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    Dossier Spécial

    Rétrospective 2018 - Culture: Où sont les politiques?

    Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5422 Le 28/12/2018 | Partager

    C’est sur un bilan culturel mi-figue mi-raisin, que s’achève l’année 2018. Toujours sans réelle politique culturelle gouvernementale, le secteur reste essentiellement porté par des initiatives privées ou associatives.

    ■ Marrakech, capitale des arts

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    Plusieurs évènements d’envergure internationale font de Marrakech la nouvelle plaque tournante des arts et de la culture de l’Afrique du Nord. Ici Martin Scorcese et Robert de Niro lors de cette 17e édition du FIFM (Ph. FIFM)

    C’est désormais un fait établi, Marrakech a volé la vedette au  duo Casablanca/Rabat et abrite désormais les activités culturelles et artistiques les plus pointues.  La ville a connu, particulièrement,  cette année un bouillonnement culturel des plus intenses. De Somerset House à Londres, en passant par le Pioneer Works à New York, l’africain Art-Fair  «1.54» a fait escale à la Mamounia, en février dernier. Des centaines de collecteurs et d’amoureux d’art ont ainsi afflué sur Marrakech. Un évènement dont se sont d’ailleurs fait l’écho les dizaines de journalistes internationaux: Le Monde, le Figaro, le New York Times ou encore Bazar. Une mise en lumière qui a bénéficié à d’autres structures qui travaillent à faire de Marrakech une destination artistique phare du pays: Le Musée d’Art Contemporain Africain Al Maaden (MACAAL), la Fondation Montresso, le Musée Yves Saint Laurent, le centre d’art le Comptoir des Mines… autant de lieux qui font de la cité la nouvelle plaque tournante de l’art en Afrique du Nord. Autre évènement exceptionnel, le Festival international du film de Marrakech, qui a signé cette année un retour des plus éclatants, après une année blanche. Robert De Niro, Martin Scorsese, Robin Wright, Guillermo del Toro, Agnès Varda, Yousra, Monica Bellucci… Une pluie de stars  sur le tapis rouge et une compétition, selon les critiques de cinéma, des plus intéressantes de l’histoire du festival. La ville a par ailleurs attiré durant toute l’année d’autres vedettes mondiales  telles que Madonna qui y a fêté ses 60 ans, Will Smith en vacances familiales, Stromae pour y soigner son burn-out, ou encore Selma Hayek pour y célébrer la Saint Valentin.

                                                                     

    ■ Les festivals à la recherche d’un nouveau souffle?

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    Malgré les appels au boycott, cette 17e édition du Festival Mawazine a encore mobilisé du monde. Les concerts ont rassemblé plus de 2,5 millions de spectateurs, en plus des millions de téléspectateurs, selon les organisateurs (Ph. Mawazine)

    La saison des festivals a démarré comme chaque année dans plusieurs villes du Royaume avec son lot de concerts et ses dates qui se chevauchent et se télescopent. Cette année le gigantesque Mawazine à Rabat déroulait aux mêmes dates le festival Gnawa et musique du monde à Essaouira, le Festival des musiques sacrées à Fès et le Marrakech du rire, dans la ville ocre. Si le festival de la capitale connaît une baisse de régime depuis 2015, il reste toutefois classé parmi les mastodontes à travers le monde, avec des records d’affluence, à l’instar de  Coachella en Californie, le Donauinselfest sur l'île du Danube en Autriche ou encore Rock in Rio au Brésil qui font partie des plannings des stars internationales.  Les différents appels aux boycotts, les campagnes de dénigrement, cette 17e édition a connu quelque 2,5 millions de spectateurs selon les organisateurs.

                                                                     

    ■ Le MM6, la plus belle expo jamais réalisée

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    «La Méditerranée et l’art moderne» proposait quelque 80 peintures, sculptures et photographies, dont certaines jamais exposées couvrant l’ensemble du siècle (1900-1988)
    (Ph. Bziouat)

    C’est assurément la plus belle exposition d’art moderne et contemporain jamais réalisée au Maroc! L’exposition-évènement, issue de la collection du Centre Pompidou à Paris, réalisée spécialement pour le Musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain, est exceptionnelle à plus d’un titre. «La Méditerranée et l’art moderne» proposait quelque 80 peintures, sculptures et photographies, dont certaines jamais exposées. Couvrant l’ensemble du siècle (1900-1988), l’évènement  proposait au visiteur de reconsidérer l’histoire de l’art du XXe siècle dans son rapport à l’espace et à l’imaginaire méditerranéen. Georges Braque, André Derain, Albert Marquet, Pierre Bonnard, Henri Matisse, Pablo Picasso, Salvador Dalí, Joan Miró, Antoni Tàpies… jusqu’au Hollandais Kees Van Dongen ou au Russe Vassily Kandisky… tous réunis sous les cimaises du MM6, du jamais vu.

                                                                     

    ■ Visa for Music, un rendez-vous en péril

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    Rendez-vous essentiel pour les artistes marocains et régionaux, la manifestation, dont la 5e édition s’est déroulée en novembre, peine à trouver des financements publics et privés. Marché et plateforme d’échanges dédiés aux musiciens et professionnels des musiques d’Afrique et du Moyen Orient, avec plus de 1500 professionnels venus du monde entier, l’évènement jouit d’une notoriété internationale considérable. Cependant, malgré son impact local, économique et valorisant pour les artistes marocains, l’image culturelle de la ville et du pays, cette édition risque d’être la dernière, faute de financement et de manque de soutien de la part des autorités.

                                                                     

    ■ La Aïta à l’honneur

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    Plus de 200 artistes ont participé à l’enregistrement de 10 CD contenant près de 70 chansons, correspondant à l’essentiel du répertoire de l’Aïta aujourd’hui
    (Ph. Atlas Azawan)

    Après la musique andalouse, et la musique gnawa, l’art de l’Aïta a enfin son anthologie. Un travail de compilation rigoureux et scientifique réalisé par l’association Atlas Azawan, sous la direction de Brahim El Mazned. Il aura fallu plusieurs années de labeur et de recherche, regroupant artistes, chercheurs, académiciens, musicologues, dont deux réservées à la production pour aboutir à ce document essentiel à la préservation d’un patrimoine national en péril. Un travail colossal et un coffret contenant 10 CD, près de 70 chansons, et deux livrets (arabe/français ou français/anglais).
    A.Bo

     

     

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