Economie

Nouveau modèle de développement: Les atouts de l’économie bleue

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5420 Le 26/12/2018 | Partager
Un rapport du CESE pour mieux exploiter le patrimoine maritime
Miser sur des secteurs à forte valeur ajoutée comme les bioproduits marins et la construction navale
Réorienter progressivement l’offre touristique balnéaire
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Le port de Dakhla, zone connue pour ses richesses halieutiques, arrive en tête du classement en matière de débarquements en 2017. Néanmoins, en termes de valeur de production, c’est Agadir qui arrive en tête avec plus de 2,8 milliards de DH, suivi de Dakhla avec plus de 2,7 milliards

Comment tirer profit du patrimoine maritime marocain dans le cadre de la refonte du modèle de développement? C’est la question à laquelle ambitionne de répondre le dernier rapport du Conseil économique, social et environnemental (CESE), sur l’économie bleue.

Ce premier rapport adopté sous la présidence d’Ahmed Réda Chami, est le résultat d’une «réflexion dont l’objectif est d’identifier, de valoriser et de développer les potentialités de l’économie bleue, afin d’en faire un pilier du modèle de développement». Jusqu’à présent, ce potentiel est encore sous-exploité.

Le Maroc est doté de 2 façades maritimes, de 2 millions de kilomètres de zone économique maritime exclusive ainsi que d’un important patrimoine halieutique. Aujourd’hui, l’objectif est d’assurer une meilleure exploitation de ces richesses. Au-delà des stratégies déployées durant les dernières années, couvrant des activités liées directement ou indirectement au milieu marin, le CESE propose de nouvelles pistes à explorer dans le cadre du futur modèle de développement.

Cette vision «s’impose afin de libérer les potentialités de création de richesses et d’emplois, de valoriser le potentiel des secteurs liés à l’économie bleue, tout en préservant les écosystèmes marins», est-il indiqué.

Une approche «inclusive, durable et intégrée»

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En dépit de l’évolution de la production de l’aquaculture marine, un grand potentiel reste encore inexploité. Le rapport du CESE appelle à redynamiser ce secteur en misant sur le développement d’une aquaculture écoresponsable

Le Conseil présidé par Chami prône une approche «inclusive, durable et intégrée». La garantie de la convergence des interventions sectorielles est prévue, à travers une commission interministérielle, rattachée au chef du gouvernement, qui devra piloter la nouvelle stratégie. Cette dernière devra capitaliser sur les acquis des métiers traditionnels comme la pêche, le tourisme et les activités portuaires. Cela devra être couplé au développement de nouveaux secteurs, à fort potentiel de croissance.

C’est le cas notamment de l’aquaculture, de l’écotourisme, des bioproduits marins, de la construction navale… Dans les détails, le rapport du CESE appelle à «assurer une meilleure valorisation des produits de la mer, à travers le développement d’une aquaculture écoresponsable». Pour les activités portuaires, le Conseil plaide pour le développement d’une offre de services, en soutenant le renforcement du pavillon marocain et le déploiement d’écosystèmes intégrés pour la construction et la réparation navale.

Biotechnologies marines, dessalement, exploration minière et fossile

Pour ce qui est du tourisme, l’idée est de «réorienter progressivement l’offre balnéaire, tout en réduisant l’impact sur les écosystèmes environnementaux». La mise à niveau de l’écotourisme doit se faire «en impliquant la communauté locale en amont».

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Les captures de la pêche maritime sont en hausse depuis 2012. Ces statistiques concernent les activités de pêche côtière et artisanale ainsi que la pêche hauturière et les autres types de produits comme les algues et les oursins

Parallèlement, d’autres propositions concernent la nécessité de renforcer l’offre de croisière, de plaisance et des sports nautiques. L’offre touristique devra également englober d’autres aspects, notamment des activités culturelles autour des activités de la mer, «en mettant en valeur les traditions culturelles des populations du littoral».

Le CESE propose également de miser sur de nouveaux services, notamment à travers l’investissement dans le développement des biotechnologies marines, des activités de dessalement, ainsi que l’exploration minière et fossile. «Ces domaines présentent des synergies à fort potentiel», selon les membres du Conseil.

La réussite de cette transformation devra passer par la préparation des ressources humaines. C’est dans cette logique que le rapport plaide pour l’introduction des métiers de l’économie bleue dans le système de l’éducation et de la formation professionnelle. L’idée est de créer de nouveaux cursus universitaires spécialisés, afin de préparer une main d’œuvre qualifiée et compétente.

                                                                             

Le rôle des régions décisif

La convergence des interventions et l’implication des différentes parties prenantes sont indispensables pour la réussite de l’implémentation de la stratégie de l’économie bleue. Sur ce point, le CESE précise que «les projets relatifs à la mise en œuvre de cette stratégie devraient être à la fois élaborés en concertation avec les citoyens et les acteurs concernés, tout en ayant pour objectif de favoriser l’accès aux services et aux ressources maritimes à toutes les catégories sociales».

Au-delà de la commission interministérielle qui sera chargée du pilotage de cette stratégie, afin de garantir la convergence des actions sectorielles, d’autres mécanismes sont également prévus au niveau territorial. Le rôle des régions sera décisif dans cette nouvelle configuration. Le rapport du CESE a insisté sur «la nécessité d’assurer une planification spatiale maritime au niveau territorial».

L’idée est d’assurer la mise en place d’une «économie bleue globale et intégrée». A cela s’ajoute le «renforcement du rôle des territoires dans le développement de ces secteurs, dans le cadre de la régionalisation avancée».

M.A.M.

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