Economie

Les riches consomment 10 fois plus que les pauvres

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5422 Le 28/12/2018 | Partager
Un rapport de l’ONDH dresse l’état des lieux depuis 2012
Education, couverture médicale, dépenses des ménages… les aspects couverts

Au moment où les propositions s’enchaînent concernant la refonte du modèle de développement, l’Observatoire national du développement humain (ONDH), a mis l’accent dans son dernier rapport sur les dynamiques de développement au Maroc. L’étude, présentée jeudi à Rabat, a porté sur la période 2012-2017. Elle présente «les évolutions et avancées récentes, enregistrées dans les principaux indicateurs portant sur les dimensions du développement humain».

Education, santé, emploi, conditions d’habitat, accès aux services de base, dépenses de consommation des ménages… autant d’aspects évalués dans le cadre de ce rapport. Ces données devraient permettre aux pouvoirs publics de «prendre des décisions mieux ciblées».

Il en ressort que pour l’éducation, le nombre moyen d’années d’études pour les 25 ans et plus, a atteint 4,8 ans. Cet indicateur, qui permet de mesurer le rendement de l’investissement dans l’éducation, montre que les hommes passent plus d’années que les femmes à l’école.

La moyenne est respectivement de 5,8 ans contre 3,8 ans. L’indice de l’espérance de vie scolaire s’est établi à 12,7 ans en 2017, selon cette étude. Résultat de cette évolution: la part des individus sans niveau d’instruction est en recul, passant de 45,5% à 40%.

En ce qui concerne la santé, «l’accès à la couverture médicale a beaucoup progressé entre 2012 et 2017. Mais on reste loin d’atteindre le principe de l’universalité». Le taux de couverture a atteint 53,8% en 2017 contre 23,4% en 2012. Cette évolution est essentiellement due au Ramed. L’étude a également montré que la proportion des femmes de 15 à 49 ans ayant accouché dans un milieu surveillé a augmenté de 5,5 points, passant de 82,1% à 87,6% sur la même période.

Ce rapport s’est également penché sur les transitions de la population entre le chômage, l’emploi et l’inactivité. Les résultats confortent ceux d’autres études, notamment en ce qui concerne la situation des femmes. Celles-ci sont plus touchées par l’instabilité du travail. La part des femmes qui quittent le marché du travail, passant d’une situation d’emploi à l’inactivité est en augmentation continue. Elle est passée de 27,2% entre 2012 et 2013 à 41,6% entre 2015 et 2017.

En matière de conditions de vie des ménages, l’étude a mis l’accent sur l’accès à une série de services de base, qui sont en amélioration depuis 2012. Par exemple, la proportion des ménages disposant de l’électricité a augmenté de 95,2% à 97,1% entre 2012 et 2017. Ce taux est en hausse dans le milieu rural, avec 95,3% l’année dernière contre 89% en 2012. La part des ménages urbains raccordés au réseau des égouts publics a également augmenté de 2,2 points, pour s’établir à 92,5% en 2017.

Pour ce qui est des inégalités de dépenses de consommation, les disparités persistent en fonction des milieux. La dépense annuelle moyenne par tête dans le milieu urbain s’élève à 22.105 DH contre seulement 11.946 DH dans le monde rural, soit pratiquement le double. Les 10% des plus aisés de la population ont accaparé, durant la période 2012-2017, le tiers de la consommation globale des ménages. Ce niveau constitue 10 fois plus que celui des 10% les plus pauvres.

En dépit des évolutions ayant caractérisé les différents indicateurs sociaux, d’autres disparités persistent. «Le rapport signale que l’amélioration quantitative des conditions de vie au cours des 6 dernières années n’a pas été accompagnée d’une convergence significative des écarts sociaux et territoriaux».

Pour les rédacteurs de ce document, «cela consacre le sentiment de pauvreté et fragilise la polarisation de la société». Par exemple, en matière de scolarité, le nombre moyen d’années d’études des 25 ans et plus est de 5,9 ans à Casablanca Settat contre seulement 3,8 ans à Béni Mellal-Khénifra. Idem pour le taux de pauvreté relative dans le milieu rural, qui est de 53,7% dans la région Draa Tafilalet contre seulement 31,8% dans la région de Casablanca.

Indicateurs sociaux

  • 4,8 ans est le nombre moyen des années d’études des plus de 25 ans en 2017
  • 40% est la part des individus sans niveau d’instruction en 2017
  • 53,8% est le taux de la couverture médicale en 2017 contre seulement 23,4% en 2012
  • 41,6% est la part des femmes ayant quitté le marché du travail entre 2015 et 2017
  • 22.105 DH est la dépense annuelle moyenne par tête dans le milieu urbain

Source: ONDH

 

                                                                    

Méthodologie

Le rapport de l’ONDH sur les indicateurs de développement humain ambitionne de «mettre à la disposition des différents utilisateurs, dans un même recueil, des données, au niveau national, par milieu de résidence, calculées à partir des passages successifs de l’enquête».

4 passages ont été réalisés depuis le lancement de ce panel par l’ONDH en 2012. Les travaux de collecte des données se déroulent, durant chaque passage, entre mars et juillet. «Les indicateurs de chaque passage du panel sont estimés en coupe transversale».

Ils portent notamment sur les structures démographiques de la population, le capital humain et l’accès aux cycles de scolarisation, les inégalités mesurées par le poids des déciles dans la consommation…

M.A.M.

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