de présenter entre autres une copie du certificat négatif ainsi qu’une copie de la carte d’identité nationale du gérant.

    ■ Ne pas oublier d’enregistrer les actes
    Il faut ensuite déposer son dossier de création d’entreprise au CRI, via le système de prise de rendez-vous disponible en ligne sur «www.casainvest.ma». Ce dernier doit notamment comporter des copies du formulaire unique personne morale bien rempli, du  PV de nomination du gérant, du certificat négatif ou encore du contrat de bail. Il faudra attendre environ 6 jours ouvrables pour réceptionner le dit dossier. Une étape qui doit absolument comporter l’enregistrement de plusieurs actes auprès du représentant de la direction régionale des impôts du CRI et  pour laquelle il faudra débourser 1% de son capital pour le statut ou encore 200 dirhams pour le contrat de bail. Un moyen de valider l’authenticité de ces documents clés ainsi que leur date.

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    Pour lancer son entreprise au Maroc, plusieurs étapes administratives doivent être soigneusement validées. Mais pour garantir le succès, l’entrepreneur doit également apprendre à bien s’entourer et ne pas oublier de réaliser en amont une étude de marché en bonne et due forme (Ph. Webmarketing & co’m)

    ■ Déterminer son régime fiscal
    Le créateur doit aussi inscrire sa société auprès de l’administration des impôts. Une étape clé qui déterminera son régime fiscal et permettra à l’organisme de décrocher notamment son identifiant à la taxe professionnelle. Une démarche pour laquelle l’intéressé devra fournir entre autres un accord de principe ainsi qu’un diplôme pour les activités réglementées.

    ■ Registre de commerce, la carte d’identité de l’entreprise
    L’entrepreneur n’oubliera pas non plus l’étape d’immatriculation au registre de commerce. Une véritable carte d’identité de l’organisme obligatoire à toute entité désirant prétendre aux statuts de commerçant ou de société pour laquelle il faudra débourser 350 dirhams. L’affiliation à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) est également essentielle. S’adressant au représentant de la CNSS du centre régional d’investissement le plus proche, l’intéressé se voit délivrer un numéro d’affiliation qui lui est propre.

    ■ Des réflexes en plus à adopter pour garantir le succès
    Valider le process administrativement parlant n’est que la première étape – certes essentielle – à franchir en termes de création d’entreprise. Pour que le projet se démarque de ses concurrents et devienne rentable avec le temps, il est tout d’abord essentiel de réaliser en amont une étude de marché qui soit aussi concrète que possible.  Savoir bien s’entourer s’avère aussi crucial pour garantir le succès de son entreprise. Il peut s’agir de prestataires externes tels qu’un expert-comptable, d’un mentor ou de plusieurs membres du conseil d’administration disposant de compétences complémentaires. Mais pas seulement. Pour devenir plus performant et anticiper l’évolution de son environnement, un jeune entrepreneur peut rejoindre le Centre des jeunes dirigeants (CJD). «Intégrer le CJD s’avère particulièrement stratégique et formateur.

    Faites appel à la solution crowdfunding

    Pour lancer leur projet, de plus en plus d’entrepreneurs font appel au crowdfunding sous nos latitudes. Une solution de financement généralement utilisée en complément d’autres moyens plus communs, tels que les micro-crédits et les emprunts bancaires, et qui est aujourd’hui proposée par quatre plateformes, parmi lesquelles Afineety, Cotizi et Atadamone. Seul cheveu sur la soupe, l’absence d’un réel cadre légal. Un bémol sur le point d’être corrigé dans les prochains mois.

    Karim AGOUMI

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