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    Le pouvoir de la visualisation: L’expérience de Bouchra Baibanou

    Par Sabrina BELHOUARI | Edition N°:5421 Le 27/12/2018 | Partager
    L’alpiniste marocaine explique comment elle a réussi grâce à sa préparation mentale
    Après «les 7 plus hauts sommets du monde», elle attaque le Mont Vinson en Antarctique
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    «Lorsque j’ai commencé mon challenge des 7 plus hauts sommets des 7 continents, j’ai appris à y aller étape par étape, sans me précipiter et céder au stress et à la peur. La visualisation me permet de rester zen et de me focaliser sur mon objectif», raconte Bouchra Baibanou (Ph. BB)

    Quel est le point commun entre les athlètes de haut niveau, les spécialistes des sports extrêmes et les chefs d’entreprises? Ils se fixent tous des objectifs à atteindre. Bien que le domaine d’activité et les résultats soient de nature différente, le processus reste le même.

    Des recordmen comme le nageur Michael Phelps, le sprinteur Usain Bolt ou encore l’explorateur Mike Horn, utilisent des techniques mentales très pointues pour atteindre leurs performances physiques exceptionnelles. Ces techniques sont aussi importantes que la préparation physique. La visualisation est l’une des techniques les plus sollicitées par les sportifs.

    L’alpiniste et championne marocaine Bouchra Baibanou, qui se trouve en ce moment à l’Antarctique pour faire l’ascension du mont Vinson, 4892 mètres, nous explique en quoi la visualisation l’aide à réaliser ses objectifs. «Lorsque j’ai commencé mon challenge des 7 plus hauts sommets des 7 continents, j’ai appris à y aller étape par étape, sans me précipiter et céder au stress et à la peur. La visualisation me permet de rester zen et de me focaliser sur mon objectif» raconte Bouchra Baibanou.

    En effet, en faisant appel à la technique de visualisation, l’esprit arrive à s’imaginer en train d’atteindre l’objectif fixé et s’habitue à cette image. Le chemin parcouru et les stratégies mises en place par l’individu pour atteindre l’objectif se construisent ainsi autour de cette image. La dernière étape du challenge de Baibanou en illustre l’intérêt.

    A la différence des autres sommets réalisés par la championne marocaine, le mont Vinson a pour principal défi le froid et le vent. Le mont Vinson est l’un des sommets les plus difficiles à faire à cause des conditions climatiques extrêmes qui caractérisent cette partie du globe. L’Antarctique bat tous les records de température et de vitesse des vents.

    Les records de la température naturelle la plus basse et la plus grande vitesse de vent y ont été enregistrés avec respectivement -89,2 °C et 329 km/h. L’alpiniste devrait réaliser l’ascension dans une température qui tourne autour de -40 °C et face à des vents puissants. Or, le corps humain n’est pas fait pour fonctionner dans de telles conditions climatiques extrêmes. Le dépassement des limites physiques et surtout mentales devient alors crucial.

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    Pour les préparatifs de cette ascension, Baibanou s’est exercé dans l’Alaska au nord ouest du Canada cette année. C’était l’occasion de s’acclimater au froid glacial et aux grandes distances à parcourir en traîneau une fois sur le glacier de l’Antarctique.

    «Lors des entraînements en Alaska, on a réussi à enchaîner 12 heures d’affilée en traîneau pour parcourir une grande distance. C’est dire à quel point le corps humain est capable de surpasser ses limites avec une bonne préparation mentale», note Baibanou. C’est à ce niveau que la visualisation prend tout son sens puisqu’elle permet à l’esprit de croire qu’il est capable de défier tous les obstacles et de réaliser l’irréalisable.

    Ainsi, l’expédition pour le mont Vinson se fait suivant les conditions climatiques et surtout la vitesse des vents qui permettent, ou pas, d’avancer. L’ascension se fait en autonomie, c’est à dire que chaque candidat tire ses bagages lui-même sur son traîneau, et se charge de poser sa tente et gérer son matériel.

    Dix jours sont nécessaires pour atteindre le sommet, et la même durée pour le retour, bien sûr selon les conditions climatiques. Est-ce que ces conditions défavorables empêchent la championne marocaine d’atteindre son objectif de faire le sommet Vinson? «Je ne me pose même pas la question. Dans ma vision, j’ai déjà atteint le sommet Vinson, et je suis rentrée chez moi fière de ma réalisation, pleine de joie et de gratitude», confie Bouchra.

    Avec le mont Vinson, le plus haut sommet de l’Antarctique, Bouchra Baibanou clôture son challenge des 7 plus hauts sommets des 7 continents qu’elle a débuté en 2011. Elle réalise ainsi le Kilimanjaro (5.895 m), le plus haut sommet en Afrique, Elbrus (5.642 m), le plus haut sommet de l’Europe, Aconcagua (6.965 m), le plus haut sommet de l’Amérique du Sud, Denali (6.154 m), le plus haut sommet de l’Amérique du Nord, Carstensz (4.884 m) le plus haut sommet de l’Océanie et enfin l’Everest (8.848 m) le plus haut sommet de l’Asie dont elle a réalisé l’ascension en 2017.

    Comment faire?

    «SI vous arrivez à l’imaginer, vous êtes capable de le faire». C’est l’une des manifestations de la loi d’attraction expliquée dans le célèbre film «Le secret». Eric Ho, entrepreneur, conférencier international et auteur du bestseller «Set it & Forget it», (traduction: Mettez-le en place et oubliez-le) explique sa méthode pour une visualisation efficace. Il préconise de construire ses objectifs autour des émotions qui y sont liées. «Commencer par définir avec clarté ce que l’on veut. S’imaginer en train de vivre l’instant désiré. Cela peut être une somme d’argent, un objet, une réalisation etc. Ressentir toutes les émotions que cet instant crée en soi (joie, fierté, satisfaction) et bien s’en imprégner. Croire fermement que l’objectif désiré sera atteint et enfin lâcher prise». Ce processus devra être répété plusieurs jours durant quelques minutes afin d’ancrer la vision recherchée.

    Sabrina BELHOUARI

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