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    North Sea Port bientôt connecté au Maroc

    Par Abashi SHAMAMBA | Edition N°:5423 Le 02/01/2019 | Partager
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    Daan Schalck, PDG de North Sea Port: «Nous travaillons sur l’ouverture très rapide d’une ligne régulière avec le Maroc pour y développer notre présence». Le vrac spécialisé, la ferraille et le bois sont les trafics ciblés par le port belgo-néerlandais (Ph. NSP)

    La plateforme portuaire belgo-néerlandaise North Sea Port, est un concept un peu particulier dans le paysage portuaire mondial. Il s’agit d’une structure de type «deux ports en un» issue de la fusion entre le port de Gand situé en Flandre (Belgique) et celui de Zeeland Seaports, aux Pays-Bas. Ce regroupement l’a propulsée dans les dix premiers ports européens.

    Pour la première fois cette année, North Sea Port devrait traiter 70 millions de tonnes de marchandise en 2018, insiste son CEO, Daan Schalck. Un peu plus de 500 entreprises opèrent au sein des  installations de cette plateforme pour une valeur ajoutée de 14 milliards d’euros.

    Présent parmi les 500 opérateurs présents lors de la mission princière au Maroc, le CEO de North a multiplié des rencontres avec ses clients et prospects marocains ainsi que les autorités portuaires (Agence nationale des ports, TMSA pour Tanger Med).

    - L’Economiste: Quels sont les facteurs qui font la compétitivité d’un port aujourd’hui?
    - Daan Schalck:
    En m’en tenant à l’expérience de plateformes de North Sea Port, je dirai que disposer des terminaux spécialisés confère un avantage compétitif. Ce type d’infrastructures crée clairement une différenciation par rapport à la concurrence. Deuxièmement, la connexion avec l’hiterland à travers les barges, la qualité des réseaux de chemin de fer et routier. 55% des marchandises que nous traitons constituent un trafic de continuation que nous assurons par barge et par train!!! Cela nous confère une position unique pour le trafic destiné à l’Allemagne, la France, les Pays-Bas et la Suisse. C’est un de nos points forts. Beaucoup de nos concurrents doivent souvent assurer cette continuation par route.

    - Que répondez-vous aux opérateurs qui soutiennent que les services portuaires sont de plus en plus chers?
    - Je ne pense pas. Au contraire, la compétition est tellement féroce entre les différents ports en Europe que les prix moyens s’orientent à la baisse pour tout le monde. Par ailleurs, le fait que nous soyons si proche d’Anvers, Rotterdam et d’Amsterdam nous met la pression. Cela nous oblige à améliorer constamment nos prestations et à veiller à la compétitivité de notre politique tarifaire. Cette concurrence est un avantage pour les clients dont les chargeurs marocains.

    - Comment faites-vous face aux coûts générés par les exigences toujours plus élevées de la sûreté portuaire?
    - Oui, comme pour tous les gestionnaires des ports, c’est un facteur essentiel chez nous. Au niveau des terminaux, la responsabilité de la sûreté et de la sécurité relève de prestataires privés. Le code ISPS est observé de manière très rigoureuse, jusqu’à présent, nous n’avons pas rencontré de problème particulier. Il faut reconnaître aussi qu’il est « plus facile» de gérer un terminal de vrac sec qu’un terminal à conteneurs. Il y a beaucoup moins de mouvements et moins de risque d’être ciblé par les trafiquants de drogue par exemple. Ce risque lié aux trafics des stupéfiants pèse surtout sur les terminaux qui traitent les cargaisons de bananes provenant de l’Amérique latine et des Antilles. Mais il est sans commune mesure avec ce que l’on peut constater à Anvers. La coordination entre différentes composantes de la task-force de sécurité permet de maintenir un niveau de dissuasion et de sûreté élevé.

    - Comment avez-vous géré le mariage si difficile entre les cultures flamande et néerlandaise au sein de votre organisation?
    - Rien n’est facile dans toute opération de fusion. Mais de part et d’autre, nous avons l’avantage de pratiquer la même langue, le Néerlandais étant aussi la langue parlée en Flandre. Ça compte.  Mais il a fallu rester attentif, car la même langue ne signifie pas la même mentalité, ni la même culture. En tant que Belges, nous avons apporté à notre partenaire néerlandais nos liens avec Bruxelles et la Wallonie. La convivialité comme la maîtrise du français peuvent être utiles pour aborder certains marchés. Du côté de notre partenaire néerlandais, la connaissance de l’Extrême Orient nous apporte beaucoup de choses. Négocier dans la convivialité peut être parfois un atout. Mais il ne faut pas essayer de transformer des Néerlandais en Belges ou des Belges en Néerlandais. Ça ne marchera pas.

    Propos recueillis par Abashi SHAMAMBA

                                                                                                  

    Une spécialisation approfondie payante

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    «A bien des égards, North Sea Port est un exemple concret de la construction européenne. La fusion était d’ailleurs soutenue par la Commission européenne», confie son PDG, Daan Schalck  Le seul précédent en Europe est le mariage entre les ports de Copenhague et Malmöe il y a quinze ans.

    Au lieu d’entrer en concurrence frontale avec les mastodontes régionaux (Anvers, Amsterdam, Rotterdam, Zebbruge), North Sea Port a opté pour une spécialisation très approfondie. La plateforme se concentre sur la niche des produits «sensibles ». Le vrac sec représente 50% du trafic traité dans les ports de North Sea Port, le vrac liquide, 20%, les marchandises diverses, 17%. Le trafic conteneurs ne pèse que 3%.

    Depuis dix ans qu’il est aux commandes, le PDG n’a jamais connu la moindre grève. Dans le domaine portuaire, c’est une exception. Mieux, tous les syndicats avaient apporté leur soutien à la fusion des deux ports belge et néerlandais. Ils avaient conscience que cette évolution ouvrait des perspectives de développement et de création d’emplois et de valeur.  Au cours des deux dernières années, le trafic croît en moyenne de 7%.

     

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