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    Dossier Spécial

    Rétrospective 2018 - Ce qui attend l’économie mondiale

    Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5422 Le 28/12/2018 | Partager
    Poursuite de la guerre commerciale, déséquilibres macro-économiques…
    L’évolution de la liquidité mondiale sera cruciale
    Le retour du risque politique
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    L’année 2019 devrait marquer un tournant majeur pour l’économie mondiale. Le monde entre dans un nouveau cycle: une croissance plus faible, un risque politique croissant (en particulier les élections européennes de 2019), un monde plus fragmenté et un lent déclin des Etats-Unis au profit de la Chine... Dans une récente analyse, Christopher Dembik, responsable de la recherche macroéconomique de Saxo Bank(1) revient sur les thèmes majeurs qu’il sera crucial de surveiller l’année prochaine.

    • La Chine tire la croissance mondiale
    Le stimulus chinois représente 34% de la croissance mondiale (soit l’équivalent du stimulus combiné des Etats-Unis et de la zone euro), environ 70% de la croissance du secteur manufacturier dans l’Asie émergente, et la Chine est le plus important importateur de près de 50 autres pays. En conséquence, l’attention des investisseurs doit plus que jamais être axée sur la politique économique et monétaire chinoise. Depuis mai dernier, la Chine a assoupli sa politique monétaire, permettant à l’impulsion du crédit (principal moteur de la croissance) de revenir en territoire positif pour la première fois depuis fin 2016. Jusqu’à présent, la relance semble toutefois trop tardive et insuffisante. Mais le pays devrait de nouveau davantage apporter un soutien bienvenu à l’économie mondiale à partir du premier trimestre 2019, sous l’effet d’une série de mesures. Il faut compter ainsi sur une relance budgétaire ainsi qu’une ouverture plus grande du marché domestique, incluant une nouvelle baisse des droits de douane sur un panel plus large de produits.

    • Comment évoluera la liquidité
    Comme nous évoluons dans un monde basé sur le dollar US, la liquidité en cette monnaie est un facteur majeur d’évolution de l’économie et des marchés financiers mondiaux. Depuis mars 2018, un ralentissement de la croissance de la liquidité a été observé. Elle a atteint un point bas de deux ans. Cela indique clairement que la croissance mondiale ralentit, entraînant une détérioration de la situation financière, une hausse des coûts de financement en dollar et un repli sur les valeurs refuge. Ce ralentissement explique en grande partie les turbulences qu’ont connues les pays émergents au cours du printemps et de l’été 2018. D’après les prévisions, la liquidité va continuer de diminuer en 2019, aboutissant à une croissance plus basse que prévu par le consensus, et à un environnement financier plus complexe et volatil pour les investisseurs. Et ce, notamment pour ceux qui ne sont pas habitués à des taux d’intérêt élevés.

    • Et les marchés actions
    Une grande partie des mauvaises nouvelles liées à la conjoncture ou au contexte politique est déjà intégrée dans les prix offerts par le marché. Depuis janvier dernier, le ratio cours sur bénéfice pour le marché américain a chuté à 15,4, un niveau plus sain. Depuis la correction d’octobre, une moindre grande dépendance du S&P500 aux six grandes valeurs technologiques américaines (les FAANGM – Facebook, Apple, Amazon, Netflix, Google, Microsoft) a été observée. Néanmoins, il existe toujours une incertitude sur la durée de la pause que va vraisemblablement faire la Fed après la hausse des taux en décembre et, dû à une croissance plus faible des résultats l’an prochain (autour de 6%), il y a beaucoup moins de facteurs de soutien du marché que lors des précédentes années et notamment lors de la première partie de 2018. L’environnement de marché sera beaucoup plus difficile à aborder et le resserrement quantitatif va aboutir à une volatilité encore plus importante.o
    F.Z.T.

                                                                                              

    Les leçons de 2018

    L’année a été marquée par la fin de la croissance mondiale synchronisée, la montée du populisme dans le monde occidental et un environnement de marché beaucoup plus volatil. Pour de nombreuses institutions internationales (FMI, Banque mondiale, OCDE…), le contexte international nourrit des inquiétudes. Même constat auprès des experts de Saxo Bank.

    • Accroissement des déséquilibres
     Grâce à une relance budgétaire massive et à la déréglementation financière, l’administration américaine a relancé l’économie (la croissance du PIB et des salaires dépasse 3%), mais cela s’est fait au prix de l’accroissement des déséquilibres. Le déficit du budget avoisine les 1.000 milliards de dollars sur douze mois, un niveau sans précédent en période de forte croissance, et s’accompagne d’une hausse des risques financiers (dette des entreprises américaines). Tout cela nous fait craindre une fin de cycle assez compliquée. Le principal risque est que les Etats-Unis ne soient pas en mesure de mettre en œuvre une politique budgétaire contracyclique lorsque ce sera le plus nécessaire.

    • Guerre commerciale et technologies de pointe
    L’administration Trump s’est d’abord focalisée sur les déséquilibres commerciaux mais, au cours des derniers mois, elle s’est davantage focalisée sur les droits de propriété intellectuelle et les technologies de pointe. Le principal et premier objectif des Etats-Unis est de freiner l’inéluctable leadership de la Chine dans le domaine. Le prochain champ de bataille de la guerre froide entre les deux superpuissances sera la 5G… Celle-ci véhiculera des communications sensibles, y compris des secrets industriels, ce qui fait de cette technologie une des infrastructures les plus critiques. Cela explique pourquoi l’administration américaine, ainsi que certains pays alliés, ont choisi de restreindre ce marché aux vendeurs chinois.

    L’or, toujours statut de valeur refuge

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    Selon le World Gold Council, plus de 20 pays à travers le monde ont acheté de l’or depuis le début de 2017. Pour beaucoup d’entre eux, il s’agit d’une première depuis plusieurs décennies, comme c’est le cas pour la Pologne qui a acheté cet automne 13 tonnes d’or pour la première fois en l’espace de 25 ans. Le retour de l’or en tant qu’actif d’importance stratégique peut s’expliquer par plusieurs facteurs. De nombreux pays cherchent à acquérir une plus grande indépendance politique et financière (dédollarisation). L’or sert d’outil de hedging face au dollar du fait des craintes concernant le déficit budgétaire américain. Et il constitue un actif idéal pour se diversifier en période d’accroissement substantiel du risque politique.

     

     

     

     

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