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    Tribune

    2018, des difficultés mais l’essentiel est sauvegardé

    Par Mohamed BENJELLOUN | Edition N°:5422 Le 28/12/2018 | Partager

    Mohamed Benjelloun est historien de formation, ancien directeur de l’Office des changes, ex-directeur central à Bank Al-Maghrib et conseiller du président Alami à la Banque commerciale du Maroc, devenue Attijariwafa bank, et ancien élève de l’Institut d’études politiques de Paris (Ph. L’Economiste) 

    Les faits ayant toujours une relation avec les secteurs de l'humanité, éparpillée géographiquement, se déroulent forcément dans le temps. Chacun d'entre nous est situé géo-historiquement ainsi que sur le plan socio-économico politico-culturel. Tout fait inscrit dans l’Histoire ne peut plus en être effacé et se trouve soumis au jugement de tous comme effet ou cause de ce qui précède ou de ce qui va suivre.

    Différentes séries de causalités

    Nous avons l'impression que cette année 2018 est passée rapidement, en un clin d'œil; avec la télé-satellite nous avons vécu ses principaux événements presque en temps réel. Après un laps de temps, les faits déjà visionnés mais comparés avec ce qui est survenu depuis, prennent d'autres significations plus proches de la vérité: la dangerosité du terrorisme international n'a pas été bien visible au départ. L'horreur du récent crime d'Imlil en est la preuve.

    2018 se termine avec des appréhensions au niveau des milieux sociaux de conditions diverses et ce, suite à différentes séries de causalités:

    1- Le retard observé tactiquement par Abdelilah Benkirane pour former le gouvernement en octobre 2017 a eu des conséquences plus prononcées que prévu: au blocage de l'économie durant près de 6 mois du fait de l'inexistence de l'exécutif et de l'absence forcée du législatif, se sont ajoutées des répercussions prolongées sous forme d'un sentiment sans raison valable comme quoi une coalition gouvernementale de 6 partis ne peut être qu'inefficace, ce qui est démenti par plusieurs facteurs: la qualité du travail accompli par des personnalités de valeur telles Saâdeddine El Othmani (chef de gouvernement), Habib El Malki (président de la Chambre des députés), Aziz Akhannouch, Mustapha Ramid, Mohamed Aujjar et d'autres... car dans une équipe bien soudée par son chef et recevant des orientations claires du Souverain, le bon exemple fait tache d'huile. Dans ce contexte, la diversité des stratégies partisanes devient un facteur d'unité du fait de l'exigence d'avoir une pensée commune (enrichie par l'apport de chacun) afin d'entreprendre une action commune.

    Aucun ne peut faire prévaloir qu'il ne représente alors que son parti. Malgré toutes ces évidences, une partie du public ne paraît pas nourrir injustement de la confiance à l'égard du gouvernement, pourtant soutenu par une majorité parlementaire solide. L'opposition est devenue davantage celle de l'Istiqlal (attitude politicienne sans véritable politique de rechange).

    Quant au PAM, son rôle a été surtout électoral en attirant tous les votes utiles empêchant le PJD de Benkirane d'obtenir la majorité absolue lui ouvrant les portes d'une dictature de fait à l'instar du PJD turque d’Erdogan. Bien plus, son secrétaire général Hakim Benchamach a été élu au perchoir de la Chambre des conseillers grâce aux voix de la coalition autres que le PJD. Ainsi les aspects démocratiques de la Constitution ont joué à plein.

    Pour certains observateurs (dont je cite les opinions sans les partager), cette priorité accordée à la préservation des acquis politiques démocratiques n'a pas été accompagnée d'un effort de même intensité en vue d'améliorer les acquis sociaux.

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    Les perspectives pour 2019 sont bonnes et touchent différents secteurs: effets bénéfiques de la bonne production agricole de 2018 et les prévisions favorables pour la saison prochaine, des IDE en hausse, bonne trajectoire des énergies renouvelables, accroissement des exportations... (Ph. L’Economiste)

    Boycott, enseignement, dialogue social...

    Je tiens à préciser que dans aucun pays au monde il n'existe de recette magique pour remédier à l'inégalité des revenus, des fortunes et au lancinant problème du pouvoir d'achat et ce, dans un espace socio-économico-monétaire soumis à des pressions internationales et à la recherche permanente de la compétitivité des produits nationaux. Notre marge de manœuvre est restreinte entre des produits de consommation accrus et un appareil de production déjà bien différencié mais qui n'a pas encore atteint trois stades: une économie autofinancée, plus de maîtrise des technologies modernes et enfin une rentabilité meilleure et plus généralisée.

    2- La deuxième série de causalités: un boycott occasionnant des dégâts sans inspirer de solutions: l'utilisation d'une technique moderne de la communication par des réseaux sociaux anonymes irresponsables aux revendications confuses sans apparentement avec une opposition politique ou syndicale provoquant des conflits d'intérêt, du chômage, décourageant la production laitière et sa modernisation. Ce mouvement anti-sociétés qui créent le plus d'employabilité, anti-festivals prisés par un peuple de jeunes, a fini par mourir de sa propre mort. Le gouvernement a bien fait de ne pas dialoguer avec lui.

    3- La troisième série de causalités est cette épine dorsale du gouvernement, la réforme de l'enseignement et de la santé et le retard du dialogue social.

    Les perspectives sont bonnes: les objectifs sociaux de la loi de finances 2019 sont réels quoique insuffisants; succès continu des énergies renouvelables, baisse du prix du pétrole, les effets bénéfiques de la bonne production agricole de 2018 et les prévisions favorables à ce titre pour la saison prochaine; les IDE sont en hausse; les exportations s'accroissent sans dévaluation, l'artisanat et les industries de pointe (phosphate, aéronautique, automobile…) restent sur leur lancée... Dans six mois le contenu d'un dialogue social serait plus clair.

     

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